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Jean-Gilles JUTRAS
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Liège - Bouchon - Tire-Bouchon


Mardi le 17 février, 2004

Je me proposais de vous parler du tire-bouchon, aujourd’hui, en racontant son origine et les différentes étapes qui ont suivi. Mais à bien y penser, il est encore plus important de savoir ce à quoi se rapporte le tire-bouchon… car, sans bouchon de liège, on n’aurait pas besoin d’un outil pour ouvrir une bouteille qui est, en quelque sorte. la première idée qui nous vient à l’esprit, quand on pense au vin.

Or, la bouteille qui renferme le vin, est habituellement munie d’un bouchon. Vous est-il déjà arrivé de préparer un petit repas bien fignolé, de choisir des vins pour accompagner vos belles et bonnes recettes et de découvrir, en ouvrant une des bouteilles que son contenu sent et surtout goûte tout sauf le vin que vous vouliez boire…Votre vin est complètement bouchonné.

Horreur! Quel désastre, surtout que vous n’avez peut-être pas prévu une seconde bouteille. Quel est le responsable de cette situation? Évidemment, le BOUCHON. J’ai lu, il y a peu, qu’une bouteille par caisse de 12 serait défectueuse…

D’ABORD : LE BOUCHON

Se demande-t-on parfois ce qu’est le bouchon et d’où vient le liège, le matériau dont sont faits la très grande majorité des bouchons utilisés en viticulture? Selon l’Histoire, dans Égypte de l’Antiquité, on faisait du vin et on le conservait dans outres en peau d’animaux, dans des récipients en terre ou en bois. Ces récipients, encore fallait-il les boucher. On se servait de pièce de bois, parfois d’étoupe qui donnait un goût assez spécial au vin ou de tout autre matériau imperméable. Le liège était déjà connu sur les bords de la Méditerranée où on trouve encore aujourd’hui la principale zone où pousse le chêne-liège.

Les tonneaux et autres grands réceptacles convenaient au transport, sauf que pour la manipulation quotidienne ou l’usage personnel, le récipient de verre, c’est à dire la bouteille, a bientôt remplacé les grands contenants. On a constaté, alors, que le vin enfermé dans des bouteilles pouvait espérer une plus longue durée et retenait des arômes qu’apportait une plus longue maturation.

Aux 17e et 18e siècles les bouteilles épousaient des formes plus ou moins bizarres et originales, on les appelait « hampes », « globes » ou « bulbes » selon leurs rondeurs, elles étaient fermées par un bouchon sans doute de bois, attaché à un linge imbibé de cire… On peut difficilement imagines ce que goûtait le contenu dans ces conditions, il n’est donc pas surprenant que le bouchon de liège s’imposât.

Le liège, vient d’un arbre, le chêne-liège, Quercus Suber L. qui serait sur la terre, notamment sur les bords de la Méditerranée, depuis plus de 60 millions d’années. Le liège, c’est l’écorce du chêne utilisée par les humains très tôt dans leur histoire; il s’agit d’un tissu végétal composé de micro cellules de forme polyédrique, en général. – Léger, résistant à l’usure, imperméable, élastique, le liège possède ce qu’il faut d’isolation, ce qui fait qu’il est utilisé pour d’innombrables fins depuis fort longtemps dont la fabrication d’un grand nombre d’ustensiles.

Dom Pérignon

On sait quel rôle important ce moine, cellérier de l’abbaye d’Hautvillers, en Champagne a joué pour l’élaboration du champagne. Or, Dom Pierre Pérignon a adopté le liège pour boucher les bouteilles de son « mousseux »! parce que selon lui, le liège avait révélé sa capacité à conserver les qualités des vins. Encore aujourd’hui, presque toutes les grandes bouteilles de vin d’où qu’elles proviennent, sont équipées d’un bouchon de liège.

