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Destination Soleil Le billet de Michèle
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South Beach: Ca coûte cher !
Vendredi le 13 mai, 2005

South Beach est un très intéressant quartier de Miami Beach. Comme tous les vieux quartiers des grandes villes, il a son histoire, ses habitudes, son style de vie, ses habitants, ses boutiques, ses restaurants, ses trottoirs en ardoise, ses hôtels de grand luxe, ses touristes.
Autant il était agréable d’aller marcher à South Beach, flâner aux terrasses, passer une nuit dans un bar ou simplement regarder tout le monde, autant c’est devenu risqué depuis quelques mois.
South Beach perd des plumes. Ca devient de plus en plus rough.
Les artistes qui y vont ne sont pas tous drôles, les gays se font tirer en pleine rue comme c’est arrivé dernièrement. Les restaurateurs ont augmenté leurs prix et les vols à la tire sont de plus en plus nombreux.
En 1992, Miami est devenue la première ville des Etats-Unis à reconnaître les mêmes droits égaux aux gays et lesbiennes qu'aux straights. Désormais, il n’y aurait plus aucune discrimination et on assurait la protection de tous et chacun partout et dans tout. On reconnaissait les différences et on les incitait les gays à venir à Miami, le prétendu paradis terrestre de la planète.
On fait toujours la même chose, mais la population, les jeunes surtout, ne sont pas prêts à les accepter et les vols à la tire augmentent de jour en jour. Les vacanciers n'ont pas le goût de se faire voler, ils boudent le quartier.
Au rythme de deux agressions par semaine, les autorités sont continuellement aux aguets. « Ce sont surtout des jeunes hommes de vingt ans, hétérosexuels qui montrent les dents, de dire Howard L. Simon, directeur exécutif de l’American Civil Liberties Union, section Floride, pourquoi ? On l’ignore. Question d’éducation sans doute ! Ces derniers mois ont été assez rock n’ roll. Les attaques sont vicieuses et injustifiées.»
En 2003, lire et entendre ça est absolument abherrant. Comme si tous les jeunes de Miami étaient des skin heads détestant les gays!
Minute ! Il y a sûrement autre chose que les autorités nous cachent. Ca n'a aucun sens. Etre gay n'est quand même pas être la vingtième plaie d'Egypte. Des gays, il y en a toujours eus et il y en aura toujours. Ajustez vos violons tout le monde et arrêtez de penser qu'un gay est un être anormal. Il est juste différent. Tout le monde sait ça, sauf à Miami Beach.
On les incite à venir mais on les attend avec une brique, un fanal et une agression. C'est ridicule! Augmentez vos effectifs, calmez vos skin heads avant que les meurtres arrivent et laissez-nous le savoir si tout va bien. On ne demande pas mieux que des bonnes choses à écrire, mais ce n'est hélas pas le cas. Faites votre travail à Miami, on vous fera de la bonne publicité par la suite.
Il y a quelques semaines, un travesti s’est fait tirer dans l’épaule tout simplement parce que trois jeunes hommes en voiture l’ont suivi, pensant que c’était une femme. La victime revenait d’un party et retournait tranquillement au stationnement quérir sa voiture. Il a expliqué qu’il n’était pas une femme. On a ri de lui et on lui a tiré dessus. C'était vicieux comme attaque. Vicieux et incompréhensible.
Miami Beach est en pleine campagne publicitaire pour s’attirer la très lucrative clientèle des gays mais ces derniers commencent à montrer une certaine réticence, tout comme les touristes boudent le quartier.
Ce n’est pas un voyage au Far West qu’ils veulent mais bien quelques heures de plaisir dans l’un des quartiers les plus invitants de la Floride.
Dommage que quelques imbéciles gâchent la sauce. La ville devra réagir, sinon, le constat d’échec sera très amer et les millions s'envoleront en fumée. La clientèle des DINKS (Double Income No Kids) intéresse tout le monde. Ne leur coupons pas l'herbe sous le pied. Au lieu de dépenser des millions pour les attirer, dépensons des millions pour les protéger. C'est la logique même.
Malgré tout, South Beach reste le paradis du flirt...et des stars. On risque d'y rencontrer tout le monde...à conditon d'être patient et d'aimer veiller tard.
Ce qui n'est hélas, pas mon cas. Comme je le regrette !
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