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Par le docteur Henri Pull psychiatre
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La naissance des goûts


Jeudi le 15 janvier, 2004

C’est une question de maturité tout autant sensorielle que psychologique.

L’acquisition du goût passe par des stades bien précis.

Il ne servirait à rien de ne pas en tenir compte, la maturation humaine suivant une chronologie prévisible si la construction s’avère harmonieuse.

Le goût sucré est le premier acquis, puis se mettent en place le goût salé, plus tard le goût acide et enfin beaucoup plus tard le goût amer. Vouloir accélérer le processus n’apportera rien à l’enfant sinon un dégoût de certains types d’aliments. Gardons à l’esprit que la diversité alimentaire existe surtout dans les sociétés riches.

Nous sommes des omnivores et devons avoir un apport journalier en glucides (sucres), lipides (graisses), protéines, sels minéraux et vitamines. A cela, nous ajouterons un apport hydrique adapté.

Bien des aliments apporteront ces nutriments indispensables ; vouloir varier à l’extrême les saveurs est louable, étant entendu que cela sera supposé enrichir la palette d’aliments disponibles pour le tout petit.

Les légumes au goût « fort » ou très typé comme le poireau, l’ail, les asperges, l’artichaut, le chou etc.…. pourront être refusés par le petit enfant malgré l’avis opposé du «parent cuisinier» ou «nourrisseur».

Quelle conduite adopter ?

Nous prônons le respect de la personne individuelle ; nous-mêmes, en tant qu’adultes, nous avons des goûts spécifiques, nous revendiquons, par le fait de notre exigence de diversité dans notre vie de consommateur, un désir de différence.

Pourquoi ne pas admettre l’existence d’une palette de goûts spécifiques chez l’enfant selon son âge?

Ne peut-on arriver à une solution de consensus sans transformer une prise alimentaire en bras de fer ou en conflit d’autorité?

Qui ne se souvient pas de ce plat détesté, source de disputes et de pleurs bien inutiles, nutritionnellement parlant?

Pourquoi reproduire les erreurs de nos aînés?

Nous induirons, en forçant les résistances de l’enfant, en le bousculant, tout un réseau d’associations réflexes:

La nourriture et l’autorité : «Mange, sinon…!»

La nourriture et l’anxiété : «J’ai peur, je m’ennuie, je mange!»

La nourriture et les disputes ou le chagrin : «Je me venge, je mange ; je suis triste, je mange!»

Par la suite le comportement alimentaire naturel de l’enfant se trouvera imprégné de sentiments négatifs parasites responsables de pathologies fort invalidantes à l’âge adulte.

L’on absorbera alors de la nourriture pour des besoins autres que les besoins nutritionnels indispensables à la vie : pour faire plaisir, parce que ce sera l’heure, etc.

Le goût se forme parallèlement à la maturation des organes des sens de l’enfant.

Une pomme ne mûrira pas plus vite si on la secoue, il en sera de même pour votre enfant.

Le goût suit des étapes précises, tenez en compte et tout ira bien psychologiquement autour de l’assiette de votre enfant.

Docteur Henri PULL

Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .







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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.


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