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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 26 octobre, 2004
Mon Ami Jules n’est plus!
Vers 15h. le mercredi 20 octobre, je reçois un appel téléphonique de Gaston L’Heureux qui, comme moi, est ambassadeur du vin au Québec. Il m’apprend le décès de notre ami commun; JULES ROISEUX, également Ambassadeur du vin au Québec. Même si nous savions que Jules était très malade, il résistait et se battait très fort, mais la maladie qui le terrassait ne pardonne pas…
Je connaissais Jules depuis plus de vingt-cinq ans, alors même qu’il était maître d’hôtel à l’Estérel, dans les Laurentides. Déjà, Jules était un excellent communicateur sur les arts de la table. Fin dégustateur, il avait été le premier, en 1963 à remporter le concours du meilleur sommelier canadien. Tous se rappellent qu’il a été professeur à l’ITHQ, de même que pour l’Amicale des Sommeliers, à Montréal.
Plus tard, Jules fut le troisième à être nommé Ambassadeur du vin au Québec, par la SAQ, c’était à l’occasion des Sélections Mondiales de 1994. Jules était membre de plusieurs confréries bachiques. On se rappelle qu’il a été très actif au sein de la Confrérie des Vignerons de Saint-Vincent de Mâcon, avec Charles Tonneau, de même qu’au sein de l’Ordre des Compagnons du Beaujolais. L’Amicale des Sommeliers du Québec a aussi bénéficié longtemps de sa compétence et de sa disponibilité.
Jules a publié, en 1978, « À la découverte du vin ». Dans la dédicace qu’il m’a écrite, le jour de mon anniversaire, en janvier 1979, il a écrit :
« Si tu veux resté nouille,
Bois du jus de grenouilles;
Si tu veux être heureux,
Bois du vin vieux! »
Et il avait écrit juste au dessus de ce petit quatrain :
Extrait de l’ÉVAN…JULES
L’avant-propos du livre de Jules montre bien son humilité et sa discrétion. « Je n’ai pas voulu jouer à l’œnologue, écrit-il et, s’il m’est arrivé d’emprunter au vocabulaire de l’œnologie des mots qui peuvent vous sembler compliqués, c’est par ceque, pour traiter du sujet qui nous préoccupait, c’était le seul mot juste. »
« À la découverte du vin » de Jules Roiseux, avait un préfacier de haut mérite et de grande renommée, nul autre que Me Gérard Delage, Prince des Gastronomes au Québec. Me Delage écrit : « Si Jules Roiseux est un amoureux du vin et se permet d’en parler avec l’enthousiasme qu’on lui connaît, c’est qu’il en boit tous les jours. Ceux que j’appellerais les « distants de la coupe aux lèvres » devraient tout simplement se taire. Pour pouvoir parler du jus de la vigne avec une certaine autorité, il faut non seulement en boire régulièrement, mais il faut avoir la sagesse d’aimer tous les vins, avec leurs qualités et leurs défauts. »
Condamnant les « snobs » qui critiquent un vin avant d’avoir fait sauter le bouchon, Me Delage souligne que « l’auteur (Jules Roiseux) n’est pas de ceux- là. Et c’est justement, poursuit le préfacier, ce qui fait le charme de son livre. Il raconte ce qu’il a constaté, il dit ce qu’il pense, mais il ne prononce jamais de jugements arbitraires. »
Comme on reconnaît notre bon Jules dans ces propos d’un personnage des plus réputés, quand il est question de gastronomie et du bien boire.
On comprendra que c’est tout cela que mes confrères Ambassadeurs et moi, de même que toutes les personnes qui ont connu Jules Roiseux, regretterons sa gentillesse, son humour, ses connaissances, son érudition pour tout ce qui touche au bien boire et au bien manger et pour combien d’autres qualités qu’il savait mettre à la disposition de toutes et de tous. Le décès de Jules Roiseux laissera un grand vide dans le monde de la grande gastronomie et de l’œnologie.
Avec Me Gérard Delage, je conclus : « Jules Roiseux mérite dont l’admiration et la gratitude de tous les vrais vinophiles, pour avoir traité du ‘nectar des dieux’ avec autant de savoir, de chaleur et d’affection »,
Pour ma part, je crois sincèrement qu’un jour ou l’autre, nous nous retrouverons, sans doute en compagnie de Gérard Delage et de bien d’autres bons « vivants », amateurs du jus de la vigne, pour goûter justement les vins des vignes du Seigneur qu’il est allé étudier de plus près, avec saint Vincent qu’il a particulièrement invoqué! De ce fait, je te dis : au revoir, Jules, mon frère, mon ami, je lève mon verre à ta mémoire!
Jean-Gilles Jutras, président
Collège des Ambassadeurs du vin au Québec
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