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| Une majorité, pourquoi ? |
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Samedi le 13 septembre, 2008 |
Le PM Stephen Harper a vite commencé sa campagne électorale. Il l’a déclenchée avant la fin d’un mandat normal et réclame des Canadiens une majorité parlementaire à la Chambre des Communes. Son organisation est prête depuis longtemps et, dès le son de cloche du départ, le chef du Parti Conservateur du Canada s’est envolé pour sa première assemblée-promesse. Il reprend la stratégie de la dernière campagne qui l’a propulsé au pouvoir et fait une promesse par jour. Des promesses que l’on peut qualifier de petites politiques et qui coûtent cher. Elles ne sont conçues que pour cajoler une partie de l’électorat et l’amener à voter pour les candidats du PCC. Et ça marche ! Pourtant ces promesses n’ont rien à voir avec l’intérêt supérieur du Canada et des Canadiens et ne sont que des gestes de politiciens pour amadouer les électeurs.
Par contre, contrairement à la dernière campagne, Harper s’est aussi mis les pieds dans les plats, deux fois en trois jours. Particulièrement, en rapport avec des coups bas de son organisation politique envers son adversaire principal Stéphane Dion, le chef du parti libéral du Canada. C’est un autre exemple de petite politique…
J’ai été très actif en politique, particulièrement au niveau fédéral, et j’ai toujours défendu la thèse de l’importance d’une majorité parlementaire pour un parti au pouvoir. C’est nécessaire pour assurer que les grandes décisions essentielles au développement futur du pays ou à son unité soient prises, adoptées et appliquées. Mais mon appui à cette position se limitait à des partis politiques qui représentaient par leurs programmes l’ensemble de la population et se situaient au large centre du spectre politique canadien, tels le Parti Progressiste-Conservateur du Canada et le Parti libéral du Canada.
Je n’étais pas d’accord avec l’idée d’élire un gouvernement majoritaire NDP, trop à gauche, car je considérais qu’il dirigerait le pays vers un abime financier qui aurait nui au développement éventuel du Canada. Par contre, je souhaitais que le NDP soit bien représenté à la Chambre des Communes afin d'être en mesure d’influencer les députés de la majorité pour qu'ils acceptent des mesures sociales absolument nécessaires au bien-être des Canadiens, comme les soins de santé. Je n’étais pas, non plus, opposé à ce qu’il dirige un gouvernement minoritaire puisqu’il devait le faire avec l’appui des autres partis.
Aujourd’hui, j’espère que le Parti Conservateur du Canada, qui est favorisé dans l’élection présente, n’obtienne pas une majorité. Le noyau de personnes qui le dirige est trop à droite et ne représente qu’une facette des tendances politiques des Canadiens. Ce sont des « durs conservateurs » à la Bush. Un bel exemple, de ce qu’ils pensent, fut le débat sur la participation du Canada à la guerre d’Irak du temps du PM Jean Chrétien. Harper, alors chef de l’opposition, a critiqué le refus du PM Chrétien et du parti libéral, qui était majoritaire, de participer à cette guerre. Harper proposait que le Canada joigne la pseudo-coalition formée par le président américain. Où serions-nous aujourd’hui si Harper avait été au pouvoir au lancement de cette guerre maudite. Combien de jeunes soldats canadiens seraient morts, combien seraient blessés ou marqués pour la vie, combien cela aurait-il coûté au pays ? Et pourquoi ?
Non, il ne faut pas donner de majorité parlementaire absolue à ceux qui pensent ainsi. Ils ont démontré amplement, depuis les deux dernières années et demie de pouvoir, qu’ils ne la méritent pas. J’en ferai la démonstration lors de prochains textes.
Claude Dupras
Ps. Le PM Harper ne cesse de faire des efforts pour rehausser son parti sur le dos de l’ex-Parti Progressiste-Conservateur du Canada. Après la fusion de l’Alliance (ex-Reform party) avec le PPCC, il a refusé de garder ce nom (progressiste-conservateur) pour le nouveau parti parce qu’il signifiait une position politique trop centriste, selon certains observateurs. Depuis, Harper veut que ce nom soit oublié tout en s’accaparant du prestige passé des personnages de l’ex-parti. Ainsi, suite à la mort récente d’Erik Nielsen, ex-vice-premier-ministre Progressiste-Conservateur de Brian Mulroney, Harper l’a qualifié, dans son communiqué de sympathie, d’ex-ministre conservateur. Faux. Aujourd’hui, il vient de récidiver avec la mort de l’ex-sénateur progressiste-conservateur et célèbre constitutionnaliste Gérald A. Beaudoin en le disant ex-sénateur conservateur. Faux.
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