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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Vendredi le 05 septembre, 2003
Les peurs du jeune enfant de 3 ½ ans, en âge pré-scolaire.
« J'aimerais avoir quelques "trucs" ou moyens pour aider une enfant de 3½ ans qui a tendance à être très insécure face à des changements de routine ou des situations inconnues. Je voudrais justement éviter que ma fille devienne une adulte insécure chronique pour tout et rien. »
Danie
Le courrier de Danie me permet d’aborder aujourd’hui, les peurs l’enfant en âge pré-scolaire.
Tout enfant, de la naissance à l’adolescence, est un individu en état de découverte permanente, du lever au coucher.
Les situations nouvelles, qu’il n’aura pas appris à apprivoiser et à maîtriser, seront, pour lui, autant d’obstacles à analyser et à négocier.
Il réagira à ces obstacles, réels ou imaginaires, en utilisant les défenses psychologiques correspondant à son degré de maturation.
À trois ans et demie, les peurs extrêmes du nourrisson, peur de l’abandon, de la mort … s’estompent pour laisser place à des peurs phobiques comme la peur des animaux, la peur de certains insectes, la peur d’être observé par des étrangers, la peur du noir, la peur des maladies, la peur de l’eau, la peur des situations nouvelles et bien d’autres …
La nature de ses peurs, diverses et variées, se rattache au vécu inconscient de l’enfant et aux conduites des parents. Dans le mot, parents, j’inclus tous les adultes proches de l’enfant.
Les parents se surprennent à raconter des contes pas toujours tendres à l’enfant comme « le petit chaperon rouge », « les trois petits cochons », « le petit Poucet ».
Ces récits sont fascinants pour lui car ils collent parfaitement à ses peurs et à son agressivité défensive inconsciente qu’il met en place en écoutant.
Se sentant rassuré face au conteur, Il tue le Loup, Il chasse l’Ogre … en bref, il apprivoise sa peur au contact de l’adulte sécurisant et met en place des défenses dans un environnement tout autant sécurisant.
Dans la vie courante, l’enfant calque ses attitudes sur celles de ses modèles parentaux et finit par les faire siennes.
Par exemple, une maman qui manifestera une crainte excessive dès qu’elle rentrera dans une cabine d’ascenseur, transmettra sa peur à ses jeunes accompagnateurs. L’hésitation de la mère, qu’elle-même ne percevra pas toujours, sera finement interprétée dans l’inconscient de l’enfant comme un signal de danger. Devant cette situation, qu’il vivra comme dangereuse, il réagira par la peur, peur qui sera interprétée comme gratuite par la maman, mais qui sera, en fait, justifiée inconsciemment.
Que faire pour aider un enfant à surmonter ses peurs ?
Un enfant doit faire l’expérience de certains dangers.
Le couver, le surprotéger, vouloir tout faire à sa place, l’empêcheront d’apprendre à lutter contre eux.
Ces actes l’empêcheront de se rassurer tout seul, ils lui feront voir le monde comme une véritable « fosse aux lions » dès que Super-Maman et Super-Papa ne seront plus présents.
L’école sera bientôt là pour l’introduire dans un groupe du même âge , sans le parachute parental.
Lorsque une situation mettra l’enfant dans un état excessif de peur, il faudra pouvoir la dessiner, en parler sur le moment, afin de la démystifier pour ramener l’imaginaire terrifiant de l’enfant à une réalité beaucoup plus banale et sans risque.
Par exemple : Le monstre aux yeux brillants de méchanceté, sera ramené à la plus classique condition de chèvre.
Il ne sera pas judicieux de se moquer de l’enfant apeuré mais de rationaliser ce qui l’effraiera. Rire de lui, l’amènera à dissimuler ses craintes, à les sentir croître en lui et à les vivre douloureusement, à l’insu de tous.
Donner l’exemple en tant que parent en approchant l’objet de sa terreur, sera utile. Par exemple : caresser le cheval qui paraît si effrayant, observer l’araignée en la décrivant à l’enfant comme un être vivant extraordinaire, plutôt que crier avec lui et écraser l’arachnide d’un pied vengeur.
L’enfant peut vouloir éviter des situations, banales pour l’entourage, mais angoissantes pour lui ; il faudra progressivement le placer face à ses peurs afin qu’il les apprivoise, comme on l’a vu plus haut.
Les parents devraient être attentifs aux modèles qu’ils renvoient à l’enfant. Par exemple, une mère qui vivra dans la crainte permanente de l’agression ou de l’enlèvement, apprendra involontairement à son enfant à se méfier de tous et de tout.
L’imagination de l’enfant est très riche, aussi faudra-t-il veiller à ce qu’il ne voit pas n’importe quelle image et n’importe quel spectacle traumatisants pour lui.
Un jeune enfant qui s’installera dans « une routine » (mêmes habitudes, même environnement, même train-train …) démontrera par un tel comportement un état d’angoisse permanent, rendu gérable seulement dans un cadre connu, ne générant aucune inquiétude supplémentaire.
Casser la routine sera la première règle. Ne plus programmer très à l’avance, présenter l’imprévu comme une bonne surprise possible, observer ses propres agissements, en tant qu’adulte/éducateur/modèle, seront les règles suivantes à instaurer absolument.
Docteur Henri PULL
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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