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| Dans mes archives:"La Dive Bouteille" |
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Mardi le 26 mai, 2009 |
Quel thème aborder, aujourd’hui, me demandai-je. J’hésitais entre le Beaujolais alors que le vendredi précédent je venais de vivre une soirée au cours de laquelle, le gouleyant liquide avait coulé allègrement, à l’occasion d’une soirée du Devoir de Québec, de l’Ordre des Compagnons du Beaujolais; ou bien je pourrai écrire des commentaires sur le « xérès » ce vin délicieux d’Espagne, internationalement connu comme « sherry ». J’ai vérifié et j’avais jadis déjà traité de ces sujets.
Je me suis alors tourné vers mes archives et en furetant, pour trouver une inspiration en vue de mon papier « à la découverte », d’aujourd’hui, j’ai trouvé ce qui suit, écrit il y a quinze ans, soit le 28 mai 1994 au moment où on marquait le 500e anniversaire de la naissance de François Rabelais. C’est dire que la présente année 2009 marque donc le 515e anniversaire de naissance de cet immense personnage et humaniste de la Renaissance qui a chanté si joyeusement la DIVE BOUTEILLE. -- Je me permets de vous soumettre de larges extraits de mon article du 26 mai 1994, paru dans le quotidien LE SOLEIL, de Québec.
Il y a 500 ans, cette année (1994) – du moins c’est ce que les historiens ont écrit – est né François Rabelais, à Chinon (prétend-on également). Son père, Antoine Rabelais, était avocat et riche propriétaire dans cette région de la Vallée de la Loire. Le père, Antoine Rabelais, pratiquait à Chinon, mais famille possédait, à Seuilly, une grande maison de campagne LA DEVINIÈRE, où serait né François, cette maison existerait encore.
François devint médecin de renom et professeur émérite d’anatomie, il avait aussi été ordonné prêtre et il devint curé de Meudon. Auteur renommé de récits fantastiques et fantasmagoriques : « La vie inestimable du grand Gargantua », précédé « Des Horribles et Épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel dont un des compagnons était le légendaire Panurge; ces deux bouquins furent suivis du Tiers Livre, du Quart Livre puis, enfin, du Cinquième Livre. C’est d’ailleurs dans ce cinquième livre qu’on trouve l’Ode à la dive Bouteille.
Rabelais a écrit ses œuvres entre 1532 et 1548. Si vous remarquez ces dates correspondent quelque peu avec celles des voyages de Jacques Cartier, à Gaspé et dans l’Île d’Orléans qu’il avait d’abord nommé « l’Isle de Bacchus ». Selon le dictionnaire Robert, Rabelais a tout autant défendu les thèses pacifiques que les notions humanitaires et naturelles.
Écrivain original, son style était d’un réalisme truculent sur ses concitoyens et les mœurs de son temps. Il était un grand érudit et sa science quoique précise ne manquait pas de laisser poindre un comique incommensurable.
LA DIVE BOUTEILLE,
Au chapitre XLIII du Cinquième Livre, Rabelais, par la voix de Panurge récite une ode à « Bacbuc » (bouteille, en hébreu). Plusieurs confréries et sociétés bachiques modernes se targuent de suivre les traces de Rabelais, notamment en Anjou et en Touraine, ces régions du bord de la Loire, où plusieurs confréries ont pris naissance : les Chevaliers du Sacavin, les Vignerons de la Canette, les Fins Gousiers, les Entonneurs Rabelaisiens et, bien sûr, la Commanderie de la DIVE BOUTEILLE, toutes se réclament de rendre témoignage à Rabelais.
L’une de ces confréries de Chinon, les Entonneurs Rabelaisiens incite ses membres à se recueillir et à prêter serment comme suit :
« Dis-nous ô mon frère, qu’en ces lieux tu t’engages
À vanter en tous temps les bienfaits du Chinon!…
… Que tu t’engages en plus à renier tous ces gens
Ivrognes insolents qui boivent sans raison… »
(Déjà, la « modération » a meilleur goût!
De son côté, la Confrérie de la Dive Bouteille, fait déclarer aux impétrants :
« Tandis que j’ai l’esprit libre
Je prends l’engagement solennel
De servir en tout lieu et en toute circonstance,
La noble cause du Vin,
Et de promouvoir, dans la dignité,
Le goût du bien boire et du bien manger… »
La prière adressée à la Dive Bouteille par la bouche de Panurge, Rabelais l’avait écrite è l’intérieur d’un flacon, justement – la voici :
« O Bouteille
Pleine toute
De mystère,
D’une oreille, je t’écoute :
Ne diffère,
Et le mot profère
Auquel pend mon cœur
En la tant divine liqueur,
Qui est dedans tes flancs reclose,
Bacchus qui fut d’Inde vainqueur,
Tient toute vérité enclose.
Vin tant divin, loin de toi est fortclose
Tout mensonge et toute tromperie.
En joie soit l’aire de Noach (Noé) close,
Qui, par toi, nous fit la tempérie!
Sonne le beau mot, je t’en prie,
Qui me doit ôter de misère.
Ainsi ne se perde une goutte
De toi, soit blanche, soit vermeille!
Mais, qu’est-ce que la « dive bouteille »?
C’est Rabelais lui-même qui répond : « Amis, rendez grâces aux cieulx, la raison vous y oblige : vous avez promptement eu le mot de la dive Bouteille. Je dis le mot plus joyeulx, plus divin, plus certain qu’encores j’aye de elle entendu depuys le temps que icy le ministre à son très sacré oracle ». --- Je note ici que j’ai reproduit le texte original de Rabelais, avec ses tournures de phrases et son orthographe du Moyen-Âge.
J’ai lu, dans « metrofrance.com » : que « Le mot DIVE vient de DIVA, en latin, c’est-à-dire DIVINE, et, dans le sens de Rabelais, la « dive bouteille » c’est (évidemment), la bouteille de vin.
Grand bien nous fasse! – Bonne semaine
NOTE : À compter de ce soir et jusqu’à dimanche inclusivement, je ferai partie du jury international du concours SÉLECTIONS MONDIALES DES VINS – Canada. J’y reviendrai pour vous.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec.
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