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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Jeudi le 07 août, 2003
L'ACQUISITION DE LA PROPRETÉ
- Est-ce un dressage obligatoire ou un processus normal de maturation ?
L’acquisition des contrôles sphinctériens est un processus normal tant chez le primate que chez l’humain.
Cette acquisition, de jour comme de nuit, s’acquiert chez l’enfant au terme de la maturation du système nerveux central entre 28 mois et 36 mois environ.
Cette maturation neurologique autorise la perception de l’envie d’uriner ou de vider son intestin et permet la maîtrise des sphincters vésicaux et anaux .
L’enfant peut provoquer sa miction ou sa défécation tout en gardant un contrôle sur son exécution.
L’on comprend aisément qu’une bonne maîtrise de l’équilibre et une bonne coordination des bras et jambes soit indispensable avant de proposer à l’enfant de nager ou de faire du vélo ; pour la propreté il en est tout autrement dans l’esprit de bien des parents.
Vouloir accélérer son acquisition pour prétendre à l’inscription sur le livre des records - je me souviens d’une famille fière de mettre l’enfant au pot dès 9 mois - équivaudrait à ne pas tenir compte des étapes indispensables à franchir pour parvenir à cette maîtrise.
L’éducation de l’enfant au sein de certaines familles se centre dès l’acquisition de la marche ou dès 18 mois à la maîtrise des sphincters sur un mode de contrainte ou d’apprentissage actif.
Les notions de punition et de récompense auront ici inutilement leurs places.
Le dressage doit être considéré comme un leurre susceptible de masquer par la suite un développement dysharmonique.
En effet, l’acquisition de la propreté par dressage ne permettra pas à l’enfant de prendre pleinement conscience des sensations de plénitude urinaire ou fécale.
Il se pliera alors à un rituel popo-pipi-caca pour faire plaisir à ses proches en attente sans doute d’un miracle, sans réellement exécuter un acte naturel pour lui-même, sur indication de ses propres perceptions et ce pour en retirer un mieux-être physique.
Cette propreté chèrement acquise lui demandera une vigilance qui sera prise en défaut lorsqu’il sera absorbé dans une activité prenante.
Nous entendrons parler beaucoup plus tard d’accidents inexplicables, alors qu’il était réglé comme du papier à musique, lorsqu’il jouera, lorsqu’il sera à l’école ou lorsqu’il regardera ses cassettes vidéo...
Dans le monde rural d’autrefois, les enfants bénéficiaient de tenues vestimentaires plus en rapport avec leur degré de continence : culottes fendues ou robes sans sous-vêtements rendaient l’acquisition de la propreté moins urgente car les couches à nettoyer ou l’enfant à changer n’étaient plus un devoir pluri-quotidien et au-delà un achat coûteux.
Le pipi ou le caca était alors banalisé et essuyé jusqu’à ce que le contrôle sphinctérien soit opérant.
Notre société, bien que plus avancée techniquement, n’a en aucune manière le pouvoir d’accélérer les processus neurologiques et psychologiques de maturation pour des raisons de commodité et d’économie.
Le petit enfant devra avant toute chose avoir les outils pour ressentir le besoin, dans un deuxième temps il comprendra l’intérêt de faire ailleurs que dans sa culotte.
Je vous donne rendez-vous à la prochaine chronique pour mieux comprendre les répercussions d’une acquisition trop précoce de la propreté sur le devenir psychologique de l’enfant .
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
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Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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