J’ai eu l’insigne honneur, dernièrement, d’être promu « Officier » au sein de la Commanderie des Coste du Rhône, confrérie vigneronne dédiée aux vins des Côtes-du-Rhône, comme bien l’on pense. La Commanderie des Costes du Rhône compte trois catégories de membres : les amis des Côtes-du-Rhône, les chevaliers et les commandeurs. Or, au cours des derniers mois, la haute direction a créé un grade
aditionnel entre les chevaliers et les commandeurs, celui d’officier.
La Direction de la Commanderie, qui a son siège au château de Suze-Larousse, a ainsi accédé à la requête de la Baronnie Jacques-Cartier de Québec, que préside avec prestance et dignité, le Consul Commandeur Me Ghislain K.-Laflamme, en acceptant de désigner un « premier » officier et j’ai eu cet honneur!
Au Château Bonne-Entente de Québec (Sainte-Foy, le 3 février dernier, le Grand-Maître de la Commanderie en personne, Monsieur Patrick Galant, a présidé la cérémonie haute en couleurs, car tous les commandeurs membres de la direction de la Baronnie Jacques-Cartier avaient endossé leur costume d’apparat consistant en une tunique rouge, recouverte d’un manteaux blanc liséré d’or. Les commandeurs sont coiffés d’un chapeau dont le modèle remonte au Moyen-Äge.
Le temps de l’intronisation, les commandeurs m’avaient posé une grande cape du même tissu blanc que leurs manteaux; puis le Grand Maître Patrick Galant m’a passé une belle chaîne dorée à laquelle est suspendu un médaillon en métal or et argent, aux armes de la Commanderie des Coste du Rhône..
La cérémonie terminée on a procédé à la dégustation commentée de trois grands vins des Côtes du Rhône. Je vous en donnerai les détails, jeudi, en même temps que je fournirai d’autres suggestions.
Challenge Côtes du Rhône
Je vous donne ces détails pour deux raisons. D’abord parce que plusieurs jeunes qui étudient dans les écoles hôtelières de chez nous participeront, le 7 avril, à l’Institut du tourisme et d’hôtellerie du Québec (I.T.H.Q.) au 5e (DÉFI) « challenge des Côtes du Rhône ». Le choix des concurrents se fera au cours du mois de mars, dans les 10 écoles inscrites.
Cette année plus 1180 élèves de moins de 25 ans, issus de 59 écoles hôtelières, défendront l’honneur des 6 pays participants : le Canada, la Suisse, la Belgique, l’Irlande, L’Allemagne et les Pays-Bas. Le Canada aura des représentants de sept écoles. Du Québec, seront présentes, les institutions suivantes : de la Capitale (Québec), de Laval, des Laurentides, de Sherbrooke et l’ITHQ (Montréal). Deux écoles de l’Ontario participent aussi, ce sont les collèges de Belleville et de London.
La grande finale internationale aura lieu en France et se déroulera sur trois jours.
L’exercice comporte des épreuves de dégustation, d’harmonie des vins et des mets, de service, de mise en carafe, etc.
Les A.O.C. des Côtes du Rhône
La deuxième raison qui m’a fait inscrire le thème des « côtes-du-Rhône », aujourd’hui se rapporte aux appellations d’origine contrôlée. On sait que c’est dans le pays rhodanien qu’a pris naissance la notion d’appellation d’origine, plus précisément à Châteauneuf-du-Pape. C’est le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui incita ses compatriotes vignerons à pratiquer une autodiscipline tant en ce qui a trait à la culture de la vigne, qu’aux rendements et aux étapes de la vinification. Ceci, pour contrer le fait que des vignerons moins scrupuleux, venant d’autres régions que les Côtes-du-Rhône, vendaient leurs vins sous une étiquette fallacieuse de « châteauneuf-du-pape ».
C’est également Pierre Le Roy, juriste et vigneron qui entreprit les démarches pour faire reconnaître les règles proposées aux vignerons de Châteauneuf-du-pape. Toutes les démarches et procédures s’étalèrent sur plus de 10 ans. Il a fallu attendre en 1935 pour obtenir l’instauration d’un régime des appellations qui reprenait mot à mot ce qui avait été promulgué pour le châteauneuf-du-pape.
Pierre Le Roy de Boiseaumarié.
Le nom de cet illustre vigneron de Châteauneuf-du-Pape est célébré partout dans le monde du vin. Associé à quelques autres réformateurs de la viticulture française, on reconnaît à Le Roy de Boiseaumarié le principal rôle au sujet de la reconnaissance des appellations d’origine comme on les connaît aujourd’hui.
Ce héros national français, et ce, à plusieurs titres, est né en Normandie, le 5 avril 1890. Sa famille s’était établie à Mortagne, dans une propriété terrienne établie près d’une région boisée dite « aux mariés » d’où l’ajout au nom de Le Roy « au bois aux mariés » qui devint « Deboiseaumarié ». Il fut pilote de chasse et fit la guerre de 1914-1918 où il fut reconnu comme héros.
Le père de Pierre aurait eu des démêlés avec les autorités de son pays et dut s’expatrier. La famille se serait installée à Vendargues, dans l’Hérault. Le père se convertit à la viticulture, alors que Pierre s’inscrivait pour devenir avocat. Il a acquis des vignes à Châteauneuf-du-Pape et c’est comme vigneron et avocat qu’il s’est encore attiré la reconnaissance de ses compatriotes qui lui ont fait confiance, avec raison, puisqu’il leur a obtenu la reconnaissance de leurs droits.
Plus tard, avec Curnonsky, nom de plume et de facétie du journaliste Maurice Edmond Sailland, Pierre Le Roy fonda l’Académie du Vin de France. J’aurai certainement à y revenir.