Mardi le 30 janvier, 2007 |
En furetant dans internet, je suis arrivé, ces jours derniers, sur le site de « Crus et Saveurs » que je connaissais déjà. Un article du président sortant de l’Association des sommeliers professionnels, Guénaël REVEL a attiré mon attention. Le titre, « Domaine François Lamarche » n’avait rien de tellement accrocheur, mais pour moi, de très nombreus souvenirs me sont revenus en mémoire. Le domaine en question est situé en Côte d’Or, en Bourgogne. Déjà ce fait m’interpelle, étant reconnu comme bourguignophile invétéré.
Mais de plus, le Domaine François Lamarche faisait partie de la panoplie des beaux vignobles que représentait Pierre Vilaire avec qui, il y a une vingtaine d’années, je suis venu tout près de m’associer dans une agence de vin au Québec.
Dans le cours des années ’80, j’ai rencontré Pierre Vilaire, (sténographe officiel à la cour), qui importait du vin choisi exclusivement par lui et offert en priorité aux personnels des cours de justice de Montréal. Français d’origine, Pierre Vilaire n’offrait que des vins français mais quels vins! Avec les frères Bertrand, dont l’un était avocat, il avait fondé l’agence Vilbert à laquelle je fus temporairement associé.
En 1985, l’agence Vilbert a publié une liste des vins offerts et leur prix. La plupart des produits étaient accompagnés d’une note d’appréciation de Pierre Vilaiire. Pour le domaine Lamarche, voici ce qu’il en disait : « Ce domaine, unique au monde (La Grande Rue jouxte le domaine de la Romanée Conti ) produit des vins assez célèbres qui se dispensent de commentaires ».
Si j’en juge par les propos de Guénaël Revel, dans Crus et Vignobles, les vins du domaine Lamarche sont toujours aussi bien faits et de très haute qualité. D’ailleurs, il faut noter que La Grande Rue, en particulier, a été promue « Grand Cru », par l’I.N.A.O », le 2 juillet 1992, (le plus haut échelon du classement bourguignon) alors qu’en 1985 elle était classée premier cru, « décision bien injuste, écrit Jacques Orhon, dans son nouveau Guide des vins français, qui a fait couler beaucoup d’encre. »
Il reste à découvrir ces vins superbes, dont Clos de Vougeot 2004, grand-cru – Vosne Romanée, 1er cru Les Chaumes. Comme l’écrit encore Jacques Orhon : « reste à l’amateur à avoir les moyens financiers pour ce procurer ce vin, La Grande Rue »…
Aujourd’hui, c’est Benoit Lecavalier, de l’agence Bénédictus qui représente le domaine François Lamarche. La SAQ offre un éventail intéressant des vins e la maison Lamarche mais… apprêtez-vous à payer le prix. On le dit et le répète : la qualité, la notoriété, la rareté se paient…
La Grande Rue 2003, grand cru 10326178 239,00$
La Grande Rue 2004 grand cru 10538015 184,00$
Clos Vougeot 2004 – grand cru 10525724 88,00$
Échézeaux 2004 grand cru 10516449 85,00$
Vosne Romanée, 1er cru les Malconsorts 2004 10516457 81,00$
Vosne Romanée 1er cru Les Chaumes, 2004 10516385 63,00$
J’ai cependant trouvé quelque chose de plus abordable. En allant sur le site de la SAQ, on trouve un Bourgogne hautes-côtes-de-nuits 10516361 23,30$
La note qui accompagne la fiche de la SAQ indique ceci : « Ce solide producteur (François Lamarche) livre un hautes-côtes-de-nuits à la robe rouge profond, doté d’une acidité rafraîchissante, de tannins charnys et révélant des saveurs de framboise, de muguet et de sous bois. À déguster d’ici quatre ou cinq ans, sur un bœuf braisé (!) J’avoue qu’avec un vin de ce calibre, j’irais plutôt sur un roastbeef ou une gigue de venaison., mais enfin…
Je vous laisse à rêver sur ces belles bouteilles. Voulez-vous avoir des cauchemars? En 1985, dans la liste des vins de Pierre Vilaie,
La Grande Rue 1980 était inscrite à 46,80$
La Grande Rue 1981 à 45,05$
Clos de Vou7geot 1980 à 38,20$
Vosne Romanée Malconsort à 31,15$
Tout cela est du passé. Aujourd’hui, je suis certain que les vins, à la propriété sont offerts au prix du marché et ne sont donc pas donné.
Une dernière note et qui a son influence sur le prix de certains vins :
La Grande Rue est un « monopole » C’est à dire que ce minuscule cru est la propriété unique du Domaine Lamarche. Il s’agit d’un domaine de 1,60 ha qui produit en moyenne 60 hl par année. (Rareté, vous dis-je). Le vin peut se conserver 15-20 ans, ce qui est assez rare en Bourgogne.
Belle découverte
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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