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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 30 novembre, 1999
De Marseille à Lyon, sur les coteaux propices à la viticulture, les Phocéens ont planté
la vigne, principalement les cépages syrah et viognier. Les Grecs et les Romains ont suivi, ils ont donné un essor considérable à la région dont ils ont étendu les limites et amélioré le vignoble.
Le territoire de cette vaste terre à vignes est le prolongement naturel, la continuation géographique de la Bourgogne du sud, notamment du Mâconnais et du Beaujolais. Aussitôt passé Vienne et jusqu’aux approches de Tarascon, les vignes escortent le Rhône sur deux cents kilomètres, tantôt sur la rive droite et, à d’autres moments, sur la rive gauche, jusque dans le midi. Le vignoble couvre 30 000 hectares produisant, en année normale, plus d’un million d’hectolitres de vins blancs, rouges, rosés, mousseux, tranquilles, secs ou liquoreux.
Pour ce faire, les vignerons utilisent une vingtaine de cépages, parfois, en assemblage, d’autres fois, un seul cépage sert à faire les vins. Ainsi, dans les côtes du Rhône septentrionales, la syrah seule sert pour l’hermitage, et autres vins de même type, cependant que pour le châteauneuf-du-pape, dans les côtes du Rhône méridionales, la réglementation autorise jusqu’à treize cépages différents.
On a l’habitude de partager les vins des côtes du Rhône en trois groupes. Le premier concerne des vins dont le terroir s’amorce à 35 kilomètres au sud de Lyon, sur la rive droite du Rhône et s’agrippe à des pentes escarpées. On y rencontre le célèbre côte rôtie qui donne la côte blonde et la côte brune. En descendant, suit l’appellation condrieu dont le château grillet est le prototype.
Le deuxième groupe comprend une brochette de beaux vins : saint-joseph, en blanc et en rouge, puis on découvre les cornas, saint-péray qui donne plus de vins mousseux que de vins tranquilles, mais on n’a que ces derniers, au Québec. Ensuite viennent les hermitages et les crozes-hermitages. Il faut voir le vignoble de l’Hermitage qui domine la ville de Tain, avec, comme point de repaire, le véritable petit oratoire du mystérieux ermite.
Enfin, le dernier groupe se retrouve dans la partie méridionale des Côtes du Rhône. Ici, plus de vins mono-cépages puisque tous les produits de ce terroir sont issus d’assemblage de plusieurs variétés de raisins. Les principales appellations de ce groupe sont : lirac, tavel qui ne s’applique qu’à des rosés, rasteau, beaume-de-venise et gigondas. Enfin, plus au sud, on arrive dans les 3 000 hectares de l’appellation châteauneuf-du-pape. Les chateauneuf-du-pape ne se ressemblent pas tous, car, si quelques uns sont élaborés comme dit plus haut avec les 13 cépages autorisés, d’autres, comme celui de Chapoutier, ne contient que du grenache.
Font également partie des Côtes du Rhône, quelques appellations situées en dehors des zones des grands noms qu’on vient de mentionner. Ainsi, l’appellation des coteaux du Tricastin. s’étale sur une vingtaine de communes. De plus, 163 communes produisent 200 millions de bouteilles sous l’appellation côtes-du-rhône-villages. Un mot, enfin, d’un joli mousseux trop souvent ignoré qui, pourtant est fort agréable : la clairette de Die.
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