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Quoi de neuf docteur ? Par le docteur Henri Pull psychiatre
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Jeudi le 08 janvier, 2004
Voir maman se faire battre par papa.
Les drames relatifs aux violences conjugales traités dans nos magazines n’accordent pas beaucoup de place à l’enfant pourtant psychologiquement toujours en première ligne.
Il sera victime lui aussi d’un traumatisme au moins aussi grave que celui que subira le parent battu.
Ce crime, souvent dissimulé et accepté par la mère* dans l’attente d’une hypothétique amélioration des relations du couple, aura des conséquences majeures chez les enfants témoins de ces scènes.
Une mère pourra faire bonne figure, tant auprès des voisins que de sa famille, mais ne pourra cacher à ses enfants les violences subies dans l’intimité du foyer.
Une graine sera semée et engendrera des troubles graves dans leur développement mental et les conduites qui en résulteront.
Voir maman se faire taper par papa : ça laisse des traces indélébiles !
Tous les âges sont sensibles à cette violence :
Le stress de la femme enceinte battue entraînera un stress intra-utérin chez le fœtus qui en gardera des séquelles comportementales, physiques et neurologiques dans beaucoup de cas.
Le petit enfant témoin de violences les partagera intensément.
Par la suite, il se montrera craintif ou dictatorial, hyperactif ou éteint, somatisera c’est à dire transposera sur un mode physique ses souffrances psychiques, présentera des troubles alimentaires, de l’humeur, du sommeil.
Il aura un développement mental dysharmonique, une croissance ralentie et souvent des conduites sociales décalées par rapport au groupe d’enfant du même âge.
Globalement les bleus de l’âme chez l’enfant ne resteront pas longtemps ignorés, même si maman s’est appliquée, vis à vis de tous, à faire comme si de rien n’était.
Tout au long de sa croissance l’enfant cherchera souvent à protéger cette mère « victime », il s’interposera en courant le risque de représailles physiques, sexuelles ou morales.
Le modèle paternel violent et dangereux représentera un facteur de crainte permanente, de stress omniprésent et à terme de dépression.
Souvent, à l’âge adulte, les enfants – victimes indirectes de ces brutalités - reprocheront à leur mère d’avoir, par sa passivité et son silence, favorisé une enfance instable, une adolescence perturbée et une image parentale désastreuse.
Plus tard, par mimétisme, le témoin de telles scènes cherchera à les reproduire, soit en jouant le rôle de victime, soit en étant à son tour un bourreau.
Dans les situations de violences conjugales, l’enfant, quel que soit son âge se sent en insécurité permanente.
Dire « je reste pour les enfants » est la pire des bêtises !
En faisant le choix de rester et ainsi de renoncer à quitter son conjoint dangereux, la mère se met en danger et avec elle ce qu’elle a de plus cher : ses enfants.
Docteur Henri PULL
* je dis « la mère » car le plus souvent le parent battu est la femme .
Auteur du livre Parents-Enfants / 200 réponses aux questions les plus fréquentes aux éditions Grancher .
STRESS, comment reconnaître et soigner vos 150 stress quotidiens
Le Docteur Henri Pull, psychiatre, psychothérapeute d’adultes et d’enfants, intervenant hebdomadaire radio France sur France bleu gironde, consultant pour des titres de presse écrite nationale et régionale.
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