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261. Mon enfant n'arrête pas de dire non à tout... comme beaucoup d'adultes d'ailleurs !
 

Mardi le 26 mai, 2009



Cette étape incontournable dans le développement de l’enfant est difficile à vivre pour les adultes. Pourtant cette étape est décisive pour l’enfant : il sera en opposition par rapport à l’adulte avec lequel il a vécu jusqu’alors en symbiose. Cette étape, banale en soi et pénible à supporter par l’entourage, se résumera en une étape d’affirmation de soi.



Entre douze mois et trois ans le petit enfant franchira des étapes décisives de maturation psychologique : il abandonnera sa psychologie de bébé dépendant de sa maman pour celle de l’enfant en voie d’autonomisation.


Durant toute la période du maternage, du nursing, le bébé fait tout ce que sa maman lui demande : maman constitue sa source exclusive de bien-être ; nous dirons que le couple mère- bébé devient à ce stade une entité unique et fusionnelle.


Puis voici qu’arrive la période du « non » ou la période d’opposition qui signe en fait les premiers pas de l’enfant vers une identité propre : l’on dira qu’il cherche désormais à se distinguer de son entourage.


Dans un premier temps arrive le jour où il s’essaiera à dire « non » comme une tentative maladroite d’envol de l’oisillon et dans un deuxième temps le jour où il dira
« non » à tord et à travers, à la moindre occasion.


Ce jour là sera un jour déterminant : dans le « non » de l’enfant il faudra entendre j’existe en tant qu’être distinct de mes parents. Il revendique une place dans la microsociété familiale en maniant à la moindre entrave l’opposition verbale telle une arme redoutable d’affirmation de soi.


Ne prenons pas au pied de la lettre ces « non » réitérés et jouons la carte de la patience. Au « non » de départ qui fusera de façon quasi automatique succèdera un « oui » beaucoup mieux adapté aux circonstances.


Nous dirons que le premier « non » était pour lui une façon de s’interroger sur sa capacité à accepter l’ordre du plus grand.


Il finira par dire « oui » à partir du moment où il percevra le positif de la situation et sa capacité à l’accepter. Il vivra là un sentiment de pouvoir, celui d’accepter ou de refuser la suggestion d’un tiers.


Répondre à l’opposition enfantine par une opposition parentale correspondrait pour l’adulte à une descente dans la même cour de récréation que l’enfant en utilisant les mêmes armes.


Retenons qu’il s’agit d’une étape essentielle et non d’une carence éducative ou d’un simple caprice. Elle témoignera du bon cheminement de l’enfant vers une individualisation et une recherche d’autonomie naturelle.


Rassurez-vous, il ne faudra pas non plus tout accepter !


La négociation constructive sera de règle ; face au « non » sans nuance de l’enfant, nous devrons faire en sorte que notre propre réponse soit argumentée.


Regardons maintenant le comportement des « plus grands », de « ceux qui se prétendent adultes » face à l’étape du
« non » qu’ils n’ont pas dépassé dans leur petite enfance.


Ne voyons-nous pas dans certains pays la contestation faire partie du paysage quotidien que l’on soit en période d’expansion ou, plus douloureusement pour beaucoup, en période de récession ?


Qu’en est-il d’une société où la période du « non » perdure au-delà de l’enfance, où le « Ya-ka » et le « Y-fo-que » concernent toujours les « autres » ?


Qu’en est-il de cette catégorie de personnes qui ne voient que le « contre » au lieu du « pour», qui traînent des pieds du 1er janvier au 31 décembre pour aller aider ceux qui tirent la charrue à leur place, qui oublient de dire un simple merci aux aides « toujours insuffisantes » qu’ils perçoivent sans avoir jamais cotisé ?


Leurs parents « fantasmatiques » à démolir ou à contrer obligatoirement sont « les chefs », « les patrons »,
« l’administration avec ses organismes sociaux », bref, « les autres », leurs voisins et tous ceux qui pourraient un jour ou l’autre leur donner des directives qu’ils seraient obligés d’exécuter.


Le « non » jamais rangé ressort alors comme un diable dans sa boîte à la moindre contrainte s’appuyant sur les outils que sont : le fait de ne pas aller travailler en se faisant porter malade, le fait d’agiter le droit de grève au moindre coup de vent ou encore le fait de réclamer des droits sans jamais s’interroger sur les devoirs.


L’on dira que cette population sera de fait immature, psychologiquement proche des 3 ans, car elle n’aura jamais correctement négocié le « non » de la petite enfance et n’aura jamais accepté la possibilité d’être contrée par des limites indispensables au fonctionnement social pacifique et solidaire.


Avant de dire « non systématiquement » tournons sept fois la langue dans la bouche et … devenons plus matures !



Docteur Henri PULL.




Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .







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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.

 
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