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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Jeudi le 17 février, 2005
Nous évoquons dans cet ensemble de cinq chroniques les traumatismes physiques et psychiques ayant une incidence sur le parcours de celui qui les aura vécues.
Leur lecture permettra de mieux comprendre le fardeau d’angoisse qui pèse et pèsera tout au long de la vie sur les épaules de celle ou celui qui n’aura pu les « dépasser ».
Dans la cinquième et dernière chronique sur ce thème, nous traitons cette semaine : L’immigration, l’émigration …
Toutes les situations de déracinements passent par un départ et par tout un cortège d’abandons qui amèneront le déraciné vers une période intermédiaire où le « chez soi » n’existera plus …
La modification de ses repères affectivement investis, la remise en question de son cadre de vie connu et sécurisant, induisent chez le migrant un malaise psychologique considéré comme majeur.
Ce malaise persistera jusqu’à ce que le nouvel environnement soit « apprivoisé », défriché, sécurisé et accepté comme sien.
Par contre, la persistance d’un sentiment de précarité et d’insécurité ne pourra qu’activer le mécanisme de mise en garde représenté par le phénomène de stress. Dans ce cas là, le pays d’accueil restera imprégné d’un sentiment de doute quant à sa fiabilité et à la moindre « crise », sera repoussé.
Les facteurs essentiels d’une construction psychologique stable pour l’être humain se résumeront en quelques mots : amour, sécurité et environnement adapté à une croissance harmonieuse.
Est-ce à dire que toute personne ayant subi un déracinement lié à la migration est une stressée en puissance ?
Non, sans doute si les bonnes mesures sont mises en place :
Il sera important de favoriser l’intégration économique dans le nouveau pays pour le migrant.
Il sera essentiel de veiller à l’établissement de liens, qu’ils soient affectifs ou culturels, avec le groupe humain « accueillant ». Pour cela l’apprentissage de la langue et les circuits de formation seront prioritaires.
Vivre en ghetto, en circuit fermé, n’aide en rien et pourtant …
De façon choisie ou subie, bien des migrants reconstitueront un « pseudo pays » en y entretenant leur langue et leurs coutumes d’origine tout en refusant de fait la culture du pays d’accueil.
Une bonne intégration dans un nouveau pays passe par un renoncement de ce que l’on aura laissé et une acceptation de ce que l’on aura trouvé.
Ceci ne veut pas dire qu’il y aura reniement des origines mais seulement qu’il y aura acceptation d’une vie différente dans un nouveau cadre.
L’environnement d’accueil favorable, le soutien social et les prises en charge psychothérapiques adaptées contribueront dans bien des cas à corriger une partie du traumatisme initial de l’abandon.
Les conduites cherchant à retrouver le cadre passé s’éteindront avec l’investissement dans le cadre adoptant jugé acceptable et rassurant.
De nouvelles racines s’établiront.
Le migrant aura trouvé une patrie dans laquelle il voudra être acteur et non pas simplement de passage. Il aura des projets et par là même ses enfants aussi.
« Vivre en regardant devant soi et non pas uniquement dans le rétroviseur, n’est-ce pas le meilleur moyen d’éviter de se retrouver dans le fossé ? »
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
STRESS, comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens
Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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