NOTE LIMINAIRE : J’ai donné le numéro 40 au présent chapitre de « Mon Histoire du vin » considérant que le récent papier sur le « xérès », relié à l’Espagne, aurait dû être numéroté 39. Celles et ceux qui collectionnent la série seraient bien avisés de numéroter les chapitre en conséquence. Merci!
On aborde donc le Portugal, aujourd’hui, pays limitrophe de l’Espagne qui partage avec le premier ce qu’on appelle, la Péninsule ibérique, bordée d’une part par l’Atlantique et au sud par la Méditerranée. J’ai déjà écrit sur le Portugal, ici même, dans Planète, au retour d’un voyage au Portugal où j’avais participé, à titre de membre du Jury international pour le concours Cidade do Porto, organisé par la Chambre de l’agriculture du Nord (Camara de Agricultura do Norte). Vous pouvez aller dans les archives de mes articles, celui sur le Portugal est daté du 2 juillet 2002.
Le Portugal qui compte 350 000 ha de vignes en production, serait le septième pays viticole du monde pour sa production qui oscille entre 10 et 14 millions d’hl. Voici des précisions, pour certains types de produits : le Portugal fait 650 000 hl de toutes les variétés de porto réunies; 250 000 hl de madère, beaucoup moins connu; et, surprise, 650 000 hl de vinho verde.
Octobre 1984
J’ai souvent indiqué ici que j’avais donné des cours pour l’Amicale des sommeliers, section de Québec, pendant une douzaine d’années. Évidemment, pendant cette période j’avais amassé beaucoup d’informations sur tout ce qui se rapportait à la vigne et au vin. Je résume ici, les courts instants que j’avais alors consacrés au Portugal. Car, faut-il le préciser, il y a quelques décennies, les vins du Portugal n’étaient pas parmi les préférés des Québécois.
Déjà, en 1984, la production de vin, au Portugal était plus limitée qu’aujourd’hui, elle se situait autour de 9 ou 10 millions d’hectolitres. On précisait que le cinquième de cette production était exporté. La consommation du vin, au Portugal se situait alors autour de 100 litres par année, par habitant. Sans doute que comme en France et en Italie, les Portugais ont réduit, de nos jours, la quantité de vin consommé.
En 1984, je terminais mon exposé en affirmant que : « Le Portugal est aussi le pays où on produit deux vins rosés connus à travers le monde, le MATEUS et le FASCA. Il semble que les Portugais ne boivent pas ces vins artificiellement gazéifiés ». J’avoue que je n’ai pas vérifié cette affirmation. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, seul le matéus est le seul rosé portugais disponible dans les succursales de la SAQ.
Les Régions
Le Portugal compte une quinzaine de régions viticoles on les appelle les « regiao demarcada » ou régions délimitées, qui ont droit, depuis 1990. à des DOC. C’est-à-dire : denominaçao de origem controlada.
Selon le document « La Planète vins » de Pierre Lotigie-Laurent (www.abrege.com/lpv - en plus des terroirs de production ayant une classification propre, qui constituent le tiers de tous les vins du Portugal, le pays reconnaît une trentaine de zones ayant droit à une désignation territoriale dite IPR (indicacao de provenienca regulamenda) ce sont les vins de pays français ou les IGT italiennes que le Gouvernement européen intitule VQPRD (vin de qualité produit dans une région déterminée). On se rappelle peut-être, qu’autrefois, en France, certains vins étaient classés VDQS, soit : vin délimité de qualité supérieure. C’était le palier avant l’AOC.
Régions – Cépages -- etc.
Au Québec, on a des vins portugais qui viennent de la plupart des régions viticoles dont : Alentejo, Estremadura, Douro (où on produit le porto), Bairrada, Däo, Bucélas et Vinho verde, Palmela, Setubal et Ribatejo.
Su une étiquette de vin portugais on peut lire quelques indications moins connues des amateurs, voici donc quelques précisions :
adamado ou doce : doux
branco : blanc
casta : cépage
colheita : millésime
engarrafado na origem : mis en bouteille au domaine
espumante : mousseux
garrafeira : réserve privée (vin vieilli au moins deux ans – habituellement le
meilleur vin d’un domaine)
liquoroso : vin de liqueur
quinta : domaine (on doit prononcer kinta
tinto : rouge
velho : vieux
De même, si une étiquette indique
« vinho de mesa » cela veut dire vin de table
« vinho regional » c’est vin de pays
« denominaçao de Origem » : appellation d’origine
« denominaçao de origem dontrolada : appellation d’origine contrôlée.
« Indicaçao de Proveniencua Regulamentada : indication de provenance.
Pour ce qui est des cépages, les viticulteurs portugais cultivent plusieurs variétés de raisin exclusives au Portugal, de sorte qu’on découvre aisément que le Portugal produit des vins qui sont « uniques ». Durant le cours sur le Portugal que je donnais, en 1984, j’expliquais quelques uns de ces vins si surprenants et malgré tout si attrayants. Je ne peux presque plus utiliser les notes d’il y a plus de vingt ans tant le Portugal a évolué et prograssé, tant en viticulture qu’en bien d’autres domaines.
Mes propos sur le Portugal, en 2002, dans Planète Québec, indiquait justement que l’entrée du Portugal au sein de la Communauté Européenne lui avait été très profitable. Pourtant, l’histoire rapporte que le Portugal a cultivé la vigne depuis le 3e siècle avant Jésus Christ puisque les envahisseurs de l’époque, les Romains avaient y apporté la vigne.
Je répète ici ce qui fut écrit il y a quatre ans : « Le Portugal a été le premier pays à définir les normes de « terroir » pour une appellation contrôlée. C’est le marquis José de Cavalho e Melo de Pombal qui, en tant que premier ministre, a décrété, entre autres spécifications, des zones bien délimitées de production notamment pour le PORTO.
De ce fait, ce vin unique est appuyé sur des règles bien particulières qui sont différentes de celles concernant les autres vins. J’aurai donc à revenir sur ce vin bien particulier qu’est le porto.