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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 22 mai, 2001
Quand on visite un pays ou une région, il est parfois intéressant, voire nécessaire, de remonter dans l’Histoire. C’est ce qui m’est arrivé, il y a quelques années, en visitant la Bourgogne et la Champagne. On en apprend des choses, quand on le veut…
Il y a plusieurs millénaires, en 58 avant Jésus Christ, César, empereur romain, a envahi la Gaule, en passant par un site fortifié appelé DUROCORTORUM, capitale d’une tribu gauloise, les Rèmes. Plus tard, ce village devint Reims où saint Rémi baptisa Clovis, roi des Francs. On comprend pourquoi elle est, maintenant, la ville du Roi des vins, le champagne.
Une autre ville de la grande région de la Champagne, Épernay, réclame aussi un titre de gloire. La première s’élève au pied de la région viticole de la Montagne de Reims alors qu’Épernay s’étale au cœur de la Côte des Blancs.
La Champagne viticole est divisée en quatre zones de production : la Montagne de Reims, la vallée de la Marne, la côte des Blancs et le vignoble de l’Aude. Partout, le paysage vallonné est assis sur un sous-sol particulièrement crayeux. On estime que ce serait là une des principales causes de l’effervescence des vins de Champagne. Pourtant, jusqu’à la Renaissance, au 17e siècle, les vins qu’on y produisait étaient rouges et tranquilles.
ET LES BURGONDES?
Cette tribu germanique, selon certains, aurait donné naissance à la Bourgogne actuelle. Les Burgondes s’y seraient établis au milieu du 5e siècle. L’histoire de cet incomparable vignoble est riche de hauts faits d’armes, de successions, de partages parfois douloureux et sanglants et de rattachement non moins spectaculaires.
La Bourgogne d’aujourd’hui est beaucoup plus pacifique et prospère. Elle s’étale sur quatre départements : l’Yonne (zone des chablis) – la Côte-d’Or, divisée entre la côte de Nuits et celle de Beaune, la Saône-et-Loire (Côte chalonnaise et Mâconnais) et le département du Rhône (Beaujolais).
Il n’est peut-être pas essentiel de connaître tout cela pour bien apprécier le champagne ou les différents crus de Bourgogne. Pourtant, je suis convaincu qu’en mirant une flûte du précieux nectar dû en quelque sorte aux bons offices de Dom Pérignon, entre autres grands champenois, ou encore en sirotant un ballon de Corton ou de Meursault, vous vous rappellerez les quelques notions d’histoire inscrites ci-dessus. Le vin ne sera peut-être pas meilleur, mais vous en saurez plus sur ces beaux produits.
Les produits champenois et bourguignons ont une certaine affinité. Les vins de Bourgogne sont issus du pinot noir pour les rouges et du chardonnay pour les blancs, tandis que le champagne peut provenir de l’assemblage de chardonnay, de pinot noir auxquels on ajoute du pinot meunier. S’il n’a qu’une variété de raisin un champagne sera «blanc de blancs» s’il s’agit du chardonnay et «blanc de noirs» si les pinots sont en cause.
Bonne et belle découverte!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca
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