Lundi le 15 septembre, 2003
Le système judiciaire et pénal a voulu jouer aux gros bras avec les motards et mettre le paquet pour les poursuivre en justice. Un mégaprocès qui devait rassurer la population et nous débarrasser de ces groupes de motards criminalisés qui se jouaient impunément de la loi et du système.
Finalement, après moult péripéties et rebondissements et des dizaines de millions dépensés, ce mégaprocès des Hells aura accouché d'une souris : neuf des accusés ont plaidé coupables à des accusations réduites.
Les accusés connaîtront leur sentence le 19 septembre prochain. Mais, il y a fort à parier que leurs sentences ont déjà fait l'objet de «négociations» ou dans le jargon judiciaire de «plea bargaining» entre les procureurs de la Couronne et de la défense que le juge s'empressera d'accepter afin de mettre un terme à toute cette malheureuse aventure judiciaire.
Tout se terminera derrière des portes closes et sous ordonnance de non publication. A l'issue de ce procès, le grand public pourra-t-il croire, honnêtement et sans arrière-pensée, que: JUSTICE A ÉTÉ FAITE ?
Ce qui devait être le procès du siècle, tant par les ressources humaines que financières qui y ont été consacrées, est vite devenu une tragi-comédie, à saveur socio-juridico-politico-médiatique, qui laisse au grand public un goût plutôt amer.
En faits, tout ce procès n'aura été qu'une accumulation d'erreurs et de cafouillages qui ont terni l'image de la justice au lieu d'être l'exemple à suivre pour le futur.
- Construction d'un palais de justice «sur mesure», présumément pour sauver des frais;
- Aide juridique pour les motards, publiquement bien reconnus pour leur grande «pauvreté»;
- Choix des meilleurs avocats criminalistes du Québec, payés par l'État;
- Paiement d'honoraires aux avocats dépassant de beaucoup les normes pourtant prévues par la loi et frisant parfois l'indécence;
- Juges et avocats donnant souvent l'impression de participer plus à un spectacle qu'à un procès;
- Démission, remises, retards et autres incidents prévus et imprévus qui ont fait que les jurés ont probablement passé plus de temps entre les cadres de portes qu'assis à entendre le procès.
Il est évidemment trop tôt pour mesurer l'impact de ce procès sur notre système judiciaire. Cependant, on peut facilement affirmer que ce n'est pas la justice qui sort vainqueur de ce combat du moins auprès de la population dont la confiance est encore une fois ébranlée et qui se demande si notre système de justice a été à la hauteur.
Je demeure toujours convaincu que nous possédons un des meilleurs systèmes judiciaires au monde. Cependant, à la lumière des événements qui ont marqué ce mégaprocès, je n'ose pas imaginer ce que doivent être les autres!
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