Mardi le 17 juillet, 2007 |
Du 13 au 20 juillet 2007 je serai en vacances (afin de me reposer de mon épuisante retraite…). Je ne produi- rai donc pas de chroniques élaborées ; cependant, je vais vous offrir des textes qui devraient vous intéres- ser et vous amuser et qui devraient, aussi, vous per- mettre de découvrir des sites Internet intéressants. Bonne lecture donc !
LE PORTEUR D'EAU.
Vous allez retrouver ce texte, ainsi que plusieurs autres tout aussi intéressants, sur le site Internet de Alternatives, ré- seau d’action et de communication.
À travers la quête de l’eau potable, le documentaire Le Por- teur d’eau raconte comment des villageois indonésiens, ca- tholiques et musulmans en arrivent à travailler ensemble.
Réduites à la passivité pendant l’interminable dictature du président Mohamed Suharto (1967-1998), les communau- tés pauvres de l’île de Flores, dans l’est de l’Indonésie, con- naissent un réveil spectaculaire. Elles rêvent de démocratie directe, d’autonomie durable, de gestion des ressources na- turelles, au grand dam des profiteurs locaux. Depuis l’époque coloniale, plusieurs promoteurs se sont en effet servis du
« développement » et de la complicité des notables pour s’enrichir, sans véritablement améliorer la vie dans la région.
Le film de Pascal Gélinas, à qui l’on doit notamment La turlu- te des années dures (1983), trace en même temps le por- trait de Gilles Raymond, ex-coopérant québécois désillusion- né par certains travers de l’aide internationale. Parlant des organismes de développement, Raymond explique qu’il s’agit « de beau monde », même s’ils finissent par constituer un système qui ponctionne l’argent devant aller aux pauvres, en multipliant les intermédiaires (gate-keepers). Las, mais pas défaitiste, l’ancien citoyen du village de Saint-Esprit, dans le Bas-Saint-Laurent, a refait sa vie à Flores. Non seulement il y a épousé une Indonésienne, mais il conseille désormais ses voisins sur la mise en place d’un système autogéré d’entrai- de. Prêchant par l’exemple, il les invite à dépasser les clivages religieux et les méfiances ancestrales.
Au début, on peut croire que le choix de vie de Gilles Ray- mond résulte d’un simple coup de foudre pour la beauté de l’île de Flores et par la gentillesse des insulaires. « L’eau, c’est plus que de l’eau, explique-t-il. C’est une veine qui mène au cœur des humains. » Mais le réalisateur Pascal Gélinas explo- re aussi le passé militant de cet homme remarquable. Il re- trace son combat inégal contre la lente agonie des régions du Québec, la logique économique du tout-Montréal. Des épiso- des qui amènent Gilles Raymond à se remémorer des cha- grins et une solitude dans lesquels plus d’un militant se recon- naîtra. « Pas facile de vivre avec un homme qui est toujours parti pour aider d’autres gens, pour essayer de changer le monde », explique Raymond en parlant de lui-même.
L’étonnante réussite du mouvement communautaire de l’île de Florès - qui commence à se répandre sur d’autres îles de l’archipel indonésien - s’explique en grande partie par son en- racinement dans les traditions locales de coopération, de dialogue et de résolution de conflits. Les instigateurs du pro- jet ne se sont pas substitués aux villageois. Ils se sont con- tentés de les aider à bâtir leur propre système d’autogestion. Leur démarche, empreinte de respect, semble avoir plu à certains fonctionnaires indonésiens que l’on croise dans le film. Désabusés par la corruption du système officiel, ces fonctionnaires semblent considérer que la méthode leur per- met de mieux faire leur travail.
Au Québec, l’expression « porteur d’eau » rime avec soumis- sion. Mais en Indonésie, c’est tout le contraire. Le porteur d’eau est celui qui permet à la vie de continuer. À l’espoir de demeurer vivace. On ne pouvait imaginer un meilleur titre pour un documentaire optimiste, mais sans être naïf. Re- haussé par la narration subtile de Jacques Languirand, le film de Pascal Gélinas intéressera tous ceux qui, comme l’Indoné- sien d’adoption Gilles Raymond, cherchent un projet de vie
« entre la compassion et la justice ».
Adam NOVAK – 26 avril 2007.
LE PORTEUR D’EAU sera projeté à la chaîne de Radio-Canada dimanche le 12 août à 22h 30.
Merci d'être là et à la prochaine. Gilles.
Les chroniques de Gilles # 152.
Sources des photos et avatars :
- http://citoyen.onf.ca/onf/info
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