En résumé, le liège est un produit naturel, inerte, imputrescible. Pourtant, il n’empêche qu’on reproche souvent au liège de tuer des vins qu’il devrait protéger. On trouve de plus en plus souvent malheureusement, des « vins bouchonnés » qui présente des odeurs de moisi, de bois pourri, de renfermé, etc. Ces défauts proviennent parfois d’une mauvaise préparation du vin ou des contenants qui le reçoivent, mais cela peut venir aussi du liège du bouchon attaqué par un parasite invisible qui s’est inséré dans quelques unes des alvéoles.

Les grandes cuvées ne sont pas nécessairement exemptes des défauts du bouchon, même si les producteurs de grands crus, de châteaux ou de grands domaines prennent plus de soin dans le choix de leurs équipements, il arrive trop souvent qua, sans le savoir, ils embouteillent leur vins en se servant des bouchons d’une qualité douteuse. Dans le cas des vins de consommation courante, la chose est plus fréquente justement parce que les vignerons ou les négociants sont moins vigilants.

Il n’y a pas beaucoup de situations plus désagréables… On verra peut-être, à cause de cela, de plus en plus de bouchons de plastique, ou des roto-capsules ou autres techniques qui permettent d’éviter que le vin ne soit imbuvable. Plusieurs vins italiens sont enfermés dans des bouteilles fermées par un bouchon de matière plastique, j’avoue que j’en ai goûté, sans déceler le moindre désavantages. Entre nous, je préfère boire un sans senteurs ni goût de bouchons, même si la bouteille est close d’un cylindre de plastique.

Si on veut plus de renseignements sur le liège, le chêne-liège, etc. on peut visiter les sites de maisons comme www.amorumcorkcom.

LE TIRE-BOUCHON

On a parlé du bouchon de liège, plus haut, c’est à cause de ce même bouchon qu’est né le tire-bouchon » cet instrument absolument indispensable, si on veut retrouver le liquide enfermé dans les bouteilles, dès après la fin de la vinification. Si les bouteilles ont changé de formes, au cours des siècles seules ont subsisté les récipients de verre verticaux, de diverses capacités, obstrués par des bouchons droits faits de liège,

Il fallait donc trouver un outil qui permette d’enlever le bouchon sans trop de de difficultés. Il semblerait qu’on aie pris comme modèle, la « vrille à tonneau » et que ce serait les Anglais qui en ont eu l’idée, d’autant plus qu’ils sont reconnus comme grands amateurs de vin qu’ils faisaient venir en importante quantité, dans des fûts ou des barriques de bois. Et ce serait vers le 18e siècle qu’ils auraient inventé plusieurs variétés d’outils pour extraire les bouchons.

Encore aujourd’hui, il y a plusieurs types de tire-bouchon. On s’entend habituellement pour dire que le 2couteau de sommelier » est le plus pratique, encore que bien des amateurs aient de la difficulté à l’utiliser, puisqu’il faut souvent une certaine force pour tirer le bouchon, même en s’appuyant sur le rebord de la bouteille. Il existe aujourd’hui des tire bouchon à deux crans qui permettent dans un premier temps de dégager le bouchon, puis en déplaçant le levier d’appui on peut très aisément terminer l’opération et voir le bouchon sortir.

Les tire-bouchon du type screwpull sont bien appréciés car les utilise très facilement sauf qu’ils sont souvent volumineux. La mode, le chic du chic, présentement, c’est certainement le tire-bouchon de LAGUIOLE (prononcer négligemment layolle…) cela fait très b.c.b.g. Il y en a en bois d’olivier, en chêne, en métal, etc. Je m’en suis procuré un en ébène, que j’ai acheté en Provence, à la Fontaine de Vaucluse… Mais on dit souvent que ce tire-bouchon qu’on doit payer plus ou moins 100$ exige une certaine dextérité et un bon bras…

Là dessus, je vous donne rendez-vous à jeudi pour quelques suggestions de vin. Salut! Bonne semaine!

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec






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