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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 14 novembre, 2000
Si le Québec a connu le beaujolais nouveau, pour la première fois, en 1975 (on en avait importé 200 caisses), il y a donc 25 ans, la fête des nouveaux vins de l’année était très populaire bien auparavant.
En fait ce n’est pas seulement une mode ou une action commerciale, n’en déplaise à toutes les personnes qui lèvent le nez sur ce gentil compagnon des fêtes automnales aux jours gris.
On a maintes fois répété que le Vin Nouveau avait été popularisé après la 2e guerre mondiale. Pourtant, on retrace dans l’Histoire que le "vin nouveau aurait fait son apparition à Paris, en 1642 (ça vous rappelle quelque chose? Ville-Marie, Montréal, 1642 ?). Mais, continue les données de l’Union Interprofessionnelle des vins du Beaujolais, U.I.V.B., c’est réellement en 1750 que la tradition du beaujolais nouveau s’instaure."
Un spécialiste de l’histoire locale, Michel Rougier, écrit : "Durant cinq mille ans, l’humanité n’a bu que des vins nouveaux, une raison simple : le vin ne se conservait pas… Avant l’invention du tonneau cerclé de fer et du bouchon de liège, les vins se transformaient très vite en vinaigre et on avait pris l’habitude de ne boire que du jeune vin…" Puis, l’auteur poursuit qu’au moment de l’occupation nazie en France, en 1940, les rédactions des journaux de Paris s’étaient déplacées vers Lyon, "en particulier les journalistes du ‘Canard Enchaîné’ qui vont découvrir le seul vin servi dans les bouchons de Lyon, le beaujolais et plus particulièrement le beaujolais nouveau… Comme ils en ont beaucoup parlé dans leurs écrits, termine Michel Rougier, cela a donné envie à d’autres de le découvrir". Ce qui a été fait, dès après la guerre.
Cette année, si on en juge par les commentaires lus depuis quelques jours, le beaujolais nouveau devrait être intéressant. "Avec de très belles couleurs, d’un rouge intense et profond, une structure marquée et ample et une grande souplesse des tanins, le millésime 2000 s’annonce comme le premier du genre…." En fait, cette année, le beaujolais est tout à fait précoce comme jamais, depuis plus de 30 ans puisqu’on a commencé les vendanges, le 28 août, 1 ou 2 semaines avant d’autres années. "Des vendanges bénies par un ciel sans nuages et un soleil éclatant."
On verra bien, jeudi, ce qui en est. La SAQ met en vente, le 16 novembre,
5 beaujolais nouveaux, dont 2 villages, Georges Duboeuf (13,95$) et Établissements Loron 11,95$). Il y a une Syrah, v.d.p. d’Oc (8,95$) et un sauvignon de Fortant, v.d.p. d’Oc (9,95$) – De même que 7 vini novelli dont les prix s’échelonnent entre 7,95$ et 12,95$.
Si j’en ai l’occasion, de tenterai, dès jeudi, de vous donner mes impressions.
Sinon, découvrez vous-mêmes ces gentils vins nouveaux… Large soif!
Jean-Gilles Jutras,
Ambassadeur du vin au Québec,
jgjutras@videotron.ca
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