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Accommodements raisonnables et tranquillité fragile
 

Dimanche le 15 novembre, 2009


Lorsque la meute des médias peut exploiter une nouvelle jusqu’au moment ou l’écoeurement ou l’ennui s’emparent des lecteurs, elle n’hésite pas à le faire, pour ensuite s’attaquer à une autre proie. Lorsque la nouvelle est locale ou régionale, l’aubaine est encore plus alléchante. Elle coûte moins cher aux médias en frais de couverture et de déplacements, et augmente le tirage des journaux du seul fait qu’il s’agit d’une histoire strictement québécoise Mais en sommes-nous vraiment à la fin de la récréation?
Tout semble maintenant revenu au beau fixe, mais les apparences sont parfois trompeuses.

Un récent sondage pancandien du magazine Macleans nous fait voir une autre facette de la réalité. Ainsi, moins d’un Canadien sur trois a une opinion favorable de l’Islam, et la plupart des Canadiens estiment qu’il serait inacceptable que leurs enfants marient des Musulmans. Un autre facteur révélateur : 72% des personnes sondées ont une opinion favorable du christianisme, 53% pour le judaïsme et 28% seulement pour la religion musulmane. Les écarts sont encore plus prononcés au Québec : 17% seulement ont une opinion favorable de l’Islam, et 36% du judaïsme.

L’énoncé : « Les lois et les normes ne doivent être pas modifiées pour accommoder les minorités » a recueilli 74% de réponses affirmatives, soit le plus haut taux au Canada. D’autre part, la violence qui parfois caractérise la religion islamique, ainsi que le caractère doctrinaire et secret du judaïsme, sans parler de sa puissance financière, ont maintes fois pesé lourd dans les réponses des sondés. Lorsque les instances religieuses islamiques réclament des accommodements pour diverses religions et poussent les hauts cris à la vue de caricatures jugées offensantes, nous parlent-elles de la quasi-impossibilité pour l’Église catholique d’ouvrir des églises dans les pays musulmans. On repassera pour la liberté d’expression et de religion.

Même si la Loi sur le multiculturalisme existe depuis 20 ans, sommes-nous devenus multiculturels pour autant? Lorsqu’un inconnu nous aborde dans la rue, et même s’il parle notre langue, nous éprouvons instinctivement une certaine méfiance. Une assimilation totale à une personne étrangère est une mission impossible. J’ai travaillé dans un milieu anglophone toute ma vie d’adulte, mais je me sens tout aussi francophone qu’à l’époque de mon enfance. Le milieu dans lequel nous avons vécu, notre culture, notre caractère et notre langue, font de nous une personne foncièrement différente d’un anglophone, même après avoir partagé des années de travail avec lui La lecture de l’histoire du Québec vue par un francophone et un anglophone différera toujours. En 1945, Hugh Maclennnan publiait un roman devenu célèbre Two solitudes. Depuis ce temps, des politiciens de tout acabit ont tenté sans succès de combler ces solitudes, mais force est de reconnaître qu’être bilingue n’est pas synonyme d’assimilation.

Lors de la collation des grades de doctorat à l’Université de Montréal dont mon fils était l’un des participants, j’ai été très étonné de constater que plus du quart des 420 nouveaux docteurs étaient des étrangers. Même si l’on tient compte que nombre d’entre eux pouvaient être nés au Canada, que d’autres étaient inscrits dans des programmes d’échanges internationaux, il n’en reste pas moins que pour faire un baccalauréat, une maîtrise et un doctorat, il faut au départ, bénéficier du soutien de ses parents, pouvoir compter sur un financement soutenu, et plus encore pour un étranger, être pleinement intégré dans le milieu. Dans un pays où malgré nos divergences culturelles, nous jouissons d’une liberté d’expression dont bien peu de pays peuvent se targuer, est-il interdit de penser quel serait le sort des nôtres s’ils étudiaient dans des pays musulmans comme l’Algérie, la Tunisie, le Maroc ou l’Égypte? Lorsque je vois des Musulmanes dans leur costume natif, assister à la collation des grades en toute quiétude, je me demande si elles apprécient à leur juste mesure, la liberté de religion et d’expression dont elles jouissent au Canada. On peut parler tant que l’on voudra d’intégration et d’adaptation, l’immigrant qui a quitté son pays le fait pour améliorer son sort ou pour conquérir une plus grande liberté. Comme beaucoup d’entre eux vivent en vase clos, l’assimilation n’est pas leur principal souci. Professer une telle opinion, ce n’est pas du racisme, c’est simplement constater les faits.





 
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