L’encre à peine sèche, voici que traîtreusement elle nous lâche !
La doyenne de l'humanité, une Equatorienne de 116 ans, est décédée dimanche, moins d'un mois avant la date de son anniversaire sans doute avant le feu d’artifice du gâteau que ses proches attendaient.
Encore une, direz-vous qui n’a pas su « travailler » sur la durée.
- Sitôt nominées, voici qu’elles nous quittent; après tout cela laisse la place à d’autres diront certains esprits pratiques.
En décembre Maria Esther avait été proclamée, extrait de naissance en main, doyenne de l'humanité par le Livre Guinness des Records. Elle doublait sur la corde une Américaine, née le 15 août 1890, considérée jusque là comme « la mémé » de la planète. La Dauphine se trouve donc propulsée sous les feux de la rampe et aura l’insigne honneur - si l’impression du prochain Guide ne tarde pas trop - de voir son nom imprimé sur Le Livre des records.
Il faut dire aussi qu’il y a des arbitres: pas de contrôles anti-dopage mais des examens poussés des documents attestant de la réalité de la chose affirmée. De vénérables grand-mères (épaulés par d’ardents héritiers) prétendent à la couronne de « Miss avant, avant, hier », bref de « Miss dix neuvième siècle » munies de certificats douteux.
D’ailleurs personne ne viendra les contredire: les témoins sont tous bel et bien six pieds sous terre.
Maria Esther était née à Guayaquil, dans l'ouest de l'Equateur, le 14 septembre 1889, où elle vivait avec son fils et sa bru. Faut croire que le fiston ne doit pas être bien jeunot lui non plus.
Son mari était décédé en 1949, d’où l’explication de sa longévité: cela lui fit 57 ans de tranquilité diront les « acidulées du cœur ».
D’ailleurs, à ce jour, la personne la plus âgée dont la longévité ait été officiellement reconnue est la Française mademoiselle Jeanne Calment, décédée le 4 août 1997 à l'âge de 122 ans et 164 jours. Pensez, 122 ans et des poussières sans le souci quotidien d’une marmaille hurlante et …sans homme ! La présence constante d’un homme hypothèquerait-elle les chances de franchir les portes de la gloire en sucrant les fraises au-delà des délais communément admis?
De l’intérêt d’un guide Guinness des records à la pointe de l’info; pour les plus âgés il faudra mettre en place un service de veille pour ne pas être surclassé par dame nature qui referme le livre de la vie de façon si imprévisible.
Bien qu’à cent quinze ans et plus ce n’est plus un livre mais une saga.
Une nouvelle idée ? Un guide Guinness réactualisé en quasi permanence pour nominer le plus jeune de la planète. De quoi perdre la raison et rassurer les démographes!
Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.