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Jean-Gilles JUTRAS À la découverte
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Mardi le 03 février, 2004
Ce sont les conquistadores espagnols qui introduisirent la vigne en Amérique latine puis les moines qui avaient besoin de vin pour les offices religieux, la cultivèrent sur une haute échelle. L’Histoire rap^porte que le gouverneur de la Nouvelle Espagne, le Mexique actuel, avait ordonné que chaque colon plantât 1000 ceps, tous les ans.
Après d’autres pays latino-américains, au milieu du 16e siècle, l’Argentine, à son tour se faufila dans les pays producteurs de vin. Et maintenant, l’Argentine y prend de plus en plus une place de premier plan. Elle est maintenant le premier pays producteur d’Amérique latine tout en étant au cinquième rang dans le monde entier, après l’Italie, la France, l’Espagne et les États-Unis. Qui dit mieux?
Il ne semble pas que ce soit fini! Selon Jacques Orhon, dans son livre sur les Vins du Monde, l’Argentine est « le pays producteur par excellence où on investit, aujourd’hui, presque les yeux fermés. » Même si le pays offre des contrastes climatiques importants, allant de températures tropicales au nord, à proximité de la Bolivie, aux environnements extrêmement froids de la Terre de Feu.
C’est pourquoi, on s’en doute bien, la vigne s’étale dans la province de Mendoza, située au Nord-Ouest, c’est-à-dire dans les zones les plus propices à sa culture où plusieurs vignerons et maisons d’Europe se sont installés pour bénéficier de tous les avantages qu’offre l’Argentine, avec plus de 200 000 ha de vignes, un climat plus que favorable, et autres conditions idéales. Quelqu’un a écrit justement : « Le vin d’Argentine a été façonné par cinq siècles d’influences européennes, mais il a su préserver jusqu’à aujourd’hui un style inimitable ».
Comme déjà dit, ce sont les conquistadors et les missionnaires qui ont été les premiers à apporter des ceps de vignes pour les naturaliser dans ce véritable eldorado viticole. « Puis, selon Jacques Orhon, l’arrivée des colons espagnols et italiens aura un effet déterminant sur la vocation vitivinicole de l’Argentine ».
Jacques Orhon raconte d’ailleurs qu’il a été éberlué en visitant un musée renfermant les premiers outils et équipements des débuts de la culture de la vigne et de la vinification. « Une peau de vache tannée et tendue servait de cuve et le matériel vinaire fait de cuir et de bois était des plus rudimentaires, écrit-il ». Toujours dans le guide des Vins du Monde, Jacques Orhon note que les femmes prennent de plus en plus de place dans le monde viticole argentin.
LES CÉPAGES
Si on trouve de nombreux cépages européens en Argentine, on y cultive aussi plusieurs variétés typiques au pays. À ce sujet, certains auteurs estiment qu’il y a certains abus quant à la désignation des cépages, Ainsi, des vins identifiés comme rieslings seraient issus du sylvaner alors que des cabernets-sauvignons cacheraient une autre identité plus ou moins noble. Toutefois, l’Argentine a vite constaté que pour s’intégrer aux grands pays producteurs du monde, il lui fallait changer de tir. Des législations plus strictes dans certaines provinces comme Mendoza ont établi des normes pour la désignation des cépages, les délimitations territoriales, la définition des appellations d’origine, ce qui a pour effet qu’on peut maintenant, faire plus confiance aux vins argentins.
Pourtant, Jacques Orhon rapporte : « …aucune loi nationale n’existe, à ce jour (2000) et, paradoxalement, on trouve encore sur le marché intérieur toutes sortes de dénominations et de marques aussi fantaisistes que champagne, chablis, borgoña margaux, etc…. « L’auteur estime qu’on ne tardera pas à corriger la situation.
J’attire votre attention sur le fait que Jacques Orhon parle de « marché intérieur » il faut comprendre par là qu’à l’exportation, on ne se permettrait sans doute pas autant de licence. D’ailleurs, je suis convaincu que la SAQ ne laisserait pas entrer dans ses succursales des produits qui ne soient pas rigoureusement conformes aux normes internationales, à tous les points de vue.
Pour revenir aux cépages, il y a donc quelques variétés de raisin qu’on devrait découvrir pour leur spécificité. Comme le TORRONTES blanc « cultivé dans la région de Cafayate, le vin qu’on en tire est léger, fruité offrant des arômes approchant le muscat. À faire découvrir à l’heure de l’apéritif, recommande J. Orhon ».
C’est selon tous les auteurs, dans la province de Mendoza qu’on trouve, pour l’heure les meilleurs vins. Mendoza compte, à elle seule pour les deux tiers de tout le vignoble argentin. La plupart des installations vinicoles seraient établies dans la ville même de Mendoza.
LES VINS
Dans la plupart des succursales de la SAQ on peut trouver les vins argentins. Je vous en proposerai quelques uns jeudi. Il y a près d’une vingtaine de vins rouges, la plupart comme produits réguliers. Il y a 7 ou 8 vins blancs. Presque tous les vins d’Argentine sont offerts à prix très doux. Peu atteignent 15$ ou plus. C’est donc un attrait de plus pour ces vins par ailleurs très agréables, charmeurs et plus que satisfaisants.
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
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