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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mercredi le 27 octobre, 1999
Mal connue, voire méconnue, l’Alsace est pourtant une région fascinante. Un peu au nord du Jura et de la Savoie, à l’extrême est de la France, jouxtant l’Allemagne et abritée par les Vosges, la fière Alsace viticole s’étale sur un peu de 15 000 ha de vignes, répartis entre
8 500 propriétaires.
Le vignoble s’étend sur 120 kilomètres et ne fait que quelques kilomètres de largeur. L’Alsace ne fait rien comme les autres vignobles.
Tous les vins portent le nom du cépage qui les engendre et presque toutes ces variétés de vignes, il y en a onze, sont dites «nobles». (ainsi appelle-t-on les variétés de raisins qui donnent les grands vins, par opposition aux cépages ordinaires qui fournissent les vins de consommation courante.)
Les grands cépages d’Alsace sont :
le gewurztraminer qui compte pour 20% de l’encépagement alsacien total;
le riesling qui fait également 20%;
le pinot gris représente 5%;
le muscat ne fait que 3%.
Le seul cépage noir autorisé est le pinot noir qui fait 6,5% de l’encépagement, utilisé pour faire du vin rouge qui est plutôt rosé, en général.
Les autres cépages sont : le sylvaner avec 18% du territoire, le pinot blanc et l’auxerois font ensemble 19%, le chasselas 2,5%. On trouve encore un peu de klevner de plus en plus délaissé. Le peu de chardonnay cultivé en Alsace ne peut être utilisé que pour le crémant d’Alsace, un agréable mousseux préparé selon la méthode traditionnelle.
En Alsace, on élabore certains vins de consommation courante en utilisant plusieurs cépages. On les appelle edelzwicker. Peu répandu (il n’y en a pas, à la SAQ), l’edelzwicker doit être bu jeune et servi bien frais. C’est un vin de soif qu’il n’est pas utile de laisser vieillir. l’Alsace est en train d’établir une tradition avec certaines variétés de vins : les sélections de grains nobles ou encore, les vendanges tardives.
Étant donné que ces vins demandent des traitements particuliers et qu’il y a de nombreux risques de ne pas les réuissir, on les vend à des prix assez élevés.
On reproche souvent aux vins d’Alsace d’être doux ou sucré. C’est mal les connaître et surtout les consommer avec des préjugés.
Les alsaces, en général, sont secs, en ce sens qu’ils n’offrent pas beaucoup plus de sucre résiduel que la plupart des autres vins. Sauf que leurs cépages, riesling, pinot gris, muscat et particulièrement le gewurztraminer (gewurz veut dire épice) sont naturellement très aromatiques de sorte que l’imagination populaire associe à des vins doux ou sucrés.
On aurait intérêt à apprivoiser les vins d’Alsace et à les servir plus souvent, notamment, en accompagnement de la cuisine du pays de même qu’avec certaine cuisines exotiques comme celle où entre du curry. Un bon gewurztraminer fera des merveilles avec un munster, cet excellent fromage des Vosges. De même, goûtez ceux-ci :
«Gentil » Hugel», 1996 367284 – 15,45$ ®
Gewurztraminer, 1997, Dopff & Irion, 024471 – 16,35$ ®
Pinot blanc, Diamant d »Alsace, 1997, Pierre Spaar, 134635 – 13,70$ ®
Réserve Willm, riesling, 1997, 011452 – 15,95$ ®
Les Pirnces abbés, 1995, dom. Schlumberger, 855791 – 14,05 (s) 500 ml
Tokay-Pinot Grsis, Wolfberger, 1998, cave Eguisheim, 972406 – 18,50$ (s)
Il y a, en plus, des alsaces «grands crus» qui doivent répondre à des critères plus stricts et qui, de ce fait, demandent des prix plus élevés que très souvent ils les méritent amplement.
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