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| Paru en août 1993, dans LE SOLEIL de Québec |
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Mardi le 19 août, 2008 |
Dans Le Soleil, quotidien de Québec, je publiais une chronique hebdomadaire. Le 14 août 1993 (il y a 15 ans) à l’occasion des fêtes médiévales alors en vigueur, a paru ce qui suit :
À tous ceux et toutes celles qui les présentes verront, Salut!
Gentes Dames et Nobles Messires, j’ai volonté de vous narrer quelques notices concernant le doux nectar de la treille, tout autant que de vous bailler moult suggestions pour bien boire en ces temps heureux de festivités médiévales.
Prenez garde de dépasser la mesure impartie par le Créateur… Comme le recommandait, jadis, un illustre évêque, dans un sermon sur la « modération » qui avait déjà meilleur goût : « Que celuy qui au troifième ou quatrième pot de vin fent fa raison fe troubler… f’en tienne à ses deux pots, f’il ne veut pas offenser Diey & fe faire mépriser du prochain… ».
Ainsi, quant à vous, chers lecteurs, faites-en autant et pourrez alors goûter et apprécier les gentils vins de pays qu’offre notre chère SAQ, (en typographie de vieux français, le « s » s’écrivait « f » et souvent, le « i » faisait place au « y »).
Les ancêtres de nos ancêtres
Durant les Médiévales, on a pris conscience qu’on célébrait plutôt les générations qui avaient précédé celles qui ont fondé la Nouvelle-France. Aussi a-t-on dû préciser que : « Si la Nouvelle-France fut fondée au temps de la Renaissance, les aïeux des premiers colons de ce qui allait devenir le Canada, sont nés au Moyen-Âge et nous ont transmis, par fondateurs interposés, beaucoup de leurs traditions et de leurs mœurs. Ainsi, l’art du bien boire et du bien manger s’est perpétué jusqu’à nous, à travers les ans. »
Noé, poursuivais-je, dans ma chronique du 13 août 1993, n’a-t-il pas planté la vigne, au pied du Mont Arrarat et ainsi, montré à ses descendants comment faire du vin? La culture de la vigne et la vinification ont évolué, de toute évidence, mais il n’en demeure pas moins que, pour faire du vin, on doit prendre encore du raisin, fruit de la vigne, qu’on laisse fermenter pour que le sucre naturel des baies se transforme en vin, qu’on laisse mûrir dans de vastes récipients avant de le mettre en contenants plus pratiques, jadis, amphores, outres et vases ou bien, de nos jours, bouteilles, fioles, cruchons et autres.
Hypocras et hydromel
L’article du mois d’août 1993 continuait ainsi : Au Moyen-Âge, on appréciait beaucoup l’hypocras boisson aromatique à base de vin blanc ou rouge dans lequel on faisait macérer des épices, des aromates et des fruits. L’hydromel était également fort prisé en ces temps-là. On trouve encore de l’hydromel de nos jours, c’est une boisson faite à base de miel. Pour en savoir plus sur cette liqueur payez-vous une visite au Musée de l’Abeille, à Château-Richer, près de Québec, plus précisément, au 8862, boul. Sainte-Anne.
Qu’on se rappelle…
La Société des Alcools du Québec (SAQ) a été fondée par législation, en 1922. La Commission des liqueurs de Québec, comme on disait alors, était déjà un monopole d’État fondé pour contrer l’abus de la consommation. Le gouvernement a vite constaté que le commerce des alcools pouvait lui être fort profitable.
Comme de tout temps le vin et l’alcool ont fait partie de la vie de tous les jours des humains, nos ancêtres, dès la fondation de la Nouvelle-France, ont maintenu ces traditions que nous propageons à notre tour. Ainsi, sait-on qu’aux premiers instants de la colonie, on consommait bière, vin et eau-de-vie, pour « fester ».
L’Histoire rapporte encore qu’en 1663, le roi Louis XIV, par un édit permanent et irrévocable, a créé le Conseil Souverain de Nouvelle-France. Ce Conseil Souverain avait mandat de voir à l’application des lois et ordonnances qui prévalaient déjà en France. C’est ainsi qu’en avril 1664, à cause des abus… le Conseil « défend de garder aucune liqueur enivrante dans les maisons, sans billet exprès du gouverneur… » On cite plusieurs autres restrictions qui entraînaient, éventuellement, la confiscation de tous les biens et le bannissement ». Heureusement, de nos jours, les choses ont bien changé!
À jeudi, d’ici là bonne continuation de l’été(?)!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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