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| le troisième jeudi de novembre |
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Mardi le 11 novembre, 2008 |
Le Beaujolais nouveau Jour « J » : le jeudi 20 novembre 2008. à 00h00 précise. C’est le moment exact où les vins de primeurs de France seront mis en vente et pourront être servis et dégustés. - Il y a une trentaine d’années, à cette même époque, un peu partout dans le monde et au Québec en particulier, on assistait à une course effrénée pour se procurer une ou deux bouteilles de « vin nouveau » (entendre du beaujolais primeur).
Comme les temps ont changé! On ne fait plus la course, même que les achats de la SAQ sont passés de plus de 25 000 caisses, dans les années 1980, à 2 000 caisses de beaujolais, cette année (On dit qu’il y en aurait autant de vins italiens).
En 1977
J’ai été de presque toutes les fêtes du vin nouveau depuis les débuts, à Québec. Pour mémoire, je rappelle que c’est en 1975 qu’eut lieu la première fête aux vins nouveaux au Québec. On le faisait depuis longtemps, ailleurs, dans le monde. Pour ma part, en 1977, j’ai eu à proclamer l’arrivée du BEAUJOLAIS NOUVEAU, en deux occasions le même jour du mardi 29 novembre. Une première fois, à 13h au restaurant Le Rabelais dans l’escalier du « Casse-cou » puis à 18h au restaurant L’Ancêtre de la rue Couillard, propriété de Hervé LaBarre. En ces deux occasions, j’ai eu à « haranguer la foule en délire », assoiffée de goûter ce produit nouveau pour nous, le beaujolais primeur.
Dans le livre « Bacchus m’a raconté, que j’ai publié en 1998, j’avais reproduit quelques uns des textes qui m’avaient servi, au fil des années, pour faire « la proclamation » du vin nouveau.
Voici une partie de mon prêche pour l’occasion, en 1977 :
« Il y a, sur cette primeur, des lignes et des lignes,
Dans les livres et bouquins qui traitent de la vigne.
Il y en a, comme on sait, qui sont contre. D’autres pour .
C’est vrai qu’il en est du vin comme de la femme,
Quelques-unes allument tous les feux, d’autres éteignent la flamme.
Mais ni de l’une ni de l’autre, je ne saurais me passer.
Beaujolais nouveau,
Beaujolais primeur,
Vin frais, sorti du caveau,
Vin doux à mon cœur.
Tu es gouleyant et parfait,
Aimable, glissant, désaltérant.
Tu dois toujours être servi frais,
Vin rouge agréable si séduisant…
Et aujourd’hui?
Qu’en est-il, en 2008, plus de trente ans plus tard? L’intérêt n’y est plus, la fête a perdu du panache, les restrictions légales demandent la prudence et… les commentaires des chroniqueurs en vin, souvent très (trop) sévères, tout cela fait que l’arrivée du vin nouveau, que ce soit du beaujolais ou du vino novello laisse la plupart des gens dans l’indifférence.
Pourtant, comme l’écrit Nicole Barrette Ryan dans son éditorial du magazine VINS ET VIGNOBLES, à propos du mois de novembre consacré au beaujolais nouveau : « Ne boudez pas votre plaisir, ne soyez pas blasés. Si vous étiez à Paris ou à Lyon, vous vous laisseriez tenter, alors pourquoi pas au Québec?… Quelle meilleure façon de chasser la grisaille et la tristesse de cette fin d’année 2008! À votre santé! »
Qu’est-ce que le beaujolais nouveau?
C’est un produit vinifié grappes entières (procédé unique en Beaujolais). La cuvaison dure de 4 à 5 jours durant laquelle se produit la fermentation alcoolique; par la suite, les raisins sont pressés puis sont soumis à la fermentation malo-lactique en vue d’assouplir le vin et de le rendre moins acide.
Le décret accordant l’appellation « beaujolais nouveau » a été promulgué le 12 septembre 1937. Le vignoble, en son entier couvre 16 000 hectares comprenant deux appellations, le beaujolais générique et le beaujolais villages. La production moyenne est de 450 000 hl soit 60 millions de bouteilles par année, c’est environ 1/3 de toute la production.
Cette année
Selon Raymond Côté de « Beaujolais-Québec » la SAQ a commandé 2 000 caisses de beaujolais, cette année, des maisons Duboeuf, Mommessin et Colin-Bourisset. Un communiqué de Inter Beaujolais estime que « la récolte s’est déroulée dans des conditions climatiques idéales. En volume, les vendanges 2008 s’annoncent particulièrement faible avec 800 000 hectolitres contre une moyenne d’un million en temps normal. » Les premières appréciations, toujours selon le communiqué, sont à l’effet que les vins seront aromatiques, avec une dominante de fruits très marquée, tels la framboise et le cassis, avec des notes de pêche et une belle palette d’arômes gourmands ».
Ça promet… on a presque hâte au 20 novembre pour suivre le conseil de Nicole Barrette Ryan, rédactrice en chef du magazine Vins et Vignobles où elle écrit : «Avec un peu d’imagination, on peut facilement recréer l’ambiance d’un bistrot français, avec pot-au-feu, pieds de cochon, ou tout simplement un bon saucisson… » – (Au fait, dans le numéro présentement en kiosque, Vins et Vignobles présente quelques belles pages sur le beaujolais – procurez-le-vous).
C’est ce que je nous souhaite, dès la semaine prochaine.
Salut!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec,
Maître-Compagnon du Beaujolais.
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