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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Jeudi le 31 juillet, 2003
UN NOURRISSON EST-IL NATURELLEMENT ANGOISSÉ ?
Les angoisses contribuent à assurer la survie du nouveau-né en suscitant chez lui des comportements d’alarme dès l’absence de la présence maternelle et la disparition du sentiment de sécurité qui s’y rattachait.
Ses cris perçus comme intolérables par le parent à portée d’oreille réclameront de façon impérieuse une intervention immédiate à la mesure de la détresse véhiculée.
Un enfant nouveau-né est un être doté d’une capacité de perception intuitive remarquable.
Chaque instant devient pour lui une occasion de découvertes et , à la différence de l’adulte, ses découvertes sont beaucoup plus « affectivement » investies.
Cet enfant en voie de construction, dispose de défenses plus ou moins solides pour contenir ses émotions ; une séparation le place en position de découverte et lui fait vivre la situation redoutée de l’abandon qui a pour lui l’avant-goût d’un péril majeur.
Ces angoisses de mort, d’abandon, de perte vont s’estomper au cours de la maturation pour laisser la place à des « défenses » psychologiques plus élaborées, capables de le rendre de plus en plus autonome, l’amenant vers une construction harmonieuse.
L’angoisse d’abandon, réactivée par la situation de séparation d’avec l’environnement familial, sera d’autant plus dramatique que l’enfant sera jeune, car non armé pour lui faire face.
La durée perçue par le nouveau-né prendra ici toute son importance, tant dans la gravité des conséquences de l’événement que dans l’intensité des angoisses qu’il traversera.
L’adulte préparé psychologiquement à une séparation d’avec son nouveau-né vivra malgré tout une inquiétude qui n’aura de cesse de faire revenir bébé dans ses bras. Cette inquiétude sera active, à visée réparatrice.
Il sera important que ce même adulte réfléchisse aux peurs que vivra en parallèle son tout petit afin de ne pas les aggraver ou tout au moins ne pas les compliquer.
Le nouveau-né en détresse ne trouvera pas de soulagement dans un quelconque comportement « raisonné ».
L’absence de défenses matures plongera l’abandonné dans un univers redoutable car sans nuance et sans protection élaborée capable d’interrompre ou d’amortir son malaise.
Le nursing ou le maternage trouvera ici sa place naturelle.
La tendance à répondre à de telles manifestations émotionnelles par la tétée sera inadaptée ; le conditionnement « j’angoisse, je mange » a, dans la majorité des cas, des origines liées à des conduites maternelles plus nourricières que rassurantes.
Le nursing parental adapté sera fait d’amour, de sécurité et lorsque le besoin s’en fera sentir de nourriture.
Il sera apte à subvenir aux besoins du nourrisson qui rassasié psychologiquement et physiquement s’épanouira.
Un nouveau-né connaît donc naturellement des peurs terribles qui ne seront pas sans lendemain si elles sont répétées et ne trouvent pas de réconfort de la part de l’entourage.
Savoir lui parler, savoir le rassurer et savoir ne pas lui transmettre nos angoisses d’adultes voici quelques clés pour le mieux-être de bébé.
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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