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Les vins des Côtes du Rhône
 

Mardi le 01 avril, 2008


Cela ne se peut pas… « Ça s’peut vraiment pas… » on est déjà rendu au 1er avril et, à Québec, ce n’est pas un POISSON D’AVRIL, il y a encore plusieurs dizaines, centaines de centimètres de neige… Verrons-nous bientôt verdure, fleurs et feuilles? En attendant, versez-vous un verre de votre vin préféré, peut-être un côtes-du-rhône, car :

Une idée m’est venue, comme ça, d’écrire quelques lignes sur les Côtes-du-Rhône, puis j’ai consulté les archives de Planète Québec, pour réaliser, que dans le cadre de « Mon Histoire du vin » j’ai abordé ce sujet, au chapitre 16, le 14 janvier 2003, (il y a donc 5 ans).

Ce qui m’a incité à revenir sur le sujet, c’est que j’ai relu, récemment, les cours que je donnais pour l’Amicale des sommeliers, en septembre 1984, (il y a, cette fois-ci, 24 ans); -- vous allez me dire, il n’est pas jeune le père! Et vous aurez raison, mais le vin tient en forme, notamment les côtes-du-rhône ou « Costes-du-Rhône » comme on dit à la Commanderie, j’en ai la conviction et j’en rends témoignage, si on n’en fait pas abus.

Donc, à propos des Côtes-du-Rhône, en 1984, je disais aux personnes qui s’étaient inscrites aux cours de l’Amicale : « Nous quittons, non sans regrets, le beau pays de Clochemerle en Beaujolais, mais entrons vite dans un autre très agréable vignoble, celui des Côtes-du- Rhône…

Nos ancêtres, les Gaulois, se grisaient-ils plutôt de cervoise fraîche? Probable. Sur le continent comme dans les îles de la Méditerranée, ce furent les Grecs qui importèrent, avec la culture de la vigne, le goût et la science du vin. Il appert que les vins des Côtes-du-Rhône furent parmi les premiers-nés sur le territoire de ce qui allait devenir la France, puisque Phocée, l’un des plus célèbres comptoirs grecs, jouxtait le delta du grand fleuve. Il suffisait de remonter le Rhône pour découvrir des terrains propices à la vigne.

Après la Grèce, Rome

Plus tard, les légions romaines eurent soif et les légionnaires, habitués aux vins de leur péninsule, découvrirent que dans la province la production était satisfaisante, en qualité et en quantité. L’appellation « Côtes-du-Rhône » couvre, de nos jours, des types de vins assez différents, les uns des autres. La région de Montélimar pourrait être considérée comme la frontière entre les Côtes du Rhône du Nord et les Côtes du Rhône du Sud, dont Châteauneuf-du-Pape représente l’un des fleurons.

On sait que, pendant cent ans, pratiquement tout le 14e siècle, les papes siégèrent en Avignon. Or, Châteauneuf, à quelques lieues de leur capitale, était depuis longtemps possession de l’évêché d’Avignon. Jean XXII, pape français, né à Cahors, dans un pays où on aime le bon vin, a eu l’excellente idée de choisir Châteauneuf comme résidence d’été et, en conséquence, de faire en sorte d’y boire agréablement. Le Châteauneuf de ce temps ressemblait-il vraiment à notre châteauneuf-du-pape? Nous ne le saurons sans doute jamais. Non plus si Tain-l’Hermitage de nos jours est digne du vin que le Seigneur de Tournon, au 14e s. protégeait de sa marque, (déjà…). Une seule certitude, dans leur diversité, les vins des Côtes du Rhône ne sont pas indignent de leurs frères bourguignons ou bordelais.

Mais bien avant, les Phocéens

Des fouilles faites dans la région de Marseille et même dans la ville, ainsi que dans la vallée du Rhône, nous ont appris que la vigne avait été introduite dans cette contrée par les Phocéens, hardis marins et commerçants habiles qui accostèrent dans le delta du Rhône vers 600 ans, avant Jésus Christ, où ils fondèrent le port de Massilia, aujourd’hui Marseille.

