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Jean-Gilles JUTRAS
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IL Y A VINGT ANS...


Mardi le 03 janvier, 2006

En ces premiers jours de l’année 2006, il est de règle de vous présenter mes vœux les plus chaleureux. Que 2006 vous soit douce et généreuse, je vous souhaite santé, joie, paix, amour et succès; surtout, je vous souhaite de faire d’agréables découvertes vineuses!

Je vous ai déjà dit que j’avais été chroniqueur en vin au quotidien Le Soleil, de Québec, cela fait un peu plus de 20 ans, puisque mes premiers papiers datent de l’automne 1985. Je viens de retrouver la chronique parue le samedi 4 janvier 1986 (20 ans, presque jour pour jour) où je racontais une visite au domaine de l’Orpailleur à Dunham, dans les Cantons de l’Est.

Mon propos commençait, ainsi : « Nous voici encore au début d’une nouvelle année. Je n’ose vous dire combien j’en ai vu de ces janviers frileux et en même temps glorieux. Mais j’espère bien pouvoir en voir et en célébrer encore longtemps. Surtout, pour pouvoir parler de vins avec vous ».

Il faut croire que j’ai été exhaussé puisque j’ai 20 ans de plus que lorsque j’ai écrit ce qui précède. Cela me permet de parler du vin avec d’autres lecteurs dont vous êtes. Je me souhaite encore quelques beaux janviers… mais je n’irai sans doute pars jusqu’à vingt autres encore…

Je reproduis quelques autres extraits relatifs au domaine de l’Orpailleurs, tirés de l’article paru le 4 janvier 1986. « Une des plus intéressantes expériences que j’aie pu réaliser (ces derniers mois) est certainement une trop brève mais combien enrichissante visite au vignoble de l’Orpailleur, à Dunham. Si j’ai voulu aller sur place, c’était pour goûter un vin, issu de la vigne et produit ici, selon des méthodes universelles de vinification.

« Au départ, le vocable ORPAILLEUR m’avait intrigué, écrivé-je encore, et le dictionnaire m’a indiqué que orpailleur voulait dire, « chercheur d’or ». (Au domaine, on indique que ce serait Gilles Vigneault qui aurait proposé ce nom, par ailleurs fort joli). « Mais cela est sans doute une figure de style, avais-je continué, car les vignerons d’ici ne s’attendent certes pas à faire plus que de récupérer leurs déboursés. Si jamais ils réussissaient à faire plus, je serais le premier à me réjouir pour eux. »

« Quoiqu’il en soit, j’ai été agréablement surpris par l’installation et l’organisation qu’on a mis en place au domaine. On se croit dans une toute petite entreprise de vinification dans un vignoble bien établi depuis des générations. Or, ce j’ai vu n’a que deux ou trois ans (mon propos a été écrit en 1986)… et cela est bien prometteur.

Au domaine de l’Orpailleur, on cultive la vigne – il s’agit de cépages hybrides importés d’Europe et bien adaptés au climat et au sol de la région. Les procédés de culture, les méthodes de vendanges et la technique de vinification ont été contrôlés et ajustés aux circonstances particulières qui prévalent ici ».

L’article indiquait que les vendanges, cette année là, avaient eu lieu à la mi-septembre et le vin avait été jugé prêt à boire à la fin du mois de décembre. « Il s’agit presque d’un vin de primeur » ai-je écrit. Et je terminais en souhaitant bonne chance aux vignerons de l’Orpailleur.

Après vingt ans, on peut maintenant dire que tout a bien changé. Les vins produits à Dunham, même s’ils sont bien différents des vins d’autres sources, ont pris une place exceptionnelle, dans les stocks vinicoles internationaux.

J’avais promis de me réjouir du succès des vignerons du Québec, s’ils réussissaient à ‘sortir leur épingle du jeu’… c’est fait et de façon indiscutable. Grâce à certains produits exceptionnels, comme le vin de glace, les produits du Québec remportent des mentions très honorables, dans les concours internationaux. L’Orpailleur a été parmi les premiers à croire en un vignoble québécois, sachons reconnaître la clairvoyance des pionniers comme Chrales-Henri de Coussergues et ceux qui ont suivi ses traces.

Aujourd’hui, L’Orpailleur prote haut le flambeau des vignerons du Québec, suivi de vingt ou trente autres vignobles tout aussi prometteurs : Les Côtes d’Ardoise, le Cep d’argent, les Blancs Coteaux, le vignobles de Bacchus, et bien d’autres aux quatre coins du Québec.

En plus de la culture de la vigne, des producteurs artisans ont trouvé un autre secteur de réussite : le cidre et notamment le cidre de glace, réalisé sur le principe de l’élaboration du vin de glace, mais cette fois, avec le jus de pomme.

En ce début d’année, on pourrait souhaiter que les amateurs donnent une place privilégiée aux excellents produits de chez nous. Nos valeureux producteurs méritent notre encouragement. Même si la chose est intéressante, il n’est plus besoin d’aller aux lieux de productions pour acheter ces produits du terroir, puisque depuis quelques mois, la SAQ en offre dans bon nombre de ses magasins.

En terminant, chers amis internautes, fidèles à Planète Québec, je vous réitère mes vœux pour la meilleure des années. Comme on disait autrefois, Bonne et Heureuse année 2006 et le paradis à la fin de vos jours. – À ce propos, tout comme moi, vous n’êtes sans doute pas pressés…

Bonne semaine!

Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec


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