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Irak: les pétrolières salivent
 

Dimanche le 07 janvier, 2007


Selon une enquête du quotidien britannique The Independant, l'Irak serait sur le point d'adopter une loi qui accorderait aux pétrolières telles BP, Shell ou Exxon, des droits d'exploitation pour les trente prochaines années.

Les réserves pétrolières de l'Irak sont les troisièmes au monde.

Le vice-président américain Dick Cheney avait dit, en 1999, alors qu'il était le grand patron de la société de services pétroliers Halliburton, "que le monde aurait besoin de 50 millions de barils de pétrole additionnels par jour d'ici 2010. D'où viendront-t-ils? Du Moyen-Orient qui possède les deux-tiers des réserves mondiales."

Et voilà! Pas besoin d'un dessin.

L'Irak est pauvre, ravagé par la guerre et déchiré par les querelles ethniques et religieuses, encouragées et soutenues par les pays voisins. Seules les grandes pétrolières ont les ressources financières pour intervenir sur place. Et se défendre.

L'accord devrait adopter une formule connue sous le nom de "production-sharing agreements" (PSA).

Les pétrolièrs qui devront investir une trentaine de milliards de dollars pour relancer l'exploration pétrolière mpocheraient entre 60% et 75% des profits au début pour récupérer leurs investissements. Une fois les investissements récupérés, elles empocheraient 20% des profits.

Normalement, on parle de 10%, mais dans le cas qui nous intéresse, l'Irak n'a pas un jeu pour négocier trop fort.

À qui profite l'entente?

  • Les consommateurs du monde entier qui en arrachent à cause des prix élevés exigés par les pays producteurs. Les Indiens, les Chinois, les Japonais, les Européens et les Américains pourront rouler en paix dans leurs zillions de voitures. Et chauffer leurs maisons.

  • Les actionnaires des pétrolières.

  • Des dizaines de milliers d'emplois dès le départ.

  • Les dirigeants irakiens qui vont s'emplir les poches.

  • L'ensemble des Irakiens... un peu plus tard.

    Pour y arriver...

  • Il faut stabiliser le pays. Si l'Irak produit au maximum, ça ne fait pas l'affaire des grands producteurs tels les Iraniens, les Saoudiens, les Russes ou les Venezuéliens. Ceci explique en partie pourquoi les différentes factions irakiennes ne manquent pas d'argent et d'armes. Ça ne tombe pas du ciel. Même du ciel d'Allah.

    oooOooo


    Les réserves pétrolières de l'Iraq sont évaluées à 115 milliards de barils, environ 10% des réserves mondiales.

    Le pétrole représente environ 70% de Produit national brut de l'Irak, et 95% des revenus de l'État.

    En ce moment, l'Irak produit un peu moins de 1,9 millions de barils par jour malgré les attentats et les sabotages. Une bonne partie de ce pétrole est volé et vendu sur le marché noir.

    Plusieurs sociétés canadiennes, (Addax Petroleum, Heritage Oil et Western Oil Sands) forent déjà des puits dans la région de Kirkouk. Elles pourraient empocher des centaines de millions en profit. Les Américains sont là ainsi que les Suisses et les Norvégiens. Les Chinois, les Indiens et les Japonais sont aussi très intéresses, et ça presse.

    C'est la fête qui commence.
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