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| McCain et sa colistière |
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Dimanche le 31 août, 2008 |
John McCain, qui sera consacré cette semaine candidat du parti républicain pour l’élection présidentielle américaine du 4 novembre prochain, vient d’annoncer son choix pour le candidat à la vice-présidence. C’est une candidate, Sarah Palin, gouverneure de l’État d’Alaska. Elle a 44 ans et est diplômée en science des communications et du journalisme de l’université de l’Idaho en 1987. Elle dirige son État depuis deux ans après avoir été, durant quatre ans, mairesse d’une petite ville alaskienne où elle a fait sa marque.
Mariée et mère de quatre enfants, Sarah Palin est une personne intéressante, dynamique, sportive et engagée dans la communauté.
Ce choix est surprenant. Il n’est que politique car il est évident que cette personne, aussi talentueuse qu’elle semble l’être, n’est pas apte, à ce moment de sa vie, à devenir présidente des USA. Cette probabilité est grande puisque John McCain souffre d’un cancer de la peau, actuellement sous contrôle, pour lequel il a été opéré avec succès en quelques occasions. C’est le même cancer qui a emporté rapidement Robert Bourassa, l’ex-PM du Québec.
McCain a pris un risque. Il a choisi Sarah Palin pour satisfaire les « durs » conservateurs de son parti et les évangélistes qui hésitent encore à le supporter à cause de certaines de ses positions centristes. Pour les ramener au bercail, il a choisi une femme qui s’oppose au droit des femmes à l’avortement, est membre active du National Rifle Association qui favorise le lobby des armes à feu aux USA et est à droite du parti républicain. Ce n’est qu’un petit calcul politique qui ne tient pas compte de l’intérêt du pays. C’est ce que McCain a toujours reproché à ses adversaires de faire.
McCain n’a rencontré Sarah Palin qu’une fois et la désigne sa colistière. Il ne la connaît pas. Est-ce sérieux ? Lui qui crie sur tous les toits que son adversaire Barack Obama n’a pas l’expérience requise pour devenir le chef d’État américain, nomme une femme qui pourrait le devenir et qui n’est clairement pas qualifiée pour diriger le plus important pays au monde. D’un coup, sa critique, non fondée, sur Obama s’évapore.
De plus, si McCain calcule que son choix convaincra les femmes à le supporter et tout particulièrement celles qui ont appuyé Hillary Clinton, il se trompe. Les femmes ne votent pas pour une femme simplement parce que c’est une femme. Les « inconditionnelles d’Hillary » sont des personnes engagées, supportent le parti démocrate en grande partie à cause de ses politiques sociales et se situent au centre-gauche du spectre politique. Le geste de McCain est une insulte aux femmes dont il juge mal l’intelligence.
Le NY Times d’hier rappelle la décision de Walter Mondale qui fut candidat du parti démocrate à l’élection présidentielle de 1984 et qui pour chercher à gagner le vote des femmes avait choisi Géraldine Ferraro comme colistière malgré qu’elle n’était pas à la hauteur de la tâche. Mondale fut battu à plate de couture par Ronald Reagan qui gagna l’élection par 12% de majorité.
McCain regrettera sa décision irréfléchie.
Cette décision aide Barack Obama qui a démontré, dans son inoubliable discours d’acceptation de la candidature démocrate au congrès de Denver, qu’il est prêt à devenir le grand président que le monde attend impatiemment. De plus, son colistier Joe Biden, qui était mon favori lors de la lutte des primaires démocrates, est un homme aux qualités exceptionnelles. Il deviendra un grand président si jamais un malheur arrivait.
Avec Obama, une nouvelle génération prendra les commandes de la politique américaine. Ce sera bon pour nos voisins du sud, bon aussi pour nous et notre planète. Ce n’est pas trop tôt.
Claude Dupras
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Site "Le temps de Claude" : www.claude.dupras.com
Le blog de Claude Dupras : http://blogs.aol.fr/jclaudedupras/claudedupras/
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