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L'éducation doit-elle passer par les coups ?


Jeudi le 12 février, 2004

L’idée communément admise que l’on puisse enseigner aux enfants la différence entre le bien et le mal en les frappant est aussi vieille que notre culture, mais elle n’en est pas moins hautement trompeuse comme le prouvent les recherches les plus récentes.

Frapper un enfant, c’est toujours une humiliation, c’est également inefficace du point de vue éducatif dit Alice Miller, psychanalyste Suisse.

N’est-ce pas remettre en cause les fondements même d’une « éducation enfantine » qui a prévalu jusqu’à nos jours ?

En janvier 1999, un sondage indiquait que 16% des parents ne donnaient jamais de coups à leurs enfants alors que curieusement 45% d’entre eux estimaient que les châtiments corporels pouvaient avoir des conséquences négatives sur leur développement futur.

Des bilans ont été effectués entre des populations de jeunes adultes dressées à la fessée et des populations éduquées avec d’autres méthodes.

Cela concernait des jeunes gens arrivés à la fin de leur adolescence, leur âge était compris entre vingt et vingt-cinq ans.

Or, surprise !

Il n’y avait pas de différence notable dans leurs conduites de civilité ; par contre sur le plan psychologique transparaissaient des séquelles d’une éducation basée sur la crainte et sur le principe d’un apprentissage conditionné par le châtiment corporel.

Que peut-on en penser ?

Un bon maçon concevrait difficilement de couler du béton sans avoir au préalable établi « un coffrage minutieux » garant d’un résultat satisfaisant.

L’autorité intelligente et les règles éducatives contribuent à la mise en place de cet indispensable « coffrage », véritable moule dans lequel l’enfant saura trouver une place et prendre forme.

Autorité ne veut pas dire obligatoirement cage, prison ou organisation militaire de la maisonnée.

Ajouter un comportement violent ira dans le sens d’une hiérarchisation primitive basée sur la force physique et la peur de la douleur.

D’éducation, nous passerons au mot dressage, bien qu’aujourd’hui, la plupart des dresseurs qui se respectent et qui respectent l’animal à dresser, aient abandonné les coups.

Pourquoi donc les conserver pour éduquer nos enfants et ainsi inscrire la violence dès leurs premiers stades de maturation ?

« Education » signifie respect de chacun, énoncé de règles sociales rendant possible une vie familiale la plus harmonieuse possible dans l’espace « maison ».

L’apprentissage du « non, tu n’as pas le droit de faire cela » est nécessaire à l’enfant et l’aidera à grandir tout en le préparant à participer à une vie sociale épanouie.

Education sans coups ne veut pas dire carence d’autorité mais autorité dans le respect de l’enfant.

Docteur Henri PULL

Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .







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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.


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