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Jean-Gilles JUTRAS
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Histoire du vin... suite (3)


Mardi le 13 février, 2001

Pour bien connaître quelque chose, il faut lire, se documenter, discuter, causer, mais surtout, «pratiquer». Pratiquer le vin, c’est, vous vous en doutez, déguster. C’est donc par la dégustation et la comparaison qu’on peut le mieux apprécier le vin.

On a vu, il y a quelques semaines, que «les humains devenus sédentaires ont commencé à cultiver toutes sortes de végétaux pour se nourrir». On selon bien des auteurs, la vigne serait une des plus anciennes plantes qui poussent sur terre. Elle serait apparue à l’ère tertiaire, soit plus de 70 millions d’années. Sachez qu’on a retrouvé des traces de vignes en Alaska, en Islande, au Groënland, au Japon, aux États-Unis, en Angleterre et, évidemment en France et autres pays d’Europe de l’Ouest et de l’Est.

L’Université de la Sorbonne possède une vigne fossile «vitis sezannensis». En 1870, des fouilles ont révélé une découverte extraordinaire, près de Cézanne, dans le département de la Marne, en Champagne. Il s’agissait d’un fossile de cep de vigne de plus de 50 millions d’années. (Vous vous rendez compte?)

Il semblerait cependant que cette vigne n’aurait pas produit de raisins vinifiables. Il faut savoir, en effet, que tous les raisins ne produisent pas nécessairement du vin. On n’a qu’à se rappeler les raisins qu’on retrouve dans nos fruiteries; on ne pourrait en tirer du vin. – Autre découverte, près de Montpellier, où on a mis au jour, admirablement conservées des empreintes de sarments, de feuilles et de vrilles dans des tufs du quaternaire inférieur.
LA VIGNE

Quelle que soit la variété, la vigne, à l’état naturel, est un arbrisseau à tiges sarmenteuses et grimpantes. Cette vigne appartient au genre VITIS qui comprend une quarantaine d’espèces. Le terme «vitis» désigne le genre de plante comme la vigne. On décompte une soixantaine d’espèces de «vitis». La vitis vinifera est considérée comme la seule espèce produisant du vin digne de ce nom… En Amérique, on trouve la vitis riparia de même que la vitis lambrusca et quelques autres.

Depuis le temps qu’on cultive la vigne sur la terre, elle a subi de nombreuses transformations. Imaginez-vous voir deux hommes portant une grappe «monstre». C’est ce qu’on rapporte dans la bible où il est question de cette énorme grappe qu’aurait reçue Moïse de la part de deux explorateurs qu’il avait envoyés à Chanaan. On a la preuve aujourd’hui qu’au temps de la préhistoire, on aurait pressé du raisin pour en extraire le jus et que dès lors, la fermentation était inévitable et le liquide alcoolique était né. Des savants prétendent que cet événement serait survenu il y a environ 100 000 ans.

Michel Dovaz, œnologue réputé, a publié vers 1985, «Le Livre du Vin», dans lequel il écrit que l’on a découvert sur les lieux même de l’origine de l’humanité, soit entre la Mésopotamie, l’Arménie et le Nil, des jarres ayant contenu du vin, entre les 4e et 5e millénaires avant Jésus-Christ. Michel Dovaz estime, dans son bouquin, que les vins d’alors ne ressemblaient en rien aux vins produits de nos jours. Les consommateurs d’aujourd’hui exigent que «les vins soient gouleyants, souples, faciles, sans surprise, standard, sans amertume, sans tanin apparent, sans trop de mâche, fins, subtils mais parfois fluets et aphones… » En d’autres mots, les vins d’aujourd’hui seraient raffinés et aseptisés au point de perdre une bonne partie de leur personnalité.

À suivre…


Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca




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