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Jean-Gilles JUTRAS
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Des fûts et des bouteilles


Mardi le 01 mars, 2005

Jusqu’au 18e s. en France, les négociants livraient leurs vins dans des quartons ou des pots. Les détaillants, taverniers ou autres, fournissaient eux-mêmes leurs contenants : pots, mesures, brocs ou cannes (d’une capacité de 16 à 20 litres) etc. Ce n’est qu’à l’époque de la Renaissance qu’on a commencé à faire venir des bouteilles de verre d’Italie, car ce n’est que vers 1720, que les premières boutiques où on soufflait le verre pour en faire des bouteilles, apparurent en France.

Au tournant du 19e siècle « on signalait les formes spécifiques de bouteilles : ‘champagne, bourgogne, frontignan ‘ toutefois, on constate que ces
bouteilles n’offraient pas des capacités constantes. Dans le Dictionnaire du vin,
édition Sesame, 1988, on note « les contenances suivantes pour les bouteilles bordelaises : grand frontignan, 74 à 76 cl (740 à 760 ml)
moyen frontignan, 72 à 74 cl.
petit frontignan, 68 à 70 cl.

Diverses capacités

Depuis 1979, selon des directives de la CEE, la capacité des bouteilles est normalisée, partout en Europe. Toutes les bouteilles, sauf de rares exceptions contiennent 75 cl. Par contre, on écrit ce chiffre de plusieurs façons,
selon l’endroit, on écrira 750 ml, ou 0,75l. etc.

Avant cette date de 1979, on trouvait, notamment en France, des bouteilles de Bourgogne, incluant le Mâconnais, à 80 cl – En Anjou et dans le Bordelais, c’était déjà 75 cl et les demi-bouteille 37,5cl. En Champagne, comme dans le bordelais, la bouteille contenait 80 cl mais le médium 60 cl , le demi 40
et le quart 20. Il est certes plus pratique que les bouteilles aient une capacité identique, ce qui facilite le calcul lors de grand concours de personnes, sachant qu’on peut servir 6 à 8 verres à la bouteille.

Exceptions

Le clavelin, bouteille exclusive pour le vin jaune du Jura et le château-châlon, contient 620 ml. Au fait, précisons 620 ml, c’est ce qui reste de vin, sur un litre, après les 6 ans obligatoires de la vinification du vin jaune..

Tous les grands formats de la Champagne, du Bordelais ou d’autres régions et pays, pour des produits hors du commerce régulier, ainsi qu’on le verra plus loin, sont acceptés, mais pour des occasions bien spéciales. Voici ce que je trouve dans l’Encyclopédie des vins & des Alsools de tous les pays, par Alexis Lichine, éditions Robert Laffont, collection « Bouquins ».

La législation européenne a définitivement harmonisé les volumes des bouteilles de vin. Sont à présent retenus les volumes suivants : (NOTE : Lichine écrit en centilitres, pour comprendre de quoi il parle au Canada, il faut ajouter un « 0 » pour obtenir des millilitres, exemple : 20 cl = 200 ml – 75 cl = 750 ml)
:
10 cl
20 cl pour le champagne
37,5 cl appelé demi-bouteille
50 cl de plus en plus utilisée en restauration, notamment
62 cl clavelin (voir plus haut)
75 cl bouteille régulière à peu près partout dans le monde
100 cl
150 cl magnum (deux bouteilles)
250 cl Marie-Jeanne (n’a plus cours sauf rares exceptions)
300 cl Double magnum – 4 bouteilles
500 cl Jéroboam, dans le Bordelais ou 6 b.
600 cl Impériale dans le Bordelais (8 b.)
600 cl Mathusalem, en Champagne
900 cl Salmanazar, en champagne, très rare
1 500 cl Nabuchodonosor, en Champagne fait en de très rares occasions.

Certains de ces formats se retrouvent aussi dans d’autres pays. J’ai vu, l’été dernier, une bouteille de 5 litres de Col-di-Sasso, Banfi, i.g.t. Toscana 2002. - (10268991 – 112$)

Et les futailles?

Un foudre (masculin) est un immense fût pouvant atteindre 1 000 litres et plus. Ces immenses contenants ne servent qu’à l’entreposage. Il y a certains mots ou termes utilisés par les viticulteurs ou négociants, pour désigner des contenants de vins.
pièce : Beaujolais, Bourgogne = 216 litres
feuillette : demi-pièce
barrique : Bordelais, fût le plus courant contenant 225 litres (donne 24 caisses de
12 bouteilles chacune)
tonneau : équivaut à 4 barriques (900 litres) donnera donc 96 caisses.
½ barrique ou feuillette : 112 litres
queue : en Bourgogne, 456 litres – en Champagne : 216 litres, Une demi-queue,
en Champagne, contient 108 litres.

Les pièces, en Loire, ont des capacités variables : 220 env. en Anjou, 225, en
Saumurois

Il est fascinant de lire les mots utilisés dans les diverses régions de France, pour désigner les fûts et autres contenants. Comporte, setier, barral, quart, quart-botte (Beaujolais), quart de muid ou demi-feuillette, poinçon, quartaut, pipe, barbantane, tierçon, botte, muid, queue, comme vu précédemment… Il y en a encore beaucoup, mais est-ce si utile pour bien apprécier le vin?

Ce que nous utilisons le plus souvent, n’est-ce pas la bouteille et le verre?

À votre santé

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec


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