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Jean-Gilles JUTRAS
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Mardi le 11 janvier, 2000

C’est une question souvent posée aux personnes qui font montre d’un intérêt particulier pour le vin :«Comment devient-on amateur de vin?». Dans certaines parties du Québec, on connaît assez bien des chroniqueurs, des animateurs de groupes de dégustation et des présidents d’associations bachiques; mais dans d’autres régions de la province, il y a une vingtaine d’années, peu de gens faisaient profession de promouvoir la connaissance et l’appréciation du vin.

En Europe et aux États-Unis, de nombreuses personnes consacrent leur vie, et la gagnent, grâce à la vigne et au vin. Au Québec, rares sont celles qui peuvent prétendre en faire autant, même si on compte de plus en plus de personnes intéressées par le vin.

Il y a une quarantaine d’années, il n’était pas courant de consommer du vin. On peut estimer que c’est après la deuxième grande guerre, vers les années 50 qu’on a commencé à s’intéresser au produit de la treille. En même temps, des «précurseurs», comme Gérard Delage, Roger Champoux et quelques autres dont Charles Tonneau, Jules Roiseux, H. Robitaille, Pierre Saint-Aubin, pour ne nommer que ceux-là, ont fondé des associations gastronomiques et vineuses qui, au fil des ans, se sont multipliées.

Ces groupes et amicales ont largement contribué à l’éducation aux plaisirs de la table et de la dive bouteille et les personnes nommées plus haut, et d’autres qui ont suivi leur exemple, initiaient les personnes intéressées à l’art du bien boire et du bien manger, en même temps que commençaient, dans les journaux et autres publications, des chroniques régulières sur les arts de la table.

Les Québécoises et les Québécois voyagent de plus en plus et visitent des pays producteurs de vin. Si tous n’ont pas fréquenté des vignerons ou des négociants, la plupart des voyageurs ont appris à goûter le vin et à en demander à leur retour. D’abord à la «Commission des Liqueurs» puis, un peu plus tard, à la «Régie des Alcools» et enfin, de nos jours, à la «Société des Alcools du Québec» dite, couramment, la SAQ.

Pour ma part, mon expérience m’a permis de constater que lorsque des femmes et des hommes se retrouvent autour de bonnes bouteilles, pour en causer et en deviser joyeusement, on ne retrouve aucun sentiment d’agressivité. J’en conclus que bonne table et vins délectables peuvent être source de bonnes relations humaines.

Pourquoi ne conviendrait-on pas que le vin est agent de PAIX? S’il réjouit le cœur de l’homme et rend les femmes heureuses, le vin serait aussi élément de compréhension et de rapprochement. En un mot, le vin est un excellent stimulateur de fraternité et d’amitié.

Au tout début de l’an 2000, prélude au 21e siècle et au 3e millénaire, propageons l’idée que la consommation modérée du vin, excellente pour la bonne santé, comme on en a maintenant la preuve, pourrait aussi être facteur de fraternité!

Peut-on SE souhaiter cette grâce? Allons enseigner la bonne nouvelle.


Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@microtec.net


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