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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Jeudi le 29 avril, 2004
Le stade oedipien : version nocturne.
Mon enfant veut dormir avec moi très souvent … J’ai craqué, j’ai fini par accepter !
Les « exodes » nocturnes du lit de l’enfant à la couche parentale constituent des péripéties dont beaucoup se passeraient.
Les parents ont vu bébé devenir grand, autonome dans son lit, capable de « faire » toutes ses nuits sans biberons ni larmes et voici … patatras, le voici vers cinq, six ans et plus, revenir avec constance réclamer « asile » en cours de nuit auprès de maman ou de papa.
Nous évoquerons, là, la problématique d’un enfant en âge oedipien présentant des nuits difficiles.
Qu’il s’agisse d’une fille ou d’un garçon, l’enfant cherche inconsciemment – ici la nuit - à séparer maman de papa pour virtuellement prendre sa place et gagner l’amour du parent de sexe opposé au sien.
Accepter d’accueillir le jeune naufragé de la nuit dans le havre de paix représenté par la couche des parents résoudra temporairement le besoin de repos de tous mais en contrepartie ne fera qu’accréditer le bien-fondé de la démarche enfantine.
Ne se sentira-t-il pas ainsi investi d’un rôle fantasmé de partenaire sexuel ?
« Je suis l’amoureuse de papa ou l’amoureux de maman ! »
C’est dans cette tranche d’âge que se positionnera le complexe d’Oedipe.
Sous sa forme positive, il correspondra chez le garçon en un conflit existant entre ses tendances plus ou moins génitalisées à posséder sa mère pour lui tout seul, et la culpabilité qu’il éprouvera, pour ce faire, à souhaiter la disparition de son rival de père.
Sous sa forme négative, l’enfant s’attachera au parent du même sexe et manifestera un profond sentiment de rivalité pour le parent du sexe opposé.
Chez la fille, l’évolution vers le père se préparera au fil des déceptions dans ses relations avec la mère, avec principalement la prise de conscience de l’absence de pénis.
Le déclin du complexe d’Oedipe marquera l’entrée dans la phase de latence au cours de laquelle le développement sexuel subira un temps d’arrêt - ou même un temps de régression - correspondant à une décroissance de la poussée pulsionnelle, plus culturelle que biologique.
Renonçant à éliminer un rival gênant, l’enfant cherchera à s’identifier à lui.
Le refoulement des pulsions sexuelles, ménageant un terrain non conflictuel, favorisera les acquisitions éducatives, la vie en groupe, l’intérêt pour des activités susceptibles de lui permettre une construction positive.
L’introduction banalisée de l’enfant dans l’intimité du lit de l’adulte compliquera la maturation psychologique et affective en cours.
L’enfant ne dépassera pas le stade oedipien et verra son cheminement vers l’autonomisation et la découverte du monde gravement entravé.
L’enfant, de manière claire, doit avoir son propre lieu de repos, distinct de celui de ses parents. Il ne devra pas jouer le rôle, auprès d’un parent trop permissif ou tout simplement tourmenté par une absence de conjoint, d’un d’amour consolateur.
Il sera nécessaire de sécuriser l’enfant avant de le raccompagner dans son propre lit, d’en parler avec lui dans la journée et de l’aider à se rassurer par une veilleuse ou la présence d’objets transitionnels rassurants, véritables substituts affectifs.
Les peluches « câlines » auront ici leur mot à dire.
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La violence n’aura pas de place dans cette « pièce » nocturne aux actes souvent bien rodés.
Seules la fermeté raisonnée et l’explication cohérente seront à privilégier, vous l’aurez tous compris.
Docteur Henri PULL
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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