De Marseille à Lyon, sur tous les coteaux propices à la viticulture, les Phocéens plantèrent la vigne, surtout la syrah et le viognier, cépages répandus encore dans tout le pays rhodanien.

Le nom du bourg Ampuis, dans le vignoble de la Côte Rôtie, dériverait du grec « ampelos » qui signifie vigne. (Aujourd’hui, la science de la vigne se dit ampélographie). Selon P. Andrieu : « le plus ancien vignoble français, planté plusieurs siècles avant notre ère, en vue d’une exploitation rationnelle, serait celui des alentours d’Ampuis ». Cette thèse est appuyée par le professeur Roux qui estime qu’Ampuis fut fondé vers le 6e s. avant l’ère chrétienne; il site déjà la syrah comme cépage des Côtes du Rhône, à cette époque.

Pour continuer les notes historiques, rappelons que les Romains, après les Grecs, ont donné un essor important à cette région des Côtes du Rhône; ils n’ont pas manqué d’agrandir et d’améliorer le vignoble. Les armées romaines avaient grand besoin de vin, non seulement comme boisson, mais également, pour soigner les plaies des blessés. On estime que les anciens légionnaires, devenus vétérans, se sont révélés d’excellents vignerons.

Aujourd’hui

Aussitôt passé Vienne – Vienne-la-vineuse – et jusqu’aux approches de Tarascon, ces vignobles escortent sur deux cents kilomètres, tantôt sur la droite, tantôt sur la gauche, le Rhône qui n’en finit plus de descendre en direction du Midi, de la Méditerranée. Les Côtes-du-Rhône couvrent plus de 30 000 hectares produisant en année normale un million 200 000 hectolitres de vins très diversifiés, allant des blancs distingués de Saint-Péray, Condrieu et Château-Grillet, aux rosés élégants et parfumés de Tavel et Lirac, des rouges capiteux d’Hermitage et de Châteauneuf-du-Pape, aux vins doux naturels de Rasteau et de Beaume-de-Venise et jusqu’à la pétillante Clairette de Die.

Plus de rouges que de blancs

Il fut un temps pas si lointain où on produisait plus de vin rouge que de blanc, sur les bords du Rhône. On estime que les vins rouges, à eux seuls représentaient jadis plus de 90% de toute la production rhodanienne. Il y a aujourd’hui de plus en plus de vins blancs mais les rouges sont toujours en plus grand nombre. Les vins rouges sont toujours bien charpentés et ils ne demandent jamais de chaptalisation même que cette opération n’est pas acceptée sur le terroir du Rhône… le soleil se charge de monter le degré d’alcool.

En fait, il n’est que de voir en été les rocailles de galets chauffées par le soleil du Midi, à longueur de journée, pour comprendre que les grappes sont naturellement gorgées de sucre qui donnera un bon taux d’alcool, d’autant que la nuit venue les ceps et les grappes continuent de baigner dans l’haleine tiède du matelas de cailloux étalé à leurs pieds.

Pour continuer à connaître toute cette région des Côtes du Rhône, je vous invite à lire le chapitre 16 de Mon Histoire du vin, paru en janvier 2003, pour ce faire aller sur Planète Québec. Au bas de la page d’accueil, on peut lire « Toutes nos chroniques » cliquez alors et vous verrez apparaître la liste alphabétique des collaborateurs. Allez jusqu’à Jean-Gilles Jutras DÉCOUVRETE – en cliquant sur cette indication apparaîtront tous les titres parus depuis près de 10 ans, par ordre chronologique, rendez-vous jusqu’au 14 janvier 2003 où est archivé le chapitre 16 de Mon Histoire du vin, et il y est question des Côtes du Rhône.

Bonne recherche et bonne lecture.

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec




 
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