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La population admire les patrons? Une joke! |
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Lundi le 08 mars, 1999 |
Suite aux résultats d'un sondage publié vendredi dernier dans les journaux, on apprend que les patrons et les chefs religieux sont les personnes les plus respectées dans notre société.
Pas surprenant, les patrons contrôlent et possèdent les médias. Tous leurs souhaits, revendications et demandes sont affichés à journée longue dans les médias.
Dès qu'un centre d'étude à leur solde lâche une crotte, leurs textes sont repris systématiquement partout au pays.
Si on veut publier une opinion différente de la leur, on nous baillonne. «Ah non,pas encore Lauzon!» Par contre, tous les porte-parole du big business peuvent raconter n'importe quoi et n'importe quand dans nos médias.
Tenez, mercredi dernier, le 3 mars, La Presse titrait à la Une: L'avenir des Expos ne tient plus qu'à un fil. Un geste de Bouchard pourrait empêcher la vente du club de baseball.
Tiens donc. C'est la faute à Bouchard si les propriétaires n'arrivent pas à financer leur bébelle! Jaunisme et manipulation. Et les médias tombent dans le piège comme des juniors. Ça rit aux larmes dans les agences de relations publiques!
Simple. Si notre fameuse élite d'affaire n'arrive pas à financer son club de balle, c'est parce qu'elle sait très bien que ce n'est pas rentable si on n'a pas une poire pour avancer l'argent. Alors on accuse le gouvernement.
Jacques Ménard, la voix des propriétaires, se pavanne à la télé, mais il ne livre pas la marchandise. À ce que je sache, il est le boss de la riche maison de courtage en valeurs mobilières Nesbitt Burns qui appartient à la non moins riche Banque de Montréal.
Pourquoi cette dernière ne financerait-elle pas le projet? Hein! Pourquoi!
Ça ferait une belle jambe à la Banque de Montréal qui refuse d'investir dans les obligations du Québec ou d'Hydro-Québec comme révèle l'étude de Rosaire Morin de l'Action Nationale. L'étude a été reprise dans le Journal de Montréal ce qui a mis la banque en beau fusil.
Oui, oui, pour les années 1995, 1996 et 1997, les derniers chiffres disponibles, les fonds mutuels de la Banque de Montréal (un actif de plus de 10,3 milliards) n'ont pas investi une seule cenne dans les obligations du gouvernement du Québec ni dans les obligations d'Hydro-Québec. En fait, elle ne place que 6,2% de ses fonds communs de placement au Québec.
C'est le cas de toutes les grandes banques anglophones, de toutes les grandes sociétés d'assurance anglophones, de tous les grands gestionnaires de fonds mutuels et d'une majorité de gestionnaires de nos caisses de retraite.
Notre classe d'affaires qu'on aimerait tant se spécialise dans l'exportation de notre richesse et de notre épargne.
Si les gens ont confiance en eux, c'est parce qu'ils manipulent et contrôlent les médias. Les gens ne savent pas ce qu'ils font avec notre argent.
Avant la faillite, on aimait bien Gaucher, l'assassin de Steinberg. Et que dire de la perte de Provigo ou des patrons de Bell qui empochent des millions tout en congédiant à pleine porte.
Et puis, entre nous, le sondage était commandé par les patrons... ;-) |
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