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Destination Soleil Le billet de Michèle
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Les Canadiens de la Floride...
Lundi le 09 janvier, 2006

Les Canadiens de la Floride
Le lundi 23 janvier, les Canadiens coast to coast se choisiront un nouveau gouvernement et, depuis les débuts de la campagne, point besoin d’une boule de cristal pour savoir que le prochain gouvernement sera très minoritaire encore une fois et qu’on risque de retourner aux urnes en 2007. C’est clair comme de l’eau de source.
Dépenser des centaines de millions en campagnes électorales, on aime tellement ça !
Mais millions ou pas, reste qu’en Floride, les élections laissent les Canadiens complètement indifférents et le pourcentage de voteurs sera très faible. Ne vous en déplaise, c’est la même chose à chaque élection, qu’elle soit fédérale ou provinciale. Ceux établis ici depuis plusieurs années ne se soucient pas du tout de ce qui peut se passer de l’autre côté de la frontière et mènent une carrière qui ne laisse aucune place à la politique canadienne, tandis que les vacanciers, trop heureux de se sauver de l’hiver, ne veulent rien savoir. D’autant plus que cette année, ils sont tous à réparer leurs maisons dévastées par Wilma. L’heure est à la construction, pas à l’élection.
Ils savent tous où aller voter. Ils ont lu les journaux, les articles dans Internet. Ils ont contacté l’ambassade du Canada à Miami, savent que le 23 janvier, ils devraient faire leur devoir de bon citoyen. Mais ils ne le feront pas.
Pas intéressés.
Quand on s’installe ailleurs, on oublie ce qui se passe chez nous, même si tous les parcs de maisons mobiles sont branchés sur la télévision canadienne et francophone. En riant, plusieurs Canadiens vous diront que les chefs devraient peut-être ajouter la Floride à leur itinéraire. Réflexion justifiée puisque 600 000 Canadiens sont actuellement en Floride et 200 000 autres de l’Ouest du pays séjournent actuellement en Arizona, Californie ou Névada le feront. Choisir les Etats-Unis comme terre d’accueil en hiver, c’est choisir un autre mode de vie. Pas question de déranger les petites habitudes.
Je peux parfaitement comprendre cette attitude qui fait sursauter bon nombre de collègues qui nous téléphonent pour tâter le terrain. Au Québec, on n’arrive pas à comprendre l’indifférence des résidents ou des vacanciers. Normal, on ne peut tout simplement pas comprendre tant et aussi longtemps qu’on n’a pas vraiment vécu ici et qu’on a commencé à prendre racine. Immigrer, ne serait-ce que pour quelques mois, change bien des perspectives, modifie des comportements, colore la vie autrement.
Je doute qu’un Français établi au Québec ou en Floride ait envie de voter quand arrive une élection dans son pays, tout comme je doute que les Canadiens en France se dérangent pour aller voter. Pas nécessaire de se projeter loin dans le futur pour comprendre que le détachement fait partie du long processus de l’immigration.
Qu’on s’établisse dans n’importe quel pays au monde, immigrer n’est pas qu’une simple formalité, un permis de travail ou une green card, c’est une nouvelle façon de vivre, une nouvelle vie qui n’a strictement plus rien à voir avec l’ancienne…
Le détachement se fait. A moins d’un événement majeur on retourne rarement en arrière.
Néanmoins, les Canadiens peuvent voter en consultant la section qui s'adresse aux vacanciers sur le site d'Élections Canada (www.elections.ca). On trouve sur le site un formulaire d'inscription. Une fois rempli, on peut l'envoyer par télécopieur au 1 800 363-4796.
Maxi Quiz Floride.
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