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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Jeudi le 15 décembre, 2005
"Je refuse de partager mon espace vital".
"J'ai besoin de mon indépendance".
Bref de plus en plus de couples sont constitués de partenaires qui vivent chacun de leur côté, refusant les «jours chagrins» et «chaussettes sales» pour les soirées choisies, «champagne» et «caviar».
Envolées – théoriquement - les bouderies, les corvées inégalement réparties, le sentiment d’être asservi par l’autre.
Peut-on nouer une relation complice quand on ne partage qu’une vie en pointillés? Durant cette union intermittente les deux partenaires ne cohabitent que pour partager des moments agréables.
Cette formule convient aux couples qui n’en ont que le nom ou «qui n'en sont déjà plus». Il est difficile de tisser des liens solides sans partager les aléas du quotidien : ses joies et ses peines, ses jours de fatigue ou de maladie, les factures et le reste!
Ces couples affirment ne vivre que le meilleur, sans connaître le revers de la médaille. Mais dans les faits, souvent, ils idéalisent la relation, et, comme au début d'une rencontre, jouent un rôle, dissimulent leurs défauts et points faibles pour ne montrer d'eux qu'une image idéale séduisante.
Il est inexact de croire que cet amour à temps partiel met à l’abri des problèmes. « La difficulté provient parfois du manque de partage, de l'absence de marqueurs d'intimité que sont un territoire commun ou des finances partagées ».
La vie commune se réduit alors à la vie affective et sexuelle, les enfants n’y ont guère de place.
Cette solution, parfois adoptée pour éviter les drames d'une séparation éventuelle, pose problème dans la construction du couple puisque la séparation est tellement anticipée qu'elle n'est parfois plus nécessaire dans la mesure où le couple n'a jamais existé.
Pourtant, si vivre à deux semble naturel à la plupart des couples, le quotidien à deux est loin d'être paisible ! Les principales difficultés sont liées au non respect des espaces d'intimité de chacun des membres du couple. Ceux qui ont longtemps vécu seuls avant de s'installer, éprouvent de pénibles sensations d'envahissement de leur univers.
Il faut laisser une place à l'autre, il faut transformer un territoire qui nous appartenait exclusivement, en copropriété.
Vivre à deux tout en restant farouchement indépendant équivaut à la cohabitation de deux célibataires.
Nous sommes loin de la cellule familiale traditionnelle et plus proches d’une vie d’étudiant pour qui contrainte devient esclavage insupportable.
Pourquoi pas si chacun de ses membres s’y retrouve?
Docteur Henri PULL
Site de discussion
http://planetecool.blogspot.com
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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