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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 25 juillet, 2000
Le chef-lieu du département de la Gironde, Bordeaux, capitale de l’Aquitaine, donne son nom à tous les vins de cette immense région qui, à elle seule, est plus étendue que la totalité des autres zones viticoles de France réunies. Le Bordelais produit toutes les variétés de vins : des rouges subtils et corsés, des blancs secs ou liquoreux parfois, des rosés, des crémants, etc.
Le Bordelais, c’est le vignoble le plus à l’ouest de France, situé pratiquement au bord de l’Atlantique, où l’eau est omniprésente. Le mot BORDEAUX n’évoque-t-il pas les «bords» «d’eau» qui sont nombreux dans la région : d’abord la Gironde, le fleuve principal alimenté par la Garonne, la Dordogne et plusieurs autres de moindre importance. Tous ces rivages favorisent un climat particulièrement favorable à cette mer de vignes.
Ces vignes généreuses donnent des vins généreux. Or, les vins de Bordeaux, dans leur ensemble, sont élaborés par assemblage, c’est-à-dire qu’on utilise plus d’un cépage (variété de raisins) pour leur élaboration. Les principaux cépages sont, pour les blancs : le sauvignon, le sémillon et la muscadelle. Les rouges proviennent du cabernet sauvignon, du cabernet franc et du merlot; on utilise aussi, tant pour les
rouges que pour les blancs, le jus de certains cépages secondaires dans des proportions qui demeurent,
habituellement, le secret de chaque producteur.
Le Bordelais, c’est le pays des châteaux. On estime qu’il y aurait pas moins de 5 000 domaines; le mot se rapporte, en quelque sorte, à l’unité vinicole. En fait, le château bordelais c’est le chai ou la cave plutôt qu’un bâtiment à tourelles et ponts-levis. Ces châteaux sont devenus, dans bien des cas, des appellations de haut niveau. Le Bordelais se divise en plusieurs zones qui offrent des différences souvent très marquées, même si on utilise les mêmes cépages et des méthodes et techniques qui se ressemblent. Les principales divisions sont : le Médoc, le Libournais, les Graves et autres.
Plus de 22 000 vignerons, propriétaires ou coopérateurs se consacrent à la culture de la vigne et à la production d’environ quatre millions d’hectolitres de vin qui arborent l’appellation d’origine contrôlée propre, selon les zones bien déterminées. Il y a, en fait, un fleuve, que dire, un océan de vin de Bordeaux, c’est à dire plus de cinq cents millions de bouteilles, annuellement.
Le MÉDOC est la plus importante région viticole du Bordelais, voire même de France. Il se subdivise en deux aires d’appellations : le Médoc proprement dit, au nord, où on produit des vins légers, souples et agréables; au sud, s’étale le Haut-Médoc qui fournit les appellations prestigieuses de saint-Estèphe – pauillac – saint-Julien – margaux et moulis-listrac. C’est dans le Haut-Médoc qu’on retrouve les fameux châteaux Lafite, Margaux, Latour et plusieurs autres crus classés en 1855. Ce classement n’a jamais été modifié depuis, si ce n’est en 1973, alors que le château Mouton Rothschild est passé de second à premier cru.
Les GRAVES s’enorgueillissent du titre de «berceau» du vignoble bordelais. Il y a quelques années, on a procédé au «jumelage» du plus vieux vignoble de France, LES GRAVES, avec le plus jeune vignoble, celui du QUÉBEC. La zone des graves encercle la ville de Bordeaux dont l’expansion gruge graduellement une partie des vignes. Plus au sud les Graves entourent la zone du Sauternais. Les graves produisent une bonne proportion des vins blancs de Bordeaux qui sont d’une qualité remarquable. On pense au carbonieux, tour martillac, malartic-lagravière, entre autres crus classés. Par contre, il existe plusieurs vins blancs intéressants qui n’ont pas de classement mais n’en sont pas moins de belles valeurs.
On continuera, ultérieurement, la description du vignoble bordelais. C’est à suivre, donc! Là-dessus, bonne semaine, à bientôt!
Jean-Gilles Jutras,
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca
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