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Après les jeux olympiques, nous verrons les jeux paralympiques
 

Mardi le 26 août, 2008




Après « les vrais jeux » ou présentés comme tels, voici proposés, du 6 au 17 septembre, les jeux réservés aux personnes présentant un handicap.



Il faut donc comprendre qu'il y a des sportifs de premier plan, les dieux du stade disposant de leur intégrité physique et des sportifs de second plan, ceux qui ont su vaincre leur handicap pour s'aligner au plus haut niveau, cette année à Pékin.


La couverture médiatique sera réduite, les spectateurs moins nombreux, les médailles gagnées assimilées par beaucoup à des breloques sans valeur alors qu'il faut bien le dire les jeux paralympiques concernent d'authentiques sportifs de très haut niveau.


Que le téléspectateur moyen n'en ait pas conscience, on peut le comprendre du fait de la discrétion de tels jeux.


Même les annonceurs ne se battent pas pour se disputer les panneaux publicitaires, les droits d'image atteignent des prix dérisoire: ceci est un signe de l'impact financier ou plutôt du sous-impact financier attendu par cette manifestation.


Et pourtant, qui ne connaît ou n’a dans ses proches une personne présentant des séquelles physiques, mentales ou sensorielles suite à un accident de la vie, suite à une maladie ou encore un accident génétique.


Le 24 août 2008, les jeux olympiques de Pékin ont fermé leurs portes, deux semaines après commenceront les jeux paralympiques.


En l'honneur de tous les athlètes sélectionnés pour cette prestigieuse épreuve, en l'honneur de la pugnacité qu’ils sauront montrer, je vous propose à tous ce texte :



Dis donc, t’es pas un peu fêlé(e), t’es pas un peu paralympique ?

Une vieille paysanne n’avait pour seule richesse que deux grandes jarres pour aller puiser l’eau.


L’une des jarres était fêlée, alors que l'autre, intacte, rapportait toujours dans sa panse rebondie une pleine ration du précieux liquide.


Chaque matin la femme allait au ruisseau, chacune d’entre-elles suspendue au bout de la perche qu'elle portait en balancier de part et d’autre du cou.


Au terme de la lente marche de retour, du ruisseau au logis, la jarre fêlée n'était plus qu'à moitié emplie d'eau.
Jour après jour, le manège se poursuivait au pas chaloupé de la vieille qui, de fait, ne ramenait chez elle qu'une jarre et demie d'eau.


La jarre intacte était très fière de la perfection de ses formes et de sa performance alors que l’humble jarre fêlée se sentait bien misérable de ne retenir qu’une demi-ration l’eau.


Alors qu'elles étaient près du ruisseau, après des années de ce qu'elle percevait comme un honteux échec, « la fêlée » humblement s'adressa à la vieille.


« J'ai honte de moi. Mon corps imparfait laisse l'eau s'échapper tout le long du chemin. Pourquoi me gardes-tu ?»


Etonné, le visage de la vieille s’éclaira d’un sourire ô combien malicieux.


« As-tu remarqué ces fleurs de ton côté alors qu’il n'y en a pas de l'autre? J'ai toujours su à propos de ta fêlure… », Dit-elle dans un murmure.


« J’y ai vu un signe et j’ai cru le comprendre. J'ai semé des graines de ton côté afin que chaque jour, lors du retour vers la maison, ton eau les arrose. Durant toutes ces années, saisons après saisons, j'ai pu ainsi cueillir ces superbes fleurs que je vends au marché et qui décorent ma table. Sans toi et ta fêlure je n'aurais pu avoir ces bouquets parfumés».


Une perle d’eau claire en larme attendrie s’échappa de la jarre, roula sur le long du col et se perdit dans l’herbe.


Chacun de nous a ses propres manques et ses propres fêlures par lesquelles s’écoulent les forces de la vie.


Chacune de ces particularités, chacune de ces imperfections et chacun de ces manques arrosent à notre insu les bas côtés de nos parcours.


Allons, salut à tous, nous sommes tous un peu fêlés, essuyons nos yeux!


Boiteux, blessés de la vie, artistes, poètes, distraits, originaux et autres imparfaits, que cette journée vous soit douce !


Prenez le temps de remarquer ces fleurs qui bordent votre chemin!



Pour ma part, je m’en vais de ce pas en cueillir quelques unes pour en faire un bouquet que j’appellerai différence, que j’appellerai tolérance, que j’appellerai destinée, que j'appellerai courage ou que j’appellerai tout simplement « La Vie ».


Et ce bouquet, ma foi, je le remettrai à tous ces athlètes qui auront mérité de gravir les plus hautes marches du podium olympique à la force de leurs muscles, de leur mental et de leur désir de vaincre.


Docteur Henri PULL





Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .







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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.

 
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