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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Jeudi le 18 septembre, 2003
L'ENFANT NE VEUT PAS GRANDIR !
« Je trouve vos réponses très justes, mais je n'ai rien trouvé au sujet de l'enfant de 7 ans qui refuse de devenir adulte et … qui refuse d'apprendre à lire et à écrire et qui prétend tout oublier en étant très brillant à l'oral. Merci de me donner votre opinion… ».
Sonia
Cette lectrice, par son courrier, me permet aujourd’hui d’aborder sur un mode plus général divers points importants concernant l’enfant de sept ans en âge scolaire.
Il est entendu que ce ne sera en aucune manière une consultation mais tout un ensemble d’explications possibles.
Après qu’elle en ait lu l’intégralité, Sonia pourra trouver dans mes trois prochaines chroniques sa réponse ou tout au moins l’explication qui pourra l’aiguiller vers la meilleure solution pour aider son fils.
- J’évoquerai les problématiques de l’ enfant qui refuse de grandir.
- J’évoquerai les problématiques de l’enfant dyslexique qui « refuserait » d’apprendre à lire et à écrire alors qu’il serait paradoxalement « brillant » à l’oral.
- J’évoquerai les raisons psychologiques plaçant l’enfant en position d’échec.
Pour chacun de ces trois points, auront été exclus les problèmes comportementaux liés à des troubles sensoriels : troubles de la vue ou de l’ouïe.
L’enfant qui refuse de grandir.
Comment comprendre un enfant de sept ans qui refuserait de grandir, c’est à dire dont les acquisitions et les conduites apparaîtraient « décalées » par rapport à son âge ?
L’enfant immature tant physiquement qu’affectivement - nous dirons que cette immaturité est harmonieuse - se vit dans sa tête et dans ses conduites à l’image du désir inconscient de l’environnement maternant, à savoir comme un tout petit.
Sans le réaliser vraiment, il aura été, et est toujours, en permanence sur-infantilisé, ses désirs et ses velléités d’autonomisation auront été, et sont toujours, étouffés par un amour total, envahissant et tellement confortable qu’en sortir relèverait de l’exploit impossible.
L’entourage maternant n’a souvent pas l’impression d’en faire trop car il éprouve un réel plaisir à exister auprès de l’enfant en tant que personnage essentiel à son bien-être. Indirectement le soin, l’attention, la dépendance de l’enfant devient pour les parents (et le plus souvent pour la maman) une occupation socialement valorisante, affectivement gratifiante et Oh ! Combien renouvelée jour après jour !
L’entrée dans un lieu autre que le périmètre familial, à savoir l’école par exemple, sera douloureusement perçue par l’enfant qui y verra un abandon et par la mère qui vivra cette épreuve comme une véritable dépossession.
L’anxiété des deux membres du « couple fusionnel mère-enfant » se trouvera majorée dès lors que l’un des deux se montrera plus distant et épanoui hors de l’influence de l’autre.
La culpabilité ressentie par celui qui s’éloignera (que ce soit l’enfant souhaitant de l’espace pour grandir ou la mère qui souhaite reprendre une vie de femme) se trouvera atténuée par des paroles ou des conduites rassurant « l’abandonné(e) ».
De la part de l’enfant il faudra interpréter dans son discours ou ses actes visant à rassurer maman :
- Non, tu vois, je ne suis pas si grand que ça, je suis toujours le bébé que tu aimes.
De la part de la maman, l’enfant comprendra ou voudra entendre:
- Tu es mon principal objet d’inquiétude, mon bébé d’amour, je ne peux prendre sereinement aucun plaisir sans t’avoir sous les yeux afin de contrôler ton bonheur.
Dans ce cas d’immaturité, il y aura deux victimes, toutes deux victimes de leur amour excessif, et une seule initiatrice inconsciente, la maman ou le substitut maternel, en mal de sécurité affective et d’image sociale.
L’enfant en phase oedipienne revendiquera une place privilégiée auprès de Maman, ceci d’autant mieux que celle-ci aspirera inconsciemment à conserver le plus longtemps possible un bébé auprès d’elle.
A la différence du cas précédent, l’enfant aura parfaitement acquis une maturité psychologique conforme à son âge, simplement il sera dans la « séduction », cherchant à monopoliser l’amour de maman en réclamant indirectement son attention et son amour par des échecs, des exigences ou des retards qui pourront être non seulement scolaires mais aussi concerner l’ensemble des actes de la vie de tous les jours.
L’enfant en compétition avec des frères ou soeurs plus jeunes susceptibles de lui confisquer une part d’amour parental, percevra le fait de grandir comme une possible perte d’attention remettant en cause sa place dans la hiérarchie affective familiale.
Dans ce cas, réfléchir sur ses propres conduites de parent, valoriser l’enfant et l’aider à trouver un avantage dans le fait d’être « grand » face à ses « petits » frères, résoudront rapidement le problème.
Docteur Henri PULL
A lire dans les prochaines chroniques:
- L’enfant dyslexique qui « refuserait » d’apprendre à lire et à écrire alors qu’il serait paradoxalement « brillant » à l’oral.
- L’enfant en conduite d’échec.
Suite la semaine prochaine.
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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