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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Jeudi le 13 octobre, 2005
Dans le cochon tout est bon ! …
… sauf le cri et les excréments, croyait-on jusqu’à ce jour.
L’art contemporain, grâce à l’action novatrice et malodorante d’un artiste chinois de passage dans le pays bigoudin*, a su rendre au cochon toute sa grandeur. Oui! Dans le cochon tout est désormais vraiment bon pourra-t-on proclamer après le grand pas en avant de la création artistique modelée directement au cul de l’animal.
«L’Himalaya » en excréments de cochon* est l'une des oeuvres bretonnes réalisées par le Chinois Mu Yuming originaire d'une petite ville du Yunnan, sur les contreforts de l'Himalaya – en pierre celui là –.
Le lisier de porc constituera sans doute une étape signifiante du tour du monde « en vingt œuvres majeures » effectué par cet artiste qui veut ancrer l'art contemporain dans le réel.
Le clou de l'exposition française de l’artiste est cet Himalaya modelé dans des excréments de cochon fraîchement recueillis.
Si cette œuvre unique au fumet sans pareil peut être perçue comme choquante, elle est surtout hautement symbolique d'une région où le porc a apporté l’argent (qui lui n’a pas d’odeur), de la charcuterie de qualité et des problèmes environnementaux sans précédent car, le lisier, avant l’arrivée de Mu, on ne savait qu’en faire sinon le déverser dans la nature!
« L'art contemporain a oublié les gens ordinaires. Je cherche à établir un dialogue entre ces gens et l'art en essayant, à partir de là, d'aller plus loin, de faire naître d'autres réflexions », poursuit Mu qui mène ce travail scatophile sans soutien autre que la pince à linge classique, le gant de ménage multi usages, l’intestin porcin et le prêt gratuit de « la cabane au fond du jardin ».
L’on peut espérer la création de l’ordre du « Lisier de porc » qui superviserait la consécration tout d’abord de l’œuvre puis garantirait sa pérennité. Le concours annuel du plus beau cri de cochon pourrait fusionner avec le plus haut sommet en excrément du même animal. Cochon qui s’en dédit !
Voilà une bonne idée chuchotera-t-on dans les couloirs parisiens du ministère de la culture en panne d’imagination.
Je m’étonne que quelque multinationale du déodorant industriel ou ménager amoureux de « l’art brut » n’ait pas craqué pour cette œuvre en la sponsorisant.
Imaginons que loin d’être unique elle se multiplie, qu’elle envahisse les esplanades, les appartements, les musées … bref que le lisier de cochon se répande en un flot artistique avant-gardiste dans les intérieurs ordinaires des gens ordinaires : C’est l’explosion des ventes des purificateurs d’airs, le boum des senteurs « fraîcheur des bois! »
Que tous les peuples du monde se tournent, qui vers la bouse de vache, qui vers la crotte de chèvre, le crottin de cheval ou le caca d’éléphant! Qu’une union sacrée autour de ces matières issues du plus profond de l’animal jette les bases de l’exposition itinérante de Mu Yuming.
Après le « Dadaïsme* », voici le « Cacaïsme ». L’Art sera nauséabond ou ne sera pas clameront les membres de ce courant initialement porcinophile. A tour de rôle tous les musées d’art contemporain accueilleront ces humbles réalisations pour en partager et la vue et l’odeur. Ceci sans doute au son de cantates agrémentées de cris de cochon donnant toujours plus de sens aux oeuvres.
Aidons l’art vrai, l’art venu du fond des âges, l’art dont les trois petits cochons sont désormais les porte-drapeaux, mais … combattons le ridicule. Comme l’enfant du conte d’Andersen « Les habits neufs de l’Empereur » je ne dirai pas que « le roi est nu » mais je dirai qu’en fait d’art, ce n’est que de la merde hissée en Himalaya par un homme suffisamment convainquant et malin pour qu’aujourd’hui je lui consacre cette chronique.
Bonne route Mu dans ta course autour la planète pour promouvoir l’Art « cacaïste » ; en tout homme n’y a-t-il pas un cochon qui sommeille ?
Je te suggère de poursuivre en utilisant le lisier inépuisable de l’humanité pour tes prochaines réalisations.
Des montagnes d’immondices, des pollutions chimiques, des contrées radioactives, des doctrines puantes, des nappes d’hydrocarbures, des océans de bêtise et bien d’autres « cochonneries » t’attendent aux quatre coins du monde pour tes nouveaux « sommets ».
Docteur Henri PULL
*La Bretagne ou « pays bigoudin » est la région la plus à l’Ouest de France. Elle a la forme (prédestinée) de nez tourné vers l’Amérique.
* L’excrément de porc porte le nom de lisier.
* Dadaïsme : mouvement d’art contemporain crée le 8 février 1916 par Hugo Ball et Richard Huelsenbeck.
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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