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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Jeudi le 30 juin, 2005
Les valeurs du « macho », le seul, le vrai, sont des valeurs éternelles !
Le mot Macho - "mâle" en espagnol -, se décline en français en "macho" et "machiste". À ses yeux, en véritable taurillon de village, il est là pour ensemencer les troupeaux meuglant, forcément soumis à sa souveraineté de mâle reproducteur.
Le trait principal du macho est d'être très attaché aux qualités qu'il considère comme "viriles", les siennes bien sûr : le muscle et la force physique quoi !
En tant qu’homme, c'est cette virilité qui justifie à ses yeux la supériorité qu'il estime avoir sur les femmes, ce sexe dit « faible ». En pratique, le macho juge qu'il s'abaisserait s'il partageait des tâches ménagères comme la cuisine, les courses, ou les soins aux enfants. Pour un machiste, toute tâche domestique, en authentique castration, lui ôterait toute virilité.
Après la virilité, il y a "l'honneur" qu'il invoque à tout bout de champ et qui l’oblige à entrer dans des simulacres de défis entre « hommes » au bistrot, à la maison lorsqu’il évoque son patron ou au volant de sa voiture.
"L'honneur", pour un macho, ça se résume en des règles simples : Se montrer inflexible, être aussi sensible qu’un roc, ne pas pleurnicher, n’avoir peur de rien, prendre possession du territoire en donnant de la voix, affirmer ses droits, bref être dominant face aux faibles dont les femmes, ces « pisseuses » comme disait régulièrement, entre deux explosions de colère, son père.
En amour, l'idéal du macho est de séduire « la femme » et d'en profiter, sans souci de partage et surtout sans s'attacher. Il est l’outlaw, le prédateur au cœur d’artichaut. Sa performance sexuelle se mesure uniquement du point de vue des critères masculins (l’abondance du tableau de chasse, l’endurance), et non des critères féminins (les préliminaires, l'attention pour l'autre, la sincérité, la franchise, le respect, la parole...).
Naît-on macho ou le devient-on ?
Cela fait à peine une génération que les comportements masculins ont commencé à changer et encore, pas sur tous les continents. La transmission familiale et sociale des rôles et places de chacun modèle les générations.
Même si on ne demande plus systématiquement à la petite fille de débarrasser la table ou de faire la vaisselle, perdurent encore dans la manière de les expliquer aux enfants, les spécificités masculines et féminines. « Un garçon », ça ne pleure pas, voyons !
Certains hommes deviennent machos justement parce que la société change. Ces changements ne conduisent pas encore à l'égalité des sexes, mais les bases machistes sont en train de bouger. Aussi, certains hommes, incapables de s’adapter à la perte de leurs repères, se rassurent en revenant aux modèles d'autrefois.
Dès qu'un individu a du mal à exister, à se faire respecter, à trouver sa place tant au travail que dans la famille il a besoin de se réaffirmer en renvoyant à l’entourage des signaux de virilité où s’entremêlent violence, adhésion à un groupe de semblables, sexualité conquérante, langage sexiste et sans nuance. Cela se retrouve dans les phénomènes de « bandes » ou de gang de jeunes marginalisés et désoeuvrés. Dans une société qui n’attend personne, où tout devient discutable, croire à nouveau en des rôles sexuellement différenciés permet à un homme sans repère de retrouver des marques qui le rassurent.
Les modèles anciens n'ont donc pas encore disparu…Du chef du clan « homo sapiens » au caïd des boîtes de nuit n’y aurait-il que l’épaisseur d’un poil de mammouth ?
Le macho sait ce qu'il a à faire. Il sait qu'il est un homme, un vrai, il regarde le sport, il va au boulot – d’ailleurs il n’y a que lui qui travaille dans cette boîte ! -, il drague des filles, il peut leur faire des remarques salaces, il boit de la bière avec des potes … Ces rituels caricaturaux sont bien identifiés, et le machisme a encore de beaux jours devant lui.
Le modèle actuel est le fruit de la société industrielle, où l'homme était le revenu principal de la famille. Son travail constituait le seul gage de survie de la maisonnée aussi avait-il droit aux meilleurs morceaux et à la soumission des siens.
Par ailleurs dans notre société pourtant éloignée de celle de l’homme de la préhistoire, « croissez et multipliez » reste d’actualité, d'où l'importance accordée au mâle reproducteur dans certains groupes sociaux et à la filiation par l’homme.
Docteur Henri PULL
La semaine prochaine, lisez dans ma chronique :
Tout sur le macho du XXI nième siècle.
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
STRESS, comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens
Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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