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Une élection au Canada
 

Dimanche le 07 septembre, 2008


Les dés sont jetés. Nos irons aux urnes le 14 octobre prochain pour élire un nouveau gouvernement canadien.

Au départ, le Parti Conservateur du premier ministre Stephen Harper semble en meilleure position que les autres partis. Il est minoritaire actuellement et vise une majorité parlementaire. Le mérite-t-il ?

À mon avis, non !

J’ai toujours été progressiste-conservateur et j’ai appuyé Stephen Harper à la dernière élection. J’avais espoir que cet homme puisse amener le Canada sur un chemin de progrès et de paix. Le contraire s’est produit.

Je ne reprendrai pas ici les constatations sur l’évolution de la politique au Canada sous Harper, que j’ai élaborées dans des blogs précédents. J’y reviendrai durant la période électorale.

Mais de base, je ne peux pas accepter que le PM Harper ait changé le rôle de l’armée canadienne de maintien de la paix à guerrier. Chaque fois que j’apprends la mort d’un nos jeunes soldats dans cette guerre où nous ne devrions plus être, mon sang bouille.

Lorsque je constate que le surplus budgétaire de milliards de $ que nous avions, depuis tant d’années, s’est évaporé alors que nous étions le seul pays du G8 dans cette position, je suis choqué devant une si évidente mauvaise gérance des deniers publics qui entraînera selon les experts financiers un prochain budget déficitaire.

Depuis que j’ai appris qu’Harper a décidé de ne pas respecter la signature du Canada sur le traité de l’accord de Kyoto sur le réchauffement climatique, je suis peiné non seulement de l’image ternie qui en résulte pour mon pays dans le monde, mais surtout de constater que mon gouvernement refuse de travailler avec les autres nations pour faire face à ce problème majeur de notre planète.

Et comment ne pas être désappointé des agissements du PM Harper suite à la nouvelle loi sur l’imputabilité qu’il a fait adopter dès les premiers jours de son nouveau gouvernement, suite à sa promesse électorale, et qui devait assurer une transparence totale sur les actes des personnages politiques fédéraux. Il n’a cessé de tout cacher, de tout concentrer à son bureau de PM, de ne rien expliquer, de ne pas faire de conférence de presse et de refuser de collaborer au travail de plusieurs comités parlementaires où son parti était minoritaire. Qu’avait-il donc à cacher pour risquer de paraître comme un homme à deux faces ?

Il est surprenant de voir le PM Harper, après deux ans et demi de pouvoir, déclencher une élection avant la fin de son mandat après qu’il ait fait voter une loi rendant les élections fédérales obligatoires à dates fixes à tous les quatre ans. Il y a là un opportunisme évident. Les trois élections partielles du 8 septembre prochain, où la défaite du parti conservateur dans les circonscriptions électorales était prévue, sont de facto annulées. De plus, l’élection probable de Barack Obama, créera un remous politique au Canada qui sera contraire à l’esprit des politiques à la Bush du gouvernement d’Harper. Ce sont des facteurs qui auraient pu affecter les chances du parti dans une élection plus lointaine.

La campagne électorale des conservateurs sera une campagne d’images et d’illusions pour masquer la situation réelle. Dès le premier jour, Harper nous le démontre en annonçant qu’un francophone sera co-président de sa campagne électorale. C’est Bernard Lord, l’ex-PM du Nouveau Brunswick. Cette annonce ne vise qu’à cajoler les francophones du pays car Lord n’aura aucun pouvoir dans cette campagne puisque le comité organisateur de la campagne est en position depuis longtemps et que la stratégie, le financement, le recrutement des candidats sont des faits accomplis. Lord n’aura aucun impact, ni pouvoir. Ce n’est que de la poudre aux yeux !

Les partis d’opposition auront beaucoup à faire pour battre Harper. Les libéraux, avec leur chef Stéphane Dion, présenteront une bonne équipe de candidats prêts à gouverner. Ils ont le meilleur programme politique de tous les partis avec « le plan vert » qu’ils ont annoncé récemment et leur projet de « taxe sur le carbone ». Le malheur est que cette taxe est difficilement explicable puisqu’en partant l’électeur résiste à toute augmentation de taxe. En réalité, il y n’y aura pas d’augmentation puisque des réductions de taxes équivalentes viendront compenser les revenus de la taxe sur le carbone. Le défi des libéraux est de faire accepter cela par les Canadiens. Mission impossible… peut être !

Le Nouveau Parti Démocratique a le vent dans les voiles et pourra possiblement gagner un ou deux autres sièges au Québec. Mais il est voué à demeurer un parti d’opposition à la Chambre des Communes puisque sa base politique de gauche est limitée.

Les Verts auront de la difficulté à concurrencer le parti libéral qui vient jouer dans leur jardin.

Reste le Bloc Québécois au Québec. C’est lui qui peut empêcher Harper d’avoir une majorité. Il réunit actuellement la majorité des députés fédéraux québécois. Il représente une partie importante des tendances politiques des Québécois. S’il augmente sa majorité et empêche ainsi Harper de gagner de nouveaux sièges, il est possible que le gouvernement conservateur soit encore minoritaire le lendemain de l’élection. Le chef Gilles Duceppe semble en bonne forme et dénonce bien plusieurs facettes politiques de l’administration Harper. Les Québécois le suivront-ils encore ? Lui tiendront-ils rigueur de son manque de jugement lorsqu’il annonça vouloir quitter la politique fédérale pour poser sa candidature à la chefferie du Parti Québécois qu’il retira le jour suivant l’annonce qu’il briguerait le poste ? C’est possible. Duceppe et ses députés demeurent quand même de bons défenseurs des opinions des québécois francophones. Leur malheur est qu’ils sont séparatistes et par ce fait ne seront jamais partie d’un gouvernement fédéral. C’est à cause de cela que lentement, d’élection en élection, leur support s’érode.

La campagne électorale qui commence sera très importante car les enjeux sont primordiaux à ce moment-ci de l’histoire de notre pays. L’environnement, la santé, l’inflation, le chômage, la crise économique, la guerre et les affaires extérieures sont tous des créneaux qui méritent un bon gouvernement à Ottawa. À nous, Canadiens, de suivre de près cette campagne, de ne pas se laisser prendre par la publicité et les images que nous enverrons les partis mais de bien analyser les programmes de chacun, de juger les équipes qui s’offrent à nous et de ne pas oublier le passé.

Claude Dupras



Site "Le temps de Claude" : www.claude.dupras.com

Le blog de Claude Dupras :
http://blogs.aol.fr/jclaudedupras/claudedupras/

 
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