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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 13 septembre, 2005
Voici le 33e chapitre de « mon histoire du vin ». Je constate que le terme ‘histoire’ n’est peut-être pas adéquat, mais je continue à l’utiliser. Aujourd’hui, on continue notre visite de l’Italie, commencée il y a quelques semaines. On arrive dans une région parmi les plus généreuses de la péninsule.
LA TOSCANE
Dans son excellent livre « Guide pratique des vins italiens », Jacques Orhon écrit : « Ce n’est pas un chapitre mais un livre que je devrais consacrer à la Toscane », Et il a bien raison, car mis à part les vins agréables qu’on y produit, la Toscane offre une histoire merveilleuse et animée, une architecture diversifiée, la terre rouge (terra cotta) est omniprésente et de très beaux sites, comme Florence, Sienne, Pise et le fameux fleuve Arno qui a souvent causé de graves dégâts lors de crues intempestives.
Je ne résiste pas à vous transcrire quelques lignes de ce qu’a écrit Jacques Orhon : « Si je devais décrire en trois mots cette magnifique région d’Italie,… ce serait vignes, oliviers et cyprès ». L’auteur fait un peu d’histoire, en rappelant le rôle des Étrusques, qui ont planté la vigne, plusieurs siècles avant notre ère, puis celle des Romains qui eurent une influence considérable sur l’économie viti-vinicole. Par la suite, d’autres civilisations plus ou moins favorables se sont succédées dans cette province italienne alors autonome.
Car, selon l’histoire, ce sont les Médicis qui ont fait beaucoup pour revitaliser la Toscane, en favorisant son unification au 15e siècle. C’est durant cette période que l’on dessina les différentes zones du vignoble toscan.
La vigne et le vin
La Toscane, on le sait, se targue d’être la patrie du CHIANTI, sans doute un des vins parmi les plus connus dans le monde, avec le châteauneuf-du-pape français. La région de Chianti est divisée en zones dont la plus renommée est celle du chianti classico, j’incline à admettre, avec d’autres, que ce serait un des meilleurs vins italiens, en tenant compte, cependant du producteur. Le chianti est élaboré différemment, selon les maisons : il peut être le résultat d’assemblages plus ou moins importants, comme une forte proportion de sangiovese (90%) associé au canaiolo nero, au cabernet sauvignon et parfois même à certains cépages blancs.
Il faut l’admettre, la qualité n’a pas été toujours la préoccupation des producteurs. Heureusement, aujourd’hui, la réglementation est plus rigoureuse et certains responsables ont eu une influence importante pour redresser la situation. C’est ainsi qu’on a procédé à la plantation de cépages autres que les traditionnels italiens même s’ils sont excellents, c’est ainsi que les cabernets, merlots, chardonnays et sauvignons sont venus rejoindre les cépages autochtones, tant pour les vins rouges que pour les blancs.
Comme dit plus haut, il y a plusieurs zones et appellations du chianti même si, en principe, le classico est celui qui est reconnu comme le plus intéressant. Il y a donc :
Chianti colli aretini
Chianti colli florentini
Chianti colli senesi
Chianti colline pisane
Chianti montalbano
Chianti rufina
La SAQ offre parfois des vins de certaines de ces régions comme ‘colli florenti’ ou ‘rufina’ mais c’est surtout les chianti classico qui sont offerts par dizaines. Toutefois, avec Jacques Orhon, je vous mets en garde contre le fait que tous les « classico » ne soient pas d’égale qualité… Soyez prudent dans vos choix.
On trouve aussi en Toscane, d’autres vins intéressants : carmignano rosso, brunello di Montalcino, vino nobile di Montepulciano. Enfin, comme dit plus haut, c’est en Toscane qu’on trouve les plus grands «vins de table» italiens, aujourd’hui identifiés par la désignation « indicazione geografica tipica ou I.G.T. qui veut dire, bien sûr indication géographique typique ou en d’autres mots indication typique d’un lieu de production, c’est, en quelque sorte, le « vin de pays » qu’on trouve en France.
