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Jean-Gilles JUTRAS
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Histoire du vin, suite...(4)


Mardi le 13 mars, 2001

Ces ceps de vigne antiques, dont il fut question dans «Histoire du vin (3)» il y a un mois environ, s’ils étaient laissés à eux-mêmes, ne donneraient pas grand chose. Comme tout végétal non dressé et cultivé, la vigne serait presque improductive. On sait que le travail humain est absolument nécessaire pour domestiquer et dresser la vigne – n’en est-il pas ainsi, d’ailleurs, pour tout ce qui vit sur terre?

Vous vous rappelez que pour faire du bon vin, quatre éléments doivent agir de concert :
le ou les cépages – variété de raisin
la nature du sol et du sous-sol (notion de terroir)
les conditions atmosphériques et climatiques au cours du cycle végétatif
le travail humain à la vigne et dans la cave.

Il faut se rappeler que tous les cépages ne sont pas nécessairement aptes à fournir des raisins vinifiables. On pense aux raisins offerts, de nos jours, dans les fruiteries: n’essayez pas d’en tirer quelque boisson honnête que ce soit… Par contre, les bons cépages ne fournissent de bons vins que sur des terroirs dûment sélectionnés pour leur nature propre.

On sait d’expérience que le gamay qui fait d’excellents beaujolais, dans le sud de la Bourgogne, ne donne pas de bons résultats en Côte d’Or. De même, s’il n’est pas permis de cultiver du pinot dans le Bordelais, c’est qu’on est certain qu’on n’en tirera pas un bon vin, pas plus d’ailleurs que le cabernet sauvignon donnerait un produit acceptable en Bourgogne. Il est reconnu que les bons cépages donnent le meilleur d’eux-mêmes sur leurs terroirs de prédilection.

D’autre part, un bon «millésime» (année de vendanges et de production du vin) tient aussi ses qualités de l’environnement de température, de pluviosité et d’ensoleillement. Le climat a donc une grande importance, d’autant plus que l’homme n’en a aucun contrôle.

Le travail des vignerons consistera à contrer les «ennemis» de la vigne qui sont nombreux. Que ce soit les attaques d’animaux prédateurs ou des accidents climatiques, physiologiques ou biologiques auxquels la vigne est en butte, l’homme doit surveiller tout ce qui peut affecter le bon rendement de ses vignes. Il doit, de même assumer la responsabilité de la vinification depuis le pressurage jusqu’à la mise en bouteilles.

Comme l’écrit un auteur anonyme : «En ce qui concerne les meilleurs vins, ces conditions ne sont pas suffisantes… on le constate la différence en importante entre les meilleurs vins et ceux simplement honnêtes…. Ni miracle ni fait du hasard, un grand vin est assurément un prodige!».

QUELQUES STATISTIQUES

Même si ça ne rend pas nécessairement le vin meilleur, certains aiment bien avoir quelques données relativement à un produit que de plus en plus de gens découvrent et apprécient.

Ainsi, selon des chiffres publiés il y a quelques années par l’Office international de la Vigne et du Vin (O.I.V.), la superficie consacrée à la vigne dans le monde serait d’un peu plus de huit millions d’hectares. Cette superficie n’est pas répartie également selon les continents parce que la vigne ne pousse qu’entre les 35e et 50e parallèles de l’hémisphère nord et entre les 30e et 40e de l’hémisphère sud.

On y reviendra. Bonne semaine!

Jean-Gilles Jutras,
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca


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