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| Le dernier Noël |
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Mercredi le 24 décembre, 2008 |
Le dernier Noël.
Il part encore, cette fois,
Au jour sitôt levé, chercher parmi les bois
Ce sapin si gracile pour fêter l’enfant roi.
La petite hachette au fil bien affuté
En l’honneur de ce jour a quitté l’atelier.
Les lourds godillots noirs aux semelles cloutées,
Fidèles compagnons d’une vie montagnarde,
Remisés au grenier, là-haut dans la mansarde,
N’espéraient plus un jour reprendre ce sentier
Ce sentier de la Vie, de l’Espoir, de la Paix,
Pour faire comme si … comme si quoi au juste ?
Sa mémoire vacille, que d’années ont passé :
Les enfants ont grandi, les études et puis rien …
Sinon ce monde clos dans la vaste cuisine
Troublé par le tic-tac de l’horloge orpheline,
Où l’ombre des chats noirs évoque les anciens.
Le sapin sera là, à la place de choix
Près du buffet ciré, sous la poutre vétuste,
Après qu’il l’eût cloué sur ses planches en croix.
La lame du couteau a su à la veillée
Sculpter bien patiemment de frêles anges ailés.
La crèche est toujours là, depuis que les petits …
Et voici qu’il sanglote, lui, si rude à l’ouvrage,
Redouté dans le temps pour son ire incendiaire.
N’aurait-il terrassé Satan et ses damnés ?
La hauteur du village, il l’a laissée derrière
Les bois sombres sont là, que diable du courage !
… les arbres avaient gagné depuis l’année passée …
Sous la haute futée, le voici à l’abri.
La dentelle de givre, que le vent froid déchire,
Se détache et s’effrite le long des murs laiteux
De cette cathédrale aux arcs majestueux.
Dans le cercle parfait d’une sylvestre ronde,
Un frêle épicéa tout de cristaux paré,
Dans son écrin de soie que la lumière inonde,
Semble lui dire : « Viens, te voici donc enfin ».
Sous son regard surpris, voici que du néant
Tout un groupe bruyant s’anime en un instant
La fête bat son plein et son vieux cœur palpite
Une place est pour lui et tous semblent l’attendre.
La table décorée aux couleurs du moment
De rouge, de doré, de fleurs agrémentées,
Déclare en rougissant : « je suis reine aujourd'hui ».
Voici que d'à côté bien des cris témoignent
Que l'instant solennel se passe à la cuisine :
D'actifs marmitons chargés de victuailles
Se croisent et se décroisent en subtile pagaille.
Qui enfourne langoustes et tendres canapés !
Qui songeur examine d'odorants aliments !
Qui charrie son panier le regard dédaigneux !
Fini cette froidure, le voici réchauffé ;
Ah bon Dieu que c’est bon ! Un brasier clair crépite
Il a enfin trouvé, il oublie de comprendre
Ces visages connus ressurgis du passé
Qui l’entourent, l’accueillent, l’interpellent gaiement …
Le linceul de l’hiver a assourdi les bruits,
Nul n’a jamais revu celui qui est parti,
Mais l’on surprend parfois, si l’on veut bien l’entendre,
Des rires et des chants dès qu’approche le temps
Où la fin de l’année voit la neige s’épandre.
Bon Noël à tous !
Henri Pull décembre 2008.
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Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
STRESS, comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens
STRESS, comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens, version polonaise
Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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