. Enfin, c’est en Toscane qu’on produit un vin très particulier, le VIN SANTO qui a quelques ressemblances avec les xérès, les vins jaunes du Jura et autres semblables. Même si on en fait aussi en Ombrie et ailleurs, c’est celui de Toscane qui me paraît le plus intéressant où on le prend au dessert avec les petites biscottes aux amandes, les cantucci.
Le vin santé est et a toujours été le vin de l’amitié, de l’hospitalité, selon le guide des spécialités agroalimentaires d’Italie. « Encore aujourd’hui, les méthodes utilisées sont celles d’autrefois, allant du choix des meilleures grappes jusqu’à la flétrissure, du lieu de conservation jusqu’à la longue maturation dans de petits fûts appelés ‘caratelli’.
OMBRIE – LATIUM – ABRUZZES – CAMPANIE
C’est le centre-sud de l’Italie, le Latium étant la province de Rome, les autres régions l’entourent. 80% de la production de L’Ombrie est blanche, dont torgiano bianco, orvieto, ce dernier parmi les plus populaires. Même petite en superficie, l’Ombrie est importante quant à sa viticulture.
L’Ombrie ne voit pas la mer, c‘est d’ailleurs une des seules régions a être ainsi privées de la proximité de la mer, même si le Tibre est tout près. Cependant, 90% de sa superficie est occupée par la végétation, la forêt et l’agriculture.
Le Latium fournit aussi bon nombre de vins blancs, comme le frascati, zagarolo et le légendaire Est! Est!! Est!!! Les Abruzzes est la région où on produit le montepulciano d’Abruzzo, et le trebbiano. Un connaisseur écrit à propos des Abruzzes : «Cette région produit peu mais bien et mériterait une plus grande notoriété». C’est en Campanie, voisinant le Vésuve, qu’est produit le lacryma christi, ici, il ne s’agit pas d’une appellation, mais plutôt d’une indication sur l’étiquette, l’appellation est plutôt vesuvio; on trouve aussi le fiano di Avellino et autres.
Au sujet de Est! Est!! Est!!! certains prétendent qu’un évêque allemand, en visite à
Rome, aurait dépêché un domestique pour découvrir les meilleurs tables et surtout là où
on servait de bons vins. Le serviteur devait écrire le mot «EST» qui veut dire : «le vin
EST bon…». Or, selon l’anecdote, à une porte d’établissement de restauration, le
serviteur enthousiaste aurait écrit « Est! Est!! Est!!! » tant il fut enchanté par ce qu’on
servait à cet endroit. On peut lire une autre version, un chapitre de «Bacchus m’a
raconté» (éditions Anne Sigier)
Les Abruzzes
Toute petite région où on produit surtout des vins de consommation courante. On a découvert, au Québec, il y a un an ou deux, quelques vis des Abruzzes qui en ont réjoui plus d’un. Je pense, entre autres au fameux « CITRA » vendu en litre à 9,65$ qui coule à flot dans plusieurs chaumières quand il y a beaucoup de monde… Ou, dans la même veine, le « M » montepulciano d’abruzzo à 9,95$ pour un litre, également.
La Campanie
Au sud du Latium, le long de la mer Tyrrhénienne, la Campanie profite de la baie de Naples pour se prévaloir de la notoriété. La vigne y est souvent cultivée en altitude, allant de 400 à 700 m. C’est là qu’on élabore le ‘lacryma-christi-del-vesuvio’ de même qu’un vin que recommande Jacques Orhon, un mastroberardino.
Voilà. à vous maintenant de découvrir l’Italie qu’on continuera à visiter dans un prochain chapitre. Si vous ne pouvez aller sur place, au moins goûtez l’un ou l’autres des vins qu’on y produit.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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