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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 15 août, 2000
Récemment, en donnant quelques informations sur le Cellier des Dauphins, on a situé la maison au sein des Côtes du Rhône, un vignoble parmi les plus dynamiques. Peut-être vous plairait-il d’en savoir plus. Voici donc quelques renseignements complémentaires sur cette superbe région très accueillante.
De Marseille à Lyon, sur les coteaux propices à la viticulture, les Phocéens ont planté la vigne, principalement les cépages syrah et viognier. Des historiens prétendent que cette région serait la plus ancienne terre de vignes de France, plantée plusieurs siècles avant Jésus Christ. Les Romains, après les Grecs, donnèrent un essor considérable à la région des Côtes-du-Rhône et ils ne manquèrent pas d’en agrandir et améliorer les vignobles et les terroirs.
En regardant une carte de la France, on constate que les Côtes du Rhône sont la suite logique, la continuation géographique de la Bourgogne du sud, notamment le Mâconnais et le Beaujolais. Aussitôt passé Vienne, souvent qualifiée de «vineuse» et jusqu’aux approches de Tarascon, les vignobles escortent le Rhône sur deux cents kilomètres, tantôt sur la rive gauche, tantôt sur la droite, jusque dans le Midi.
L’ensemble des Côtes du Rhône couvre environ 30 000 hectares, produisant, en moyenne, plus d’un million d’hectolitres de vins blancs, rouges, rosés, mousseux, tranquilles, secs ou liquoreux; pour ce faire, on utilise une vingtaine de cépages. Pour certains crus comme l’hermitage, un seul cépage est de rigueur : la syrah. Par contre, il peut entrer jusqu’à treize cépages pour un châteauneuf-du-pape.
Seize terroirs produisent les principaux crus des Côtes-du-Rhône. Chacun arbore le nom de la commune, à titre d’appellation spécifique. Ces appellations sont d’ailleurs réparties en trois groupes.
Premier groupe
Le territoire commence à environ 35 km de Lyon, sur la rive droite du fleuve, et s’étale sur des pentes escarpées. Le plus ancien et le plus réputé des vignobles de côtes-du-rhône est celui de la côte rôtie divisée en deux parts presque jumelles, la côte blonde et la côte brune, sur les communes d’Ampuis, Tupin-Semons et Saint-Cyr-sur-Rhône. La syrah, associée à une infime fraction de viognier, donne des vins rouges d’une grande finesse dont la production est limitée. En descendant, suit l’appellation condrieu donnant des vins blancs renommés, issus du viognier. Le château Grillet en est le prototype dont on ne produit que 8 000 à 12 000 bouteilles par année.
Deuxième groupe
Sur la rive droite du Rhône, une trinité de beaux vins s’offrent au plaisir des amateurs : saint-jospeh qui concerne des vins blancs issus des cépages marsanne et roussanne, de même que des vins rouges produits par la syrah. On fait dix fois plus de rouges que de blancs.
La syrah sert encore à l’élaboration des cornas dont la réputation n’est plus à faire. Tout près, la roussane et la marsanne s’unissent encore pour engendrer le saint-péray dont on fait plus de mousseux que de vins tranquilles, les seuls présents au Québec.
Les crozes-hermitages sont les porte-drapeaux de onze communes avec deux millions de bouteilles, en moyenne, annuellement. La syrah donne des rouges et le duo roussane-marsanne fournit les blancs. Ce sont des vins friands, un peu plus légers que le grand-frère hermitage; ils n’en sont pas moins bien agréables d’autant plus que leurs prix sont plus abordables.
Le vignoble en terrasses de l’hermitage domine la ville de Tain. Le cru racé produit des vins blancs et rouges issus des cépages traditionnels de la région. L’hermitage rouge est particulièrement apprécié pour sa robe pourpre, son bouquet généreux et soutenu, sa virilité et son caractère racé; c’est un vin de longue garde. Le blanc est très personnel par ses saveurs et sa couleur dorée.
À suivre, prochainement...
Jean-Gilles Jutras, Ambassadeur du vin au Québec,
jgjutras@videotron.ca
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