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Graphologie
Jean-Paul Gagné
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Lundi le 30 août, 2004





Me revoilà !

Mes plus amicales salutations.

Tout le long de mes chroniques, je veux vous sensibiliser à la sensibilité de l’écriture. Parfois dans un langage émotif ; à d’autres moments en passant par le chemin poétique, je tente de vous laisser voir, ou plutôt de vous initier au langage qui se cache derrière le dessin de votre écriture.

L’écriture est une pensée double. C’est une trace émotive et c’est aussi une tâche de la main. Seul un être qui pense peut écrire. L’œuvre de la main est plus riche que nous le pensons habituellement. La main est un trait d’union vers la cœur.

Aujourd’hui, je veux vous dire que je vous prépare des textes, qui seront de plus en plus pédagogiques. Dès le mois de septembre, je vous décrirai ma démarche graphologique afin que vous puissez dans un esprit ludique vous sensibiliser à la parole de la graphologie.

J’ai l’intention de m’orienter vers la description des signes graphologiques. Un geste sur papier peut nous révéler autant que les paroles. L’écriture est un mouvement de la main régi par le cerveau. Dans mes prochains articles, je pointerai et tenterai d’apprivoiser avec vous ces mouvements graphiques afin de leur donnez la liberté d’exprimer leurs dires.

Pour le moment, je vous donne ce texte qui traite de la signature. C’est un texte que j’ai retravaillé afin qu’il puisse vous situer l’importance de la vie de la signature dans l’ensemble de la graphologie.







La signature, c’est un identificateur. C’est elle qui dit au lecteur du document que j’existe, que je partage cette opinion écrite sur ce papier, que c’est ma pensée et que j’assume.

La signature, elle valide. Sans elle un texte n’est pas authentifié et il perd sa valeur. La lette anonyme n’est bonne que pour le panier.

Lorsqu’on signe, on signe. Ce qui est signé est signé. Il nous est interdit de dire que l’on a signé sans lire.

Si l’analyse de la signature importe tant en graphologie, c’est qu’elle est unique, reconnaissable entre toutes les autres, qu’elle est un point de rencontre, une poignée de mains.

Puisqu’elle se présente comme un outil social, elle nous trace le comportement du scripteur dans une société donnée. Il existe des modes dans les signatures comme ailleurs.

Je dirais que la signature, c’est la personne en condensé. Une signature sobre, riche, énergique, c’est un message dynamique. Son emplacement sur le papier, son intensité dans la feuille ce sont autant de messages qui nous sont lancés de façon consciente ou inconsciente par le scripteur.

Les signatures ont aussi une histoire. Il est d’un intérêt certain d’observer nos signatures à diverses périodes de notre vie. Lorsque j’étais enseignant, j’avais plaisir à « espionner » le tâtonnement de l’adolescent à la recherche de son signe descriptif que sera sa signature.

De l’hésitation de l’adolescent qui cherche à se singulariser par une signature qui devrait lui ressembler, à l’adulte qui dans le tourbillon de sa vie a signé de différentes façons selon les époques, à la signature hésitante du grand âge, elle témoigne d’une véritable saga personnelle pour chacun de nous.

La signature accompagnée d’un texte, c’est une clé qui ouvre le coffre-fort de la personnalité. Elle est au centre de la vie intime de la personne. D’où son importance vitale en graphologie.




Pourquoi signe-t-on?



On signe parce que l’on s’engage.
On signe parce que l’on s’affirme.
On signe parce que l’on veut s’identifier.
C’est le nom qui relie un individu au groupe.
‘Avoir une signature ‘ c’est marquer son empreinte dans le présent et dans le temps.



Qu’exige-t-on d’une signature?



On la veut singulière, unique et identificatrice.

Elle peut être autre chose que le nom de la personne. Ça peut être un dessin, ou toute autre marque qui plaira à celui qui l’a imaginée.

La signature n’est pas statique. Elle témoigne du cheminement de vie du scripteur qui n’est pas immobile dans le temps.

La signature illisible est aussi une décision du scripteur.

En somme, la signature, elle importe dans une analyse graphique à cause du rôle particulier et de l’importance qu’elle joue dans la réalité de la personne.

Pour ma part, je n’analyse jamais une signature unique. J’exige qu’elle soit accompagnée d’un texte qui lui donne son contexte. On ne peut analyser un texte sans signature et inversement.

Notre signature est notre « sceau » notre engagement. C’est la signature qui donne vit à un acte légal, à un chèque ou un contrat, une lettre privée ou officielle.

Notre écriture, dans le texte, on peut dire que c’est notre « Moi » privé. Notre signature c’est la représentation de notre moi social. Dans le fond, la signature joue deux rôles dans la vie d’un scripteur. Un de ces rôles est la représentation de « Soi » et l’autre c’est l’identité du signataire.

La signature est plus libre que le texte. Sa liberté d’expression est plus grande. Même si souvent, elle est composée de lettres, elle n’est pas codifiée.

Notre signature n’est pas unique. Nous pouvons avoir plusieurs signatures, une signature pour les mots privés souvent constituée que d’un prénom et une signature pour « les affaires » officielle et sociale.

On dit que la signature claire manifeste la sincérité, le fond de la personne. Une signature illisible est produite par des causes diverses. Nous devons être nuancés dans l’interprétation de ces signatures illisibles. Il ne faut pas en tirer hâtivement des conclusions de dissimulation.

Par crainte d’imitations, de contrefaçons il peut arriver qu’on décide de rendre notre écriture illisible. Parfois par souci d’esthétisme, d’originalité et de singularité, il arrive aux scripteur de jouer avec leurs signatures jusqu’à la rendre illisible en recourrant à des formes abstraites ou trop compliquées.

La signature à une distance aussi par rapport au texte. Elle peut être proche du texte et alors on peut penser que le scripteur à hésite à prendre de la distance par rapport à ce qu’il fait. Si c’est dans un petit coin au bas de la page, il est probable que le signataire n’a pas prévu se garder de la place pour signer.

Un espace large, même trop large entre la signature et le texte pour nous amener à croire que la personne qui a signé peut mettre une grande distance entre soi et les autres, qu’elle a une crainte de l’engagement. Cette grande distance est probablement un signe d’une grande prudence chez le scripteur.

La signature peut ressembler à l’écriture du texte, mais elle peut être aussi différente en lisibilité, en dimension, en rapidité, en inclinaison et pression. Chacune de ces attributs exige une interprétation délicate.




Mes amitiés !
Sachez que vos commentaires, vos interventions et vos questions sont nourrissants. Je les accueille avec grande joie.

Dans le prochain envoi, on prendra le temps de décortiquer la lettre. Nous parlerons de sa hampe, son jambage, son inclinaison, etc.

Jean-Paul Gagné















Ce sera un plaisir de vous accueillir chaleureusement dans mon monde virtuel. Allez venez cogner à ma porte!

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