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Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Vivre les fêtes et être seul...


Mercredi le 24 décembre, 2003

« Je n’aime pas ces périodes de fêtes, vivement qu’elles soient passées!»

Ce refus de la fête, cette difficulté à accepter l’idée même de réjouissance parce que l’on se retrouve seul, parce que l’on aura souffert, parce que se réjouir comme cela - sur commande - ce n’est pas son truc, comment le comprendre?

Comment se sentir plus heureux, moins seul et caser ses idées noires dans le placard à l’approche des festivités?

La solitude subie (et non choisie) passe par le sentiment amer d’être un laissé pour compte, par un sentiment de non-existence, par un sentiment d’être transparent aux yeux des passants qui, dans bien des cas, se surprendront à avoir le même type de pensées.

« Quand un vicomte rencontre un autre vicomte, qu’est-ce qu’ils se racontent? Des histoires de vicomtes.»

Mais un solitaire peut-il rencontrer un autre solitaire?

Si oui, il ne serait plus solitaire et aurait franchi un premier pas vers l’Autre.

L’existence de liens amicaux ou amoureux, la gestion de relations tantôt harmonieuses, tantôt conflictuelles permettent à l’individu d’exister du fait de l’écho qu’il éveille chez l’autre.

En autorisant la verbalisation, la communication, la communion, l’être social que nous sommes tous, soulage ses angoisses, partage ses peines et ses joies, désamorce les conflits, et dans bien des cas se protège du naufrage de la dépression.

L’absence d’écho de la part de l’Autre dissous le sentiment d’existence: tel est le résultat d’un isolement affectif subi de plus en plus répandu.

Notre mode de vie induit un individualisme et un repli sur soi (pas toujours voulu) qui se généralisent.

Un tiers de la population des pays industrialisés se vivrait comme socialement isolé en dehors du travail!

Aujourd’hui pourquoi ne pas sonner chez son voisin pour échanger quelques mots? Pourquoi ne pas ouvrir sa table à quelques amis ou connaissances? Pourquoi ne pas mettre le nez dehors?

Grattez donc un peu et vous croiserez ainsi beaucoup de gens seuls qui, comme vous, aspirent à parler, partager, rire et plaisanter.

La présence bienveillante de l’animal de compagnie agira sans nul doute comme un pansement sur cette incapacité à recevoir de l’amour et à exprimer de l’amour.

Combien de solitudes nos amies les bêtes comblent-elles ?
Sans doute encore plus que l’on ne pense ! Pourtant en promenant notre bon gros Toutou, pourquoi ne pas lier connaissance avec d’autres promeneurs d’animaux ?
Tous les moyens sont bons pour communiquer et plus si affinités... !

Ouvrons les yeux, essuyons nos lunettes de tristesse pour tenter de trouver l’étincelle de bonheur.

Elle allumera en nous espoir et réconfort en éloignant ce spectre de non-existence qui étreint aujourd’hui trop de monde en ces périodes de fêtes traditionnellement familiales.

Docteur Henri PULL

Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .







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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